Relance logement : un collectif dénonce un manque de mesures face aux canicules

Le collectif des associations pour le logement, c'est une quarantaine d'organisations ayant attaqué l'État en justice pour « non-assistance à personnes mal-logées » début 2025. Une procédure pour laquelle le collectif espère obtenir une décision d'ici fin 2026.
Après avoir longtemps réclamé une rencontre avec Vincent Jeanbrun, les associations se sont finalement entretenues ce jeudi 9 juillet avec le ministre de la Ville et du Logement. « Nous avons attendu neuf mois pour qu'il rencontre les acteurs qui mettent en place sa politique », s'étonne Nathalie Latour, co porte-parole du collectif.
« 2 000 morts en une semaine et il n'y a plus d'argent public ! »
Manuel Domergue, l'autre porte-parole du collectif, salue quelques dispositions retenues dans le texte de loi Relance logement adopté au Sénat le 8 juillet. En particulier la prise en compte du confort d'été dans les critères d'une « rénovation performante » ou la simplification de la pose de protections solaires. Pour ces dernières, l'avis des Architectes des bâtiments de France (ABF) ne sera plus que consultatif.
Mais M. Domergue regrette que « des mesures très simples » n'aient pas été prises. À l'origine d'une proposition de loi déposée à l'Assemblée nationale par le groupe écologiste mais jamais débattue dans l'hémicycle, la Fondation pour le logement (dont Manuel Domergue dirige les études), propose par exemple d'afficher systématiquement sur les annonces immobilières la note confort d'été du logement.
Et de déplorer de la même manière l'absence de contraintes vis-à-vis des bailleurs pour l'installation de protections solaires. « Là, du côté de Vincent Jeanbrun, ça a été le refus total. C'est très choquant qu'il n'y ait eu aucune avancée là-dessus », poursuit-il, rappelant que, selon Santé Publique France, la deuxième vague de chaleur a causé au moins 2 000 décès de plus que prévu avec une hausse de 91 % des morts survenues au domicile.
Point de tension aussi pour la question des monogestes. Ces dernières semaines, la fin des aides MaPrimeRénov' pour certains travaux, comme l'isolation des toitures ou le remplacement de fenêtres a irrité les syndicats des entreprises du bâtiment.
Même son de cloche du côté du Collectif et de Manuel Domergue, qui ne décolère pas. « Il y a un risque vital quand les logements ne sont pas équipés de volets, de brasseurs d'air ou d'isolation des toitures, mais le ministre a balayé ça d'un revers de main en disant qu'il n'y avait plus d'argent public. Voilà : donc 2 000 morts en une semaine et il n'y a plus d'argent public ! »
Des associations elles-mêmes en difficulté économique
David Hedrich, chargé de projets national hébergement logement au Secours catholique, qui fait aussi partie du collectif, alerte quant à lui sur la présence d'une mesure donnant le droit aux maires de refuser une attribution de logement social si la personne concernée a fait l'objet d'une condamnation pour trouble à l'ordre public. Ce droit de veto risquerait selon lui de verser dans « un système discriminatoire » doublé d'un « système clientéliste », les maires ayant aussi la possibilité de proposer ou de classer des candidats aux logements sociaux.
En plus de ces critiques formulées sur le fond de la proposition de loi, qui devra être débattue à l'Assemblée nationale à la rentrée, Nathalie Latour estime que « c'est la première fois que des associations sont obligées de fermer des dispositifs ». La directrice générale de la Fédération des acteurs de la solidarité alerte que si les moyens alloués aux associations continuent de baisser, les places d'hébergement d'urgence pourraient baisser.
Aujourd'hui à 203 000 places, l'hébergement d'urgence serait rapidement amputé d'une dizaine de milliers de places, comme Nathalie Latour l'a fait valoir auprès du ministre. Le constat d'un manque cruel de moyens et de grandes difficultés économiques a été souligné par plusieurs représentants d'associations membres du collectif, comme Guillaume Latil, la Fondation de l'Armée du salut. « Le récit selon lequel les associations seront toujours là ne tient plus. Plusieurs PSE (plan de sauvegarde de l'emploi, NDLR) ont été mis en place et ce n'est que le début », prévient-il.
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