Bâtiment performant synonyme de confort pour les occupants ?

Vie des sociétés | 03.03.16
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La performance des bâtiments est devenue un véritable enjeu en matière de politique énergétique nationale. Dès 2020, une nouvelle réglementation thermique devrait entrer en vigueur et imposer aux constructions neuves d’être passives ou à énergie positive. Dans ce contexte, l’association « Energies et Avenir » a décidé de mener une étude afin de déterminer comment concilier bâtiment performant et confort des occupants.
Depuis 1974, les règlementations thermiques se succèdent et ont permis de diviser considérablement la consommation énergétique des constructions neuves.

D’ici 2020, une nouvelle réglementation thermique devrait généraliser les bâtiments à énergie positive. Et si la performance énergétique du bâti reste la thématique centrale de la future RT, d’autres critères sont étudiés tels que le bilan carbone du bâtiment, tant au moment de la construction que lors de l’exploitation, ainsi que le confort des occupants (confort d’été, qualité de l’air intérieur, isolation acoustique, etc.).

Le confort thermique des occupants, c’est justement le thème d’une étude réalisée par le Comité Scientifique et technique des industries climatiques (COSTIC) pour l’association Energies et Avenir.

Anticiper la RT 2020

Lors d’un débat organisé jeudi 3 mars, Energies et Avenir a présenté les résultats de son étude « Bâtiments performants : confort ou inconfort pour les occupants ? ».

Pour mener à bien cette enquête, l’association a fait le choix de réaliser des simulations thermiques dynamiques en conditions réelles. Celles-ci se sont appuyées sur des bâtiments (maisons individuelles et logements collectifs) respectant la RT 2012 et ayant fait l’objet d’un suivi instrumenté. Trois zones d’études ont été retenues à savoir Carpentras (zone H2d), La Rochelle (zone H2b) et Trappes (zone H1a).

L’inertie, les apports externes et internes, l’orientation, le rafraîchissement par ventilation et le climat de divers logements collectifs et maisons individuelles... ont été étudiés.

« La présente étude vise à apporter une analyse permettant d’estimer le niveau d’exigence maximal pouvant être fixé dans la future RT 2020 au niveau des besoins bioclimatiques du bâtiment, tout en garantissant un niveau de confort acceptable pour les occupants tant au niveau du confort thermique que de la qualité d’air intérieur du bâtiment », a indiqué Hervé Thelinge, Président d’Energies et Avenir.

Des paramètres clés pour plus de confort estival

« La notion de confort est assez complexe et subjective mais selon l’orientation du bâtiment, l’inconfort dans le séjour peut atteindre les mille heures par an », a précisé Mohamed Abdelmoumene, porte-parole d’Energies et Avenir.

L’étude prône une orientation de telle sorte que les apports solaires ne soient ni trop importants en été, ni trop faibles en hiver. L’orientation sud est la plus favorable tandis qu’à l’ouest, « en été, la faible hauteur du soleil et l’apparition d’apports solaires en fin de journée contribuent fortement à la dégradation des conditions de confort ».

En terme de gestion des apports solaires, un niveau d’occultation aura pour conséquence un niveau d’inconfort élevé. En l’absence de protections solaires automatisées, l’étude met en exergue l’importance de fermer les protections solaires la journée en cas d’inoccupation des locaux.

L’inertie doit être choisie selon la zone climatique considérée. En effet, « on constate que le choix d’une inertie plus importante permet une forte atténuation des températures intérieures » précise l’étude.

Des comportements humains qui ont leur influence

La RT 2012 exige la maîtrise de la consommation énergétique de 5 usages à savoir : refroidissement, chauffage, production d’eau chaude sanitaire (ECS), éclairage et enfin les auxiliaires (ventilateurs et pompes).

Une gestion « de base » des apports internes conduirait à 400 heures d’inconfort par an, contre moins de 200 si les occupants respectaient les exigences de la RT 2012.

La RT 2020 devrait ajouter à ces exigences des usages spécifiques tels que la réduction de l’utilisation des plaques de cuisson et du four en cas de fortes chaleurs ou encore la suppression des veilles de différents appareils.

Insuffisante prise en compte du confort dans la réglementation thermique actuelle

Les spécialistes présents lors du débat se sont accordés à dire que la RT 2012 n’était plus tellement adaptée aux enjeux d’aujourd’hui.

« La réglementation doit évoluer » a avancé M. Abdelmoumene. « A l’heure actuelle, la TIC (température intérieure conventionnelle) est le critère de confort thermique règlementaire mais le calcul se déroule uniquement sur 7 jours. Il faut développer une méthode plus adaptée », qui rende compte des situations d'inconfort des bâtiments.  

En ce qui concerne la qualité de l’air intérieur Andrée Buchmann, présidente de l’observatoire de la qualité de l’air intérieur, a estimé qu’il fallait repenser la manière de construire : « les enjeux sanitaires de l’air représente en France près de 19 milliards d’euros ».

La nouvelle réglementation va dans le bon sens, a-t-elle ajouté mais « Il faut informer davantage les occupants au sujet de leur lieu de vie et éviter les aménagements trop émissifs ».

L’humidité de certains bâtiments a été pointée du doigt. « Nous construisons de plus en plus vite et par conséquent le béton n’a pas toujours le temps de sécher et il y a prolifération de moisissures », a déclaré Mme Buchmann.

Jean-Christophe Visier, Directeur énergie/environnement du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et membre du groupe de Réflexion Bâtiments Responsables du Plan Bâtiment Durable (PBD) s’est lui référé à la robustesse et à l’adaptabilité des bâtiments : « L’enjeu de la future réglementation sera d’adapter le bâti à l’humain et à la diversité de comportements ».

Rose Colombel
© Fotolia
Redacteur
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