L’Artisan et le Digital, autour de l’entreprise Morales, plâtrier-plaquiste Vie des sociétés | 12.03.19

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L’Artisan et le Digital, autour de l’entreprise Morales, plâtrier-plaquiste
David Morales, artisans plaquiste, répond aux questions de Régis Bourdot sur BATIradio. Son entreprise artisanale a dix salariés, y compris ses deux dirigeants, David Morales et son fils qui gèrent la société familiale. Nous avons interrogé David sur l’usage des outils numériques et digitaux tout au long de sa carrière. Ou comment le digital est un vrai outil de productivité pour une entreprise artisanale ...

David Morales est l’exemple type de ces dizaines de milliers d’artisans du bâtiment qui ont lancé seuls leur entreprise. Nous lui avons demandé quelle place ont pris dans le développement de son activité l’ordinateur, puis les outils digitaux aujourd’hui. En voici les principaux extraits.

 

DM : 

Quand j’ai commencé mon entreprise en 1982, j’étais seul et je faisais tout, tout seul. J’avais un carnet, je notais, je prenais les plans et quand je rentrais à la maison, vers 20h, je prenais ma machine à écrire et je faisais mon devis avec deux feuilles blanches et un papier claque intercalé. J’étais souvent obligé de m’y reprendre à plusieurs fois car les fautes de frappe étaient nombreuses.

Pour la comptabilité, j’avais un grand cahier, avec des colonnes et des lignes, une petite calculette et ça pouvait durer jusqu’à deux ou trois heures du matin, et parfois recommencer jusqu’à ce que tout tombe juste.

 

DM :

Et puis un jour les ordinateurs sont arrivés. Et la première chose que j’ai fait avec, c’est la comptabilité justement. Les additions, les multiplications, les ventilations se faisaient automatiquement. Extraordinaire, plus besoin de travailler jusqu’au milieu de la nuit !

Comme l’arrivée du logiciel de devis. Au lieu de tout décrire manuellement, de faire les calculs à la main, le logiciel de devis m’a simplifié la vie. Juste des ouvrages et des articles à sélectionner, y ajouter le métré et on avait un devis propre et sans erreur. La machine ne se trompe pas dans les calculs, les taux horaires sont rentrés une fois pour toutes, et plus que tout, l’outil nous évite ce que j’appelle les fautes de gestion, par exemple baisser le nombre d’heures réellement nécessaires à la tête du client ou par crainte de la concurrence.

Aujourd’hui, si les outils ont amélioré leur ergonomie, ils font exactement la même chose qu’à cette époque lointaine !

 

RB :

Et sur les chantiers ?

DM :

Dans une entreprise, il y a trois choses qui sont importantes. La gestion, la communication et bien sûr, ce qu’on fait sur les chantiers.

Par exemple, quand j’ai démarré, on avait un niveau à bulle, on ne pouvait pas prendre les niveaux tout seul, on mettait de l’eau partout ... et puis un jour le laser est arrivé. J’ai des confrères, qui ont acheté très cher les tout premiers lasers et qui se faisaient payer rien que pour faire les mesures. Et puis ça s’est progressivement démocratisé. Et aujourd’hui il n’y a pas un de mes salariés qui n’a pas son niveau laser ou son pointeur dans sa caisse à outils. À tel point que j’ai vu récemment un apprenti qui ne savait pas se servir d’un fil à plomb ou d’un niveau et qui trouvait que c’étaient des outils de papy !

Des outils numériques comme ceux-ci nous font gagner beaucoup de temps sur les chantiers.

 

RB :

En ce qui concerne la gestion ?

DM :

Justement il y a aussi d’autres outils qui nous aident à analyser ce qu’on a fait sur le chantier. Car une fois que les métrés et le devis sont faits et que le chantier se réalise, il faut analyser l’écart entre les chiffres et la réalité. Il suffit de saisir le temps réellement passé, les matériaux consommés et on y voit plus clair. Ce sont des choses super utiles car on sait grâce à ça si on a été bon ou pas, si on a gagné de l’argent ou pas.

(...)

 

RB : 

On évoquait aussi la communication ...

DM :

Au début, ça se résumait à un tampon pour les en-têtes et à mon nom sur le côté du camion ... Aujourd’hui j’ai un site internet sur lequel on y met des vidéos, des photos. Et les photos par exemple, se sont mes salariés qui peuvent les prendre car tout le monde dans l’entreprise, est équipé d’un smartphone. Et ces photos servent aussi de communication entre eux et moi, par exemple s’ils ont une question à me poser sur un chantier. Et l’abonnement est pris en charge par l’entreprise, grâce à une prime dédiée.

(...)

 

DM.

En conclusion, une entreprise repose sur trois piliers. La production sur le chantier est le fondement du métier, et ce que tout bon artisan maîtrise. Mais une bonne communication interne, externe, avec les clients est indispensable aussi et sans elle une bonne entreprise peut se casser la figure. Et puis enfin la gestion, qui est aussi un des pieds de la réussite. C’est ce que j’essaie d’apprendre aux apprentis qui passent dans l’entreprise. Et pour cela, ils doivent s’habituer à utiliser tous les outils digitaux et de communication numérique, car ils sont la chance qu’ils soient mis facilement à la disposition aujourd’hui. Et je le répète, c’est d’autant plus indispensable quand on démarre car on très souvent seul ou presque.

Et comme il ne faut pas reste seul trop longtemps, le dernier conseil que je donnerai, c’est de  se tourner vers un syndicat professionnel comme la CAPEB, où on rencontre d’autres chefs d’entreprises, où on a des supports indispensables et même aujourd’hui de nouveaux services numériques.

 

RB :

Merci David Morales, vous êtes un bon exemple de chef d’entreprise heureux, et cela doit donner envie à d’autres de se lancer, avec l’aide des outils numériques que vous avez cités, et d’autres sur lesquels nous reviendrons.

 

Propos recueillis par Régis Bourdot

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.BATIradio.com

Ecouter le podcast

 

 

Logo entreprise David Morales

Merci à David Morales, dont l'entreprise SAS MORALES, Plâtrier Plaquiste Travaux d'aménagement intérieur, est située dans la région de Saint-Gaudens en Haute Garonne.

 

 

Redacteur

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