100% d’énergies renouvelables en 2050, c’est possible ? Vie des sociétés | 13.12.18

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100% d’énergies renouvelables en 2050, c’est possible ?
En 2017, l’association négaWatt dévoilait ses nouveaux travaux aboutissant à un mix énergétique sans nucléaire ni énergie fossile. Une théorie aujourd’hui soutenue par l’université de LUT et Energy Watch Group. Un système composé à 100% d’énergies renouvelables serait en effet possible à horizon 2050 et consisterait en une combinaison de sources énergétiques.
Une nouvelle étude réalisée par l’université LUT et Energy Watch Group est venue confirmer la théorie selon laquelle un mix énergétique 100% renouvelable était possible d’ici la moitié du siècle.

Le scénario envisagé par 14 scientifiques « démontre que la transition composée à 100% d’énergies renouvelables rivaliserait avec l’actuel système conventionnel d’énergies fossiles et d’énergie nucléaire sur le plan économique et permettrait d’atteindre zéro émission de gaz à effet de serre avant 2050 ».

L’étude a simulé une transition énergétique totale en Europe dans les secteurs de l’électricité, du chauffage, des transports et du dessalement. « Ce rapport confirme qu’une transition composée à 100% d’énergies renouvelables à travers tous les secteurs est possible et pas plus coûteuse que le système énergétique actuel », a déclaré Hans-Josef Fell, ancien parlementaire allemand et président d’Energy Watch Group, lors d’une conférence de presse de la COP24.

Les experts estiment que les coûts totaux moyens actualisés de l'énergie produite pour un système énergétique entièrement durable en Europe demeurent stables, allant de 50 à 60 €/MWh durant la transition.

« Cela prouve que l’Europe peut passer à un système énergétique à zéro émission. Par conséquent, les dirigeants européens peuvent et doivent faire beaucoup plus pour la protection du climat que ce qui est actuellement proposé », a poursuivi M. Fell. 

Augmenter la production d’électricité

L’étude, qui a été publiée après environ quatre ans et demi de collecte de données et de modélisation technique et financière, indique que la transition nécessitera une électrification de masse à travers tous les secteurs énergétiques. « La production d’électricité total dépassera quatre à cinq fois celle de 2015, avec l’électricité représentant plus de 85% de la demande en énergie primaire en 2050. Parallèlement, la consommation d’énergies fossiles et nucléaires sera entièrement éliminée dans tous les secteurs ».

Comment se répartirait les sources énergétiques ? L’étude imagine un système composé de : photovoltaïque solaire (62%), éolien (32%), énergie hydroélectrique (4%), bioénergie (2%) et énergie géothermique (<1%).

« Les énergies éolienne et solaire représenteront 94 % de l’approvisionnement en électricité total d’ici 2050, et environ 85 % de l’approvisionnement en énergies renouvelables proviendront d’une production locale et régionale décentralisée », précise l’étude.

Les émissions de gaz à effet de serre annuelles de l’Europe diminueraient progressivement dans tous les secteurs durant la transition, d’environ 4 200 Mt équivalent CO2 en 2015 à zéro d’ici 2050.

Tendre vers un mix 100% renouvelable, c’est également contribuer à la croissance de l’emploi. Un système pleinement vert permettrait en effet d’employer « 3 à 3,5 millions de personnes. Les quelques 800 000 emplois dans l’industrie houillère européenne de 2015 seront ramenés à zéro d’ici 2050 et seront surcompensés par plus de 1,5 millions de nouveaux emplois dans le secteur des énergies renouvelables », estime l’étude.

« Les résultats de l’étude indiquent que les objectifs actuels exposés dans l’accord de Paris peuvent et doivent être accélérés », a indiqué Christian Breyer, professeur en économie solaire à l’université finlandaise LUT. « La transition vers une énergie renouvelable 100 % propre est, à l’heure actuelle, très réaliste, avec les technologies qui sont disponibles aujourd’hui », ajoute-t-il.

Parmi les recommandations de l’étude : promouvoir à l’échelle mondiale l’adoption rapide d’énergies renouvelables et de technologies à émissions nulles. Les principales mesures promues dans le rapport incluent le soutien du couplage sectoriel, des investissements privés, des avantages fiscaux et des privilèges juridiques, avec une suppression graduelle simultanée des subventions en faveur du charbon et des combustibles fossiles.

R.C
Photo de une : ©Fotolia
Redacteur

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