Immobilier : d’énormes besoins en recrutement Vie des sociétés | 22.02.19

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Alors qu’une étude Adecco Analytics datant de janvier dernier dénombrait à 157 524 le nombre d’offres d’emploi à pourvoir dans l’immobilier sur le dernier trimestre 2018, Antoine Mesnard, fondateur de Recrutimmo, confirme les besoins énormes en recrutement pour le secteur et rappelle que le nombre d’offres d’emploi reste toujours bien supérieur au nombre de candidats.

Quel est le rôle de Recrutimmo ?

Antoine Mesnard : Nous avons lancé Recrutimmo en septembre 2016, pour répondre à un besoin simple : recruter dans l’immobilier est devenu extrêmement complexe, avec une difficulté à toucher tous les candidats du secteur alors que les besoins sont particulièrement élevés. On a donc créé la plateforme avec dans un premier temps une orientation vers la commercialisation et la gestion de l’immobilier. Depuis près d’un an, Recrutimmo s’est ouvert à tous les secteurs : promotion, construction, expertise etc. Le principe, c’est de mettre les employeurs en situation de recrutement permanent. On a un système d’abonnement pour les entreprises selon leur taille. Elles sont engagées pour 12 mois minimum en échange de services illimités comme les passages d’annonces, la récupération de CV, la diffusion d’évènements et de communications.

 

Quels sont les besoins actuels en recrutement dans l’immobilier ? Quels sont les profils les plus recherchés par les employeurs ?


A.M. : La tension est de plus en plus forte sur le marché, quelque soit le secteur, mais elle est plus marquée sur la commercialisation. Il y a aussi beaucoup de besoins pour la partie management, que ce soit dans le property management ou le facility management. En promotion immobilière, c’est le métier de développeur foncier qui recrute, dans un contexte où tout le monde cherche à acheter du terrain. Concernant la construction immobilière, il y a des besoins en ingénierie, et notamment en compétences liées au BIM. C’est une tendance qui va se développer de plus en plus. Il va falloir que les personnes qui travaillent dans ce milieu s’adaptent. Ce sera le rôle des entreprises de former leurs collaborateurs.

 

 

Quelles sont les entreprises qui recrutent le plus ?

A.M. : Actuellement, toutes les entreprises recrutent. D’une manière générale, le marché de l’immobilier est tellement dynamique en ce moment que tout le monde est en phase de recrutement absolu. Que ce soit des institutionnels, comme BNP ou Nexity, ou des agences immobilière locales. Aujourd’hui plus vous avez de ressources, plus vous êtes en mesure de prendre des marchés.

 

A quoi est due cette « tension » sur le marché du recrutement dans l’immobilier ? Quels sont les postes les plus recherchés par les candidats ?


A.M. : La tension se fait parce que l’offre d’emploi est bien supérieure à la demande aujourd’hui. Il n’y a clairement pas assez de candidats par rapport au nombre de postes à pourvoir. Il y a un vrai manque de ressources dans tous les domaines. Mais au niveau proportion, il y a une bonne adéquation entre les besoins et le profil des candidats, entre ce que les candidats cherchent et la réalité du marché. Globalement, il n’y a pas de déséquilibre particulier du point de vue des postes.

 

Comment expliquer cette pénurie de candidats dans l’immobilier ?

A.M. : Par une croissance particulièrement forte des entreprises du secteur immobilier, quelle soit leur spécialité. Cet accroissement de l’activité et celui du nombre d’intervenants sur les marchés entraînent des besoins en personnel grandissants. En outre, les changements de réglementation dans le secteur immobilier (loi ALUR et loi ELAN) renforcent certaines obligations des professionnels, qui doivent recruter pour s’adapter.

 

 

Comment attirer de nouveaux talents vers le secteur de l’immobilier ?

A.M. : Tout d’abord, il faut changer la réputation de l’immobilier qui apparaît assez conservatrice et peu moderne. Ensuite, dans certains métiers comme la transaction immobilière, il faudrait également modifier la réglementation pour offrir des rémunérations plus classiques et non pas uniquement sur les commissions. Le paiement à l’acte d’un agent immobilier ne permet pas d’assurer des salaires fixes car cela reste trop lourd par rapport à l’aléa de la vente. En permettant une rémunération en fonction du conseil fourni (à l’heure, à la visite, à l’estimation, au temps passé etc.), cela permettrait de solidifier le chiffre d’affaires de ces structures, qui pourraient alors proposer des salaires fixes plus des commissions.

 

Y a-t-il des régions plus dynamiques que d’autres ?

A.M. : Il y a notamment l’Île-de-France, avec une proportion de 40 à 50%. Mais ce qui est très marquant, c’est que les autres régions recrutent également beaucoup et dans tous les secteurs. Il y a des marchés immobiliers qui sont en train d’exploser comme à Nantes, mais aussi à Bordeaux et dans le Sud-Est.

 

Y-a-il de nouveaux métiers qui émergent ?

A.M. : On peut évoquer le property management, une fonction qui émerge et qui vient se distinguer de la gestion immobilière, mais aussi le facility management. Cela fait une dizaine d’année que cela existe mais c’est en train d’exploser, notamment avec le coworking, puisque ce sont des facility managers qui gèrent ces espaces. Parmi les autres métiers qui se développent, il y aussi la fonction de gestionnaire de biens immobiliers, qui s’étoffe et devient de plus en plus complexe, et celle de gestionnaire des investissements financiers, qui s’occupe des placements dans l’immobilier.

Propos recueillis par Claire Lemonnier

Photo de Une : ©Adobe Stock

 

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