7 ans de prison requis contre les racketteurs des chantiers de BTP à Marseille Vie des sociétés | 31.03.17

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Après 4 jours de procès et presque 2 ans d’affaire, le verdict a été rendu. Jusqu’à 7 ans de prison ont été requis pour les prévenus du procès de racket qui « gangrenait » le milieu du BTP de Marseille. Les prévenus exigeaient des embauches, sous peine d’empêcher le fonctionnement des travaux. Des pratiques qui coûtent autour de 50 millions d’euros par an au département.
L’affaire avait fait grand bruit. Le 26 janvier 2015, de nombreux engins de chantier avaient été incendiés, dont un modèle de foreuse unique en Europe de la société Bouygues Travaux Publics. Le sinistre, qui avait causé 2 millions d’euros de préjudice, fut ensuite dénoncé par un ingénieur du groupe, qui avait porté plainte.

Le spectaculaire incendie avait délié les langues et mis à jour les pratiques d’extorsions auxquelles les chefs de chantier se soumettaient en silence, craignant des représailles parfois violentes. Ils étaient forcés d’accorder des contrats de gardiennages ou des emplois à leurs racketteurs.

En 2015, dans les quartiers nord de Marseille, « les conditions de travail deviennent tellement difficiles que les entreprises ne veulent plus venir » a rappelé Sophie Mercier, la procureure en charge de l’affaire qui qualifiait les actes de véritable « gangrène ».

De 1 à 7 ans de prison pour les prévenus

A l'issue du procès de ce vendredi 31 mars, la magistrate a requis 7 ans de prison ferme dont 2 avec sursis, assortis d’amendes allant jusqu’à 100 000 euros contre trois accusés. Un quatrième est menacé de 5 ans de prison ferme assortis de 30 000 euros d’amende.

La procureure s’est également félicitée de la fin de ces actes dans la ville phocéenne depuis l’arrestation des prévenus. « Plus de destruction d’engins spectaculaires sur les chantiers, plus de plaintes d’extorsion », ajoutant que depuis, « seuls des problèmes marginaux se sont posés » aux entreprises de BTP marseillaises.

Par ailleurs, un an de prison (ferme ou avec sursis) a été requis contre 5 autres prévenus, qui appartenaient à une entreprise de sécurité. Cette dernière contactait les responsables des chantiers sabotés et obtenait, sous la menace, le droit d’assurer la « sécurité des lieux ».

Une pratique interdite qui a révélé au grand jour les dérives du milieu des entreprises de sécurité : exercice du métier sans autorisation, fraude fiscale et abus de bien sociaux.

F.T (Avec AFP)
Photo de une : ©Fotolia



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