La Smart Buildings Alliance vers la création d'un label réservé aux bâtiments intelligents Vie des sociétés | 06.12.16

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Alors que les problématiques environnementales, énergétiques, technologiques et urbaines connaissent une importance grandissante dans le secteur du BTP, de nombreux professionnels se sont réunis afin de former l'association Smart Buildings Alliance (SBA). Président-fondateur de cette dernière, Emmanuel François nous détaille les actions menées par l'organisme pour favoriser le bon développement de la filière Smart Buildings. Entretien.

En quoi consiste l'association Smart Buildings Alliance ?

Emmanuel François : Cette association, qui va avoir 5 ans, a pour but d'accompagner tous les acteurs du bâtiment et de la ville intelligente dans la mutation numérique et de leur apporter une méthodologie et des cadres de référence pour appréhender cette transition. L'objectif de la SBA est d'avoir une approche « coût global », et donc de s'appuyer sur des standards ouverts et interopérables pour permettre la mutualisation des équipements et des infrastructures mis en place. Il s'agit dès lors d'avoir une approche transverse.

Comment parvenez-vous à fédérer autant d'entreprise autour de cette idée ?

E. F : L'association s'appuie avant tout sur la conviction de ses membres. Le numérique crée des liens entre les différents acteurs. Il n'est donc pas possible qu'une entreprise propose une offre ou une solution globale. Finalement, c'est en se rapprochant d'autres acteurs, avec lesquels on n'avait pas forcément vocation à travailler, qu'il est possible de retrouver de nouveaux modèles économiques. C'est là l'objectif de la SBA : réunir, au sein de groupes de travail, tous ces acteurs pour les aider à se repositionner et faire évoluer leurs métiers. Nous venons de franchir le cap des 150 membres, dont 60 membres supplémentaires en 2016, aussi bien des PME que des grands groupes. Le référentiel que nous avons développé contribue d'ailleurs à amener de nouvelles entreprises qui veulent comprendre de quoi il s'agit.

Qu'est-ce que ce référentiel ?

E. F : Nous avons finalisé le référentiel ready2services en 2016. Aujourd'hui, il s'applique essentiellement au bâtiment, qui est pensé en 3 couches. Tout d'abord, la couche « équipements », qui regroupe les capteurs, les actionneurs et les différents matériels. Ensuite, la couche « infrastructure », qui permet à ces équipements d'être pilotés à distance et d'interagir avec d'autres équipements d'un écosystème différent. Au-delà de cela se trouve la couche applicative, qui prend la forme d'une partie « logiciels » grâce à laquelle il est possible de piloter ces équipements et les interconnecter. Ces trois couches doivent être distinctes et dissociables : pour être considérée comme ready2services, une solution doit être interopérable et interchangeable avec d'autres services et équipements.

Comment comptez-vous mettre en place ce référentiel ?

E. F : Nous allons nous appuyer sur des organismes qui ont déjà une bonne connaissance du domaine. Des opérations sont actuellement en cours avec HQE, bien qu'il ne s'agisse pour l'instant que de discussions. Nous avons également une approche avec Certivéa pour aboutir à la création d'un label propre au bâtiment connecté. En parallèle, le référentiel a déjà été intégré dans certaines réalisations. La première a été menée par Bouygues Immobilier, dans le cadre de ses logements connectés Flexom. Engie, avec son offre Vertuoz, qui déploie des solutions d'efficacité énergétique, s'appuie également sur ce référentiel.

Quels sont vos objectifs pour 2017 ?

E . F : Notre objectif principal concerne le déploiement au niveau national du référentiel. Nous souhaitons également le présenter à l'international, car il répond à des problématiques qui ne concernent pas que la France. Nous avons déjà des relations avec la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. Nous voulons également étendre ready2services, en tant que référentiel pour le bâtiment, aux territoires, qui rencontrent la même problématique. Nous commençons déjà à rencontrer les collectivités, qui nous parlent de villes intelligentes. Nous travaillons en parallèle sur un référentiel ready2grid, c'est-à-dire « comment un bâtiment vient s'intégrer dans un quartier et dans une ville intelligente ? ». Il permet de définir les pré-requis pour qu'un bâtiment, qui s'interconnecte avec un réseau, puisse être piloté à distance.

Propos recueillis par Fabien Carré
Redacteur

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