Le secteur de la construction peine à recruter certains profils spécialisés Vie des sociétés | 17.04.15

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Les perspectives d'embauche sont en berne dans la construction, révèle la dernière enquête « Besoin en main d'oeuvre » réalisée par Pôle Emploi et le Crédoc. Mais paradoxalement, certains métiers de la construction, plus spécialisés, ne trouvent pas de candidats. Zoom sur les intentions de recrutement des employeurs pour l'année à venir, dans le secteur de la construction.

L'activité de la construction peine à redémarrer en ce début d'année 2015, impactant sans surprise les perspectives de recrutements des employeurs. « La part d’établissements envisageant de recruter diminue en 2015 (14,6% contre 15,9% en 2014), retombant quasiment au niveau atteint en 2013 (14,2%) », révèle la dernière enquête de Pôle Emploi.

Les prévisions d’embauche baissent nettement dans le secteur de la construction, affichant, avec 75 100 projets, le niveau le plus bas depuis 6 ans. C’est le secteur qui affiche le retournement le plus élevé (-16,6%), après une progression de 11,5 % l’an passé.

« Cette baisse est principalement imputable aux projets non saisonniers (85% du total des projets en 2015, en baisse de 17,9%). Les employeurs de la construction annoncent également des difficultés de recrutement, en baisse (45,4% contre 49,2% en 2014), atteignant leur plus bas niveau depuis 2010 », explique l'étude.

Au total, sur l'ensemble des secteurs 35,1 % des projets de recrutement sont envisagés en CDI et 22,7 % en contrats d’une durée supérieure ou égale à 6 mois. Le CDI est plus souvent mobilisé dans le cadre d’une nouvelle activité et pour répondre à des remplacements suite à des départs définitifs de salariés.

Le secteur de la construction fait d'ailleurs partie des secteurs qui ont la plus forte propension à recruter en vue d’une nouvelle activité (19,1 % des projets de recrutement). Par rapport à 2014, ces résultats sont cependant en baisse de 5 points.

Recherche couvreurs-zingueurs

Paradoxalement, certains métiers de la construction peinent à trouver des candidats. C'est le cas du métier de couvreur-zingueur pour lequel le pourcentage de projets de recrutement jugés difficiles est le plus élevé (71 %) en dépit d’une baisse par rapport à 2014.

Sur une plus longue période d’observation (2010-2014) la part des projets difficiles décroît légèrement, soit une diminution de 1,5 point pour 2015 par rapport à 2010-2014. D’autres métiers appartenant au secteur de la construction à l’image des chefs de chantier et conducteurs de travaux sont considérés comme problématiques par les employeurs (soit 58% des projets de recrutement). Certains métiers de l’industrie (chaudronniers, soudeurs,…) sont également perçus comme difficiles en termes de recrutement.

En légère augmentation par rapport à 2014, les difficultés liées aux candidatures sont les plus souvent évoquées. 81,7 % des établissements envisageant des difficultés à l’embauche considèrent l’inadéquation du profil des candidats comme une difficulté à leurs prochains recrutements Parmi les 15 métiers rassemblant le plus grand nombre de difficultés, les difficultés liées à l’inadéquation des profils des candidats concernent davantage les chefs de chantier et les conducteurs de travaux.

Dans 73,2 % des cas, les recruteurs anticipent une pénurie de candidat, soit une augmentation de +2,1 points par rapport à l’année précédente. Ce type de difficultés touche plus fortement les métiers de couvreurs qualifiés, de techniciens en mécanique et ouvriers qualifiés de la maintenance.

Des conditions de travail difficiles

51,6% des établissements envisageant des difficultés jugent les conditions de travail proposées (distance, horaires, pénibilité, salaire) comme un frein à l’embauche pour leurs projets de recrutement. Les difficultés liées aux conditions de travail sont en nette augmentation avec une hausse de +19,2 points de pourcentage entre 2014 et 2015.

L’évolution sur les cinq dernières années montre que la formation reste la première solution aux difficultés d’embauche rencontrées. Le recours à l’intérim a augmenté de manière continue sur les cinq dernières années. Il concerne davantage les recruteurs des secteurs de l’industrie et de la construction.

* Enquête BMO 2015 a été réalisée entre octobre et décembre 2014 dans les 22 régions métropolitaines et 5 départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte). Sur les 2 203 078 établissements entrant dans le champ de l’enquête, près de 1 586 000 ont ainsi été interrogés, par voie postale, web ou téléphonique.  

C.T
© fotolia

Redacteur

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