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L’inquiétude des ingénieristes fragilisés par la crise sanitaire

La fédération Syntec-Ingénierie révèle, près d’un mois après le re-confinement, les enseignements de la dernière édition de son baromètre économique. D’après elle, 65% des entreprises de la profession souffrent d’une nouvelle baisse dans leurs prises de commande, bien que l’activité se poursuive dans la plupart des secteurs économiques.
Publié le 01 décembre 2020

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Le baromètre Syntec-Ingénierie a été réalisé auprès des adhérents du syndicat entre le 3 et le 9 novembre 2020. « Les répondants sont des entreprises de toutes tailles, qui interviennent dans l’industrie et la construction ainsi que dans tous les secteurs d’activité d’ingénierie », indique la Fédération dont la mission est de promouvoir, de représenter et de défendre les métiers de l'ingénierie. 

 

Une réorganisation qui se heurte au ralentissement de l’activité 

Afin de lutter contre la propagation du COVID-19, le secteur de l'ingénierie s’est lui massivement et rapidement réorganisé autour du télétravail depuis le 28 octobre. Pourtant, Syntec-Ingénierie révèle que 2 entreprises sur 3 ne parviennent toujours pas à occuper leurs équipes à 100%. Avec 58% de leurs collaborateurs en distanciel et 13% en mission chez leurs clients, la fédération note que les ingénieristes n’accueillent qu’un peu moins d’1/4 de leurs ingénieurs et techniciens nécessitant d’avoir accès à des outils et équipements spécifiques. 

« Le confinement que nous connaissons aujourd’hui a peu à voir avec celui de mars dernier. Si des nouvelles mesures d’assouplissement ont été annoncées par le président de la République, force est de constater que l’activité économique se poursuit en demi-teinte et que la relance se fait toujours attendre », déclare Pierre Verzat, président de Syntec-Ingénierie. 

Malgré leur réorganisation, 65% des sociétés d’ingénierie souffrent d’une baisse continue des prises de commandes contre 58% le mois dernier. Syntec-Ingénierie indique que le pôle le plus touché est celui de l’industrie, avec 73% des répondants concernés, contre 57% pour le pôle construction. 62% estiment même que leur activité au premier trimestre 2021 sera en baisse, par rapport à l’an dernier. Pierre Verzat explique que « les incertitudes quant à l’avenir restent fortes et les projets tardent à être lancés par les donneurs d’ordres publics et privés. C’est vrai dans le secteur industriel où, malgré le plan de relance, nos entreprises sont touchées de plein fouet par les crises automobile et aéronautique ».

Depuis le début de cette situation compliquée, l'optimisme des ingénieristes est mis à rude épreuve. En effet, 75% des répondants pensent que le redémarrage de l’activité sera lent sur un an au moins. « C’est presque 10 points de plus qu’au mois dernier », précise Syntec-Ingénierie. 

 

Des difficultés qui s’accumulent 

Avant l’annonce du reconfinement par Emmanuel Macron fin octobre, 1 entreprise sur 2 déclarait pouvoir occuper ses équipes pleinement pour le mois de novembre. Le baromètre réalisé montre que le secteur de l’ingénierie industrielle est une fois de plus, le plus touché. Seulement 38% des sondés déclarent avoir des effectifs qui travaillent à 100% et seules 20% des entreprises « fonctionnent à leur régime nominal. » 

Alors que 40% de la profession est confrontée à un allongement des délais de paiement, contre ⅓ en octobre, au moins 35% des sondés déclarent anticiper des difficultés de trésorerie d'ici 12 mois. 13% d’entre eux affirment également avoir des retards qui s’échelonnent jusqu’à plus de 60 jours, dans le pire des cas.

Dans ces conditions, Syntec-Ingénierie appelle « à un rééquilibrage des relations contractuelles, soulignant qu’en France, 25 % des défaillances de PME et TPE sont dues à des retards de paiement, selon le Cabinet de recouvrement ARC ».

 

Marie Gérald

Photo de Une : AdobeStock

Par Redacteur

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