Racket sur le chantier de la L2 à Marseille : Karim Ziani remis en liberté Vie des sociétés | 18.04.16

Partager sur :
Après six mois de détention provisoire, Karim Ziani a été remis en liberté vendredi, selon une source judiciaire. Le président du club de football de la cité marseillaise La Busserine avait été mis en examen pour extorsion en bande organisée, sur le chantier de la L2 à Marseille. Trois engins de chantier, dont une foreuse de la société Bouygues Travaux Publics, avaient été incendiés.
Dans les Bouches-du-Rhône, le racket sur les chantiers coûterait autour de 50 millions d'euros par an selon la Fédération départementale du BTP.

L'une des affaires emblématiques de cette forme de criminalité a éclaté il y a un peu plus d'un an, le 26 janvier 2015. Trois engins de chantier, dont une foreuse sophistiquée de la société Bouygues Travaux Publics, étaient incendiés sur le chantier de la L2, le futur contournement autoroutier de Marseille, à proximité de la cité Picon-Busserine dans les quartiers nord de la ville.

Le préjudice de cette destruction était évalué à deux millions d'euros. Trois jours plus tard, le responsable du chantier recevait le devis de la société Télésurveillance Gardiennage Intervention (TGI) pour assurer la sécurité du chantier.

Médiateur dans la cité Picon-Busserine, Karim Ziani avait fourni une liste de onze noms de jeunes à embaucher sur le chantier de la L2, « pour être tranquille », informant le responsable que « la pression montait dans la cité ».

Il aurait ajouté : « Sinon ce sera ingérable, cela peut provoquer des incendies d'engins et des atteintes à l'intégrité physique du personnel et des proches ».

Selon le responsable du chantier, M. Ziani lui aurait confirmé que TGI était bien à l'origine de l'incendie des engins, ajoutant que s'il était fait appel aux services de TGI, il n'y aurait plus de difficulté.

Trois gérants toujours écroués

Mis en examen pour une extorsion en bande organisée, Karim Ziani a été remis en liberté après six mois de détention provisoire, sur ordre de la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

Il a été placé sous contrôle judiciaire avec obligation de résider et travailler à Grenoble. Trois gérants de droit ou de fait de la société TGI restent écroués dans le cadre de cette enquête.

En 2015, cinq enquêtes concernant des rackets sur les chantiers ont été ouvertes par le parquet de Marseille qui pilote un Groupe local de traitement de la délinquance (GLTD) spécifiquement dédié à cette forme de criminalité. Cette instance regroupe les bailleurs HLM, les donneurs d'ordre et la fédération du BTP.

La direction départementale de la Sécurité Publique a, de son côté, affecté une dizaine de policiers à un service d'enquête spécifique, le groupe Voie publique « Chantiers ».

En décembre 2015, le tribunal correctionnel de Marseille avait infligé des condamnations de 18 à 30 mois de prison à trois hommes qui avaient extorqué leur embauche sur le chantier de réhabilitation d'une cité.

C.T (avec AFP)
© Fotolia

Redacteur

filter_list Sur le même sujet

7 ans de prison requis contre les racketteurs des chantiers de BTP à Marseille - Batiweb

7 ans de prison requis contre les racketteurs des chantiers de BTP à Marseille

Après 4 jours de procès et presque 2 ans d’affaire, le verdict a été rendu. Jusqu’à 7 ans de prison ont été requis pour les prévenus du procès de racket qui « gangrenait » le milieu du BTP de Marseille. Les prévenus exigeaient des embauches, sous peine d’empêcher le fonctionnement des travaux. Des pratiques qui coûtent autour de 50 millions d’euros par an au département.
Top départ pour le chantier du centre commercial du Prado à Marseille - Batiweb

Top départ pour le chantier du centre commercial du Prado à Marseille

Bouygues Construction a annoncé ce mardi le lancement des travaux du futur centre commercial du Prado, à Marseille. D'une surface de 23 000 m² et d'un montant supérieur à 90 millions d'euros, le projet réalisé pour le compte de la société foncière Klépierre fait partie du programme d’accompagnement immobilier du Stade Vélodrome de de la cité phocéenne. Le chantier est prévu pour durer 35 mois.

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de nous permettre d'améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus

Accepter