Construction : des chiffres toujours fragiles au deuxième trimestre Vie des sociétés | 27.07.18

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Selon l’indicateur du climat des affaires publié par l’Insee en juillet, les industriels du BTP sont de moins en moins confiants. Il faut dire que le secteur de la construction a été particulièrement mis à mal depuis le début de l’année, et le deuxième trimestre ne fait pas exception. Si les mises en chantier de locaux non résidentiels ont progressé durant cette période, la quasi-totalité des autres indicateurs sont en baisse par rapport au début de l’année. Tous les chiffres.
Mis à mal depuis le début de l’année, le secteur de la construction a, sans surprise, connu une nouvelle baisse d’activité au deuxième trimestre 2018. C’est en tout cas ce que reflètent les derniers chiffres communiqués ce 27 juillet par le ministère de la Cohésion des territoires.

Le résidentiel ne remonte pas la pente

Les logements, tout particulièrement, voient la quasi-totalité de leurs indicateurs chuter par rapport au premier trimestre, des autorisations à la construction (-0,6% après +1,1%) aux mises en chantier (-2,8% après -3,6%). Heureusement, la tendance reste dynamique en cumul sur douze mois.

À fin juin 2018, 486 600 biens ont été autorisés à la construction, soit -0,7% en comparaison à un an plus tôt (soit -1,9% pour l’individuel et +0,1% pour le collectif). Dans le même temps, 422 700 unités ont été mises en chantier (+5,2%), avec une croissance généralisée des différents types de logements : +3,7% pour l’individuel pur, +1,5% pour le groupé, +1,2% dans le collectif ordinaire. Seuls les biens en résidence font grise mine (-7,8%).

Du côté des taux d’annulation de logements, ils étaient toujours inférieurs à la moyenne de longue période pour l’individuel en juin dernier, culminant à 11,3% (contre 12,2% de 2009 à 2018). A contrario, ils sont au-dessus de la moyenne de longue période dans le collectif (26,2% contre 18,9%). Le délai moyen d’ouverture des chantiers, quant à lui, est de 5,1 mois pour les biens individuels et de 11,2 mois dans le collectif.

Relâchement de l'activité pour le non résidentiel

Le bilan est tout aussi mitigé sur le segment des locaux non résidentiels. Au cours du deuxième trimestre, 6,3 millions de m2 ont été mis en chantier, soit une hausse de 2,0% en comparaison à la même période l’année dernière. L’hébergement hôtelier (+28,6%) a été particulièrement dynamique, de même que les bureaux (+27,7%) et l’industrie (+18,8%). Les entrepôts (-25,9%) et les exploitations agricoles et forestières (-7,1%), à l’inverse, sont les seuls secteurs en baisse.

En parallèle, 8,8 millions de m2 de locaux non résidentiels ont fait l’objet d’une autorisation à la construction, en baisse, cette fois, par rapport au deuxième trimestre 2017 (-7,5%). Les entrepôts (+15,4%) et l’artisanat (+12,4%) ne parviennent malheureusement pas à compenser les mauvais résultats des locaux commerciaux (-26,1%), l’hébergement hôtelier (-25,8%) et les bureaux (-19,5%).

Sur douze mois à fin juin 2018, 41,0 millions de m2 ont finalement été autorisés à la construction (+7,0%), profitant notamment du développement des bureaux (+20,9%) et de l’industrie (+14,1%). En un an, 26,9 millions de m2 ont été mis en chantier (+9,8%) grâce à la hausse généralisée de l’ensemble des secteurs à l’exception des exploitations agricoles et forestières (-2,1%).

Malgré ce bilan trimestriel en demi-teinte, l’Insee note que « l’indicateur du climat des affaires de la dernière enquête mensuelle du bâtiment menée (…) en juillet reste solide », comme le relatait l’Unicem dans sa dernière Lettre de conjoncture. « Bien qu’un peu moins confiants que ces derniers mois, les industriels jugent leurs carnets de commandes comme étant bien garnis et tous les soldes d’opinion demeurent à haut niveau. »

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

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