Partage et convivialité pour le 3e séminaire technique LCA-FFB organisé à Athènes Evénements du bâtiment | 03.12.18

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Du 22 au 25 novembre dernier, LCA-FFB a organisé son 3e séminaire technique à Athènes, l’occasion de revenir sur l’actualité du secteur de la construction et de la promotion immobilière et de remettre les Trophées du Challenge de l’Habitat Innovant. La rédaction de Batiweb a tenu à participer à cet événement riche en échanges. Ces quelques jours nous ont non seulement permis de découvrir des projets plus innovants les uns que les autres mais également de rêver à un monde plus durable.
Dans l’après-midi du 22 novembre, c’est avec une « vive émotion » que Patrick Vandromme, président de LCA-FFB et de Maisons France Confort, a donné le coup d’envoi de son dernier séminaire technique. Revenant sur l’historique de LCA-FFB, il a rappelé que l’union comptait désormais plus de 1 000 adhérents. « 3 ans pour mettre en place ce qui est devenu la première organisation syndicale du Logement en France ».

« Ce séminaire d’Athènes que nous allons vivre ensemble est vraiment le reflet de notre ADN, de notre savoir-faire, de notre organisation, de notre force ». « Dans chaque métier, nous mettons en avant notre vision de l’avenir du logement et de l’aménagement du territoire ». « Tout est réuni pour que nous passions ensemble autour de ce challenge 2019 de l’Habitat Innovant et de ce Séminaire Technique, des journées riches en enseignements, en nouveautés, en échanges, le tout dans un esprit de partage et de grande convivialité », a-t-il poursuivi.

Un secteur engagé

Patrick Vandromme a ensuite laissé la parole à Jacques Dufort, président de la Commission Produit, qui a également souligné le fait que le séminaire était un « réservoir d’idées et d’innovations ». Il s’est aussi félicité du succès grandissant de ce rendez-vous qui a attiré cette année 64 partenaires contre 60 en 2017. Concernant les Trophées de l’Habitat Innovant, le concours allait voir 19 projets se challenger. 

Après les mots de bienvenue, Stéphane Chenuet, chef du service urbanisme et immobilier à la direction des affaires juridiques et fiscales de la FFB, a fait le point sur l’actualité du secteur. Il a ainsi évoqué la loi Elan : « ce n’est pas le choc de l’offre ». Mais « il faut la prendre dans un contexte plus global avec la loi Essoc » qui devrait permettre la tant attendue simplification. Bien qu’elle ne soit « qu’une loi de retouche », elle devrait être « positive » pour le secteur. Elle manque cependant « d’envergure », a-t-il estimé. Parmi les mesures phares de la loi ? La simplification du droit de l’urbanisme, la lutte contre les recours abusifs, la réforme des normes PMR pour les bâtiments collectifs d’habitation ou encore la modernisation de la VEFA.

Anticiper la RE2020

Les travaux se sont poursuivis avec l’intervention de Dominique Duperret, secrétaire général LCA-FFB et Jean-Jacques Barreau, consultant technique LCA-FFB, venus présenter l’Observatoire LCA-FFB / EDF du marché de l’habitat. Ce qu’il faut retenir : sur les 74 868 maisons individuelles étudiées, 56% sont de plain-pied et font en moyenne 105 m2. S’agissant du mode constructif, on trouve majoritairement du parpaing (49%) et de la brique (36%). Les ¾ des maisons présentent une perméabilité à l’air de 0,6. Et 59% sont équipées d’une PAC (41% PAC Air/Eau et 18% PAC Air/Air).

Jean-Jacques Barreau s’est également référé à l’Atelier Constructeurs-Promoteurs. De nombreuses actions y sont menées notamment pour anticiper la RE2020. Concernant le label E+C-, il a indiqué que sur les 456 bâtiments expérimentés, 122 ne seraient pas conformes à la future réglementation environnementale et que 204 atteindraient le niveau E2C1.

Emmanuel de Bourmont, responsable Marché Habitat Neuf – EDF, a lui insisté sur l’importance d’inverser la tendance dans les deux ans à venir pour atteindre la neutralité carbone. Il faut agir non seulement « sur l’énergie mais également sur les systèmes constructifs ». Enfin, Alexandre Billet, directeur du Réseau au Crédit Foncier, a prévenu que les taux de crédit allaient remonter en 2019. La situation actuelle a entrainé un effet de stabilisation pour les ménages : « En 10 ans, un ménage a vu sa mensualité baisser de 23% ». Les revenus ont évolué plus vite que les taux. Résultat, les particuliers ont pu emprunter 30% de plus.

Cette première session de travaux s’est finalisée par un dîner dans le quartier de Plaka. Une soirée de divertissement et de détente avant le déroulé du Challenge de l’Habitat Innovant.

Un challenge riche en découvertes

La journée du vendredi 23 novembre était donc une journée de compétition. Durant la matinée de Challenge, nous avons pu découvrir une maison E3-C2 à moins de 100 000 euros (Maisons à vivre), la rénovation à Cahors d’un ancien presbytère du 19e siècle (maisons Had’Oc) ou encore une villa d’exception face au Mont Blanc (Maisons Alpes Savoie).

Vint ensuite la pause déjeuner, moment d’échanges avec les challengers. A ma table, étaient présents Xavier Diaz de Maisons Delmas, Nihad Ahrram et Stéphanie Chouquet d’Immalliance ainsi que Emmanuel Worms d’Innov’Habitat et Camille Leleu de Quartus. Si les premiers avaient déjà présenté leurs projets, Innov’Habitat et Quartus devaient défendre leurs couleurs dans l’après-midi.

La deuxième partie du Challenge de l’Habitat Innovant a dévoilé d'autres programmes : une résidence pour seniors (groupe Budet), un outil numérique pour une meilleure coordination sur les chantiers (groupe Delrieu) ou encore le désormais connu « Concept Yrys » de Maisons France Confort.

Une fois les présentations finalisées, Didier Ridoret, président de SMA-BTP, a decrypté l'assurance construction. Il a souligné que la sinistralité en matière de construction a quasiment doublé entre 2007 et 2016. « Mais dans cette triste actualité, il y a une lueur ». « Les constructeurs de maisons individuelles ont réussi à diminuer cette sinistralité ». Il a également rappelé que les CMistes sont mandatés par le maître d’ouvrage en matière d’assurance construction. Il convient ainsi d’être vigilant dans le choix de ses partenaires. Qualifiant la LPS de « travail détaché version assurance », il a préconisé de se méfier des offres trop alléchantes et de se fier au ratio de solvabilité des assureurs.

En fin de journée, toute l’équipe de journalistes a partagé un moment avec Patrick Vandromme et Jacques Chanut, président de la FFB. Au cœur des discussions, le prêt à taux zéro et le Pinel rénovation. Concernant le PTZ 2019, Jacques Chanut a déclaré « Il serait bien qu’on ait une visibilité avant l’échéance ». La réforme du dispositif, engagée en fin d’année 2017, a impacté le marché. Patrick Vandromme révèle que la prise de commandes a diminué de – 15%. « La loi Elan n’aura d’effet que dans 4/5 ans. D’ici là, que fait-on ? », s'est demandé Jacques Chanut.

Le Pinel rénovation « est plutôt une bonne idée en complément du PTZ en zone B2 et C », estime le président de la FFB. Il regrette cependant qu’il soit « pour le moment réduit aux seules zones Action Cœur de Ville ». Il propose le maintien du PTZ en zone B2 et C jusqu’en 2021 et attend du gouvernement qu’il fasse de la politique. « On dialogue avec des techniciens mais pas des politiciens. Le budget doit être adapté à une politique choisie ».

Le combat continue

Samedi 24 novembre, après une matinée de tourisme, les 420 participants se sont réunis dans la salle de conférence de l’Hôtel Intercontinental pour connaître les médaillés d’or du Challenge de l’habitat innovant. Avant l’annonce, Patrick Vandromme a remercié les participants, partenaires et adhérents. Il s’est aussi référé à la RE2020, une réglementation qu’il faudra « appliquer progressivement selon la typologie des bâtiments ». Les objectifs devront être « atteignables pour tous ».

Jacques Chanut est lui revenu sur le CITE qui « est au cœur de nos revendications ». Concernant le PTZ en zones B2 et C, il a souligné : « Nous avons l’intime conviction qu’on ne peut lutter contre les fractures territoriales si les ménages n’ont pas les mêmes droits que ceux en zones B1 ».

Après l'annonce des lauréats (que nous vous listons en page 2), nous nous sommes rendus au centre culturel Stavros Niarchos pour un dîner festif. Le lieu, imaginé par Renzo Piano, fait la fierté des grecs et se veut le symbole d'un renouveau...


Rose Colombel
Photos : R.C

Redacteur

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