Rénovation de bâtiments résidentiels : Terra Nova demande de cibler les aides

Suite et fin du dossier de Terra Nova sur la refondation de la politique de logement. Le « think tank progressiste », comme il se présente lui-même, a publié dix chapitres depuis la fin janvier, remettant en cause des principes qu'il accuse d'être restés les mêmes depuis les années 1970. Par exemple dans le cas de la densification des villes, sujet sur lequel nous avions interrogé l'architecte Éric Cassar, qui a participé à la rédaction du dossier.
Pour ce dernier volet, c'est sur la politique de transition énergétique dans les bâtiments résidentiels que s'est penché Bernard Coloos et le groupement logement de Terra Nova. L'organisation fustige d'abord un éloignement conséquent entre les réalisations actuelles et les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Entre 2030 et 2050, la stratégie nationale bas carbone (SNBC) prévoit par exemple 700 000 rénovations complètes par an.
Des rénovations globales en berne dans les immeubles en copropriété
Le chapitre, publié le 2 avril, pointe des problèmes de financement pour les ménages en ce qui concerne les rénovations globales, dont l'efficacité est « admise de tous ou presque », selon les auteurs de l'étude. Ces mêmes rénovations globales qui sont en difficulté dans les immeubles en copropriété, qui représentent plus de 10 millions de logements.
Le think tank demande de poursuivre les recherches pour développer un diagnostic de performance énergétique (DPE) fiable. Terra Nova exige aussi la mise en place d'un « plan national de recherche et des financements spécifiques pour des projets développant des méthodologies et des solutions industrielles innovantes et durables destinées aux marchés de la rénovation énergétique ». Enfin, il plaide pour un ciblage des aides à la rénovation en fonction de la performance thermique des logements, avec une priorité donnée pour les classes E, F et G et aux ménages modestes.
Les propositions de Terra Nova pour la rénovation
Une fois ces trois prérequis respectés, Terra Nova propose deux options de réforme :
- Prioriser l'énergie décarbonée en promouvant la sobriété énergétique et en visant la suppression des utilisations d'énergie fossile. Dans ce chapitre, il est par exemple avancé que la production de chauffage électrique est déjà décarbonée à 95 %. Pour ce faire, les auteurs du dossier demandent d'accélérer la production d'énergies décarbonées, de taxer « progressivement mais lourdement » le chauffage aux énergies fossiles ou encore d'aider les installations de pompes à chaleur remplaçant des chauffages aux énergies fossiles.
- La mise en œuvre des recommandations de la Cour des comptes sur les CEE. En septembre 2024, elle avait émis sept recommandations pour la transformation des CEE en fonds budgétaires ou le ciblage du dispositif sur un seul public. Terra Nova demande également une stabilisation de MaPrimeRénov', la transposition rapide de la deuxième version de l’Emission Trading Scheme européen (ETS2) en France et, de manière plus générale, une simplification des procédures d'octroi des aides à la rénovation.
Ne manquez plus l’actualité du bâtiment ! Inscrivez-vous à la newsletter pour recevoir directement dans votre boîte mail les dernières actus du BTP Je m’abonne gratuitement → |














