Incinérateur à Vitry-sur-Seine : inquiétudes autour du futur chantier
Publié le 23 janvier 2026, mis à jour le 23 janvier 2026 à 16h50, par Nils Buchsbaum

Voté par le Conseil de Paris, le projet de construction d’un nouvel incinérateur, prévu à Vitry-sur-Seine, suscite une vive inquiétude dans le Val-de-Marne. Le département, tout comme l’opposition de cette commune populaire limitrophe de la capitale, redoutent les conséquences de cette installation.
« Je suis extrêmement inquiet de ce projet pour la qualité de vie » des habitants de Vitry, Alfortville « et plus largement des Val-de-Marnais », a écrit le président du département, Olivier Capitanio, dans un courrier adressé à la maire de Paris, Anne Hidalgo, et consulté par l’AFP.
Selon le département, le projet a été entériné à l’occasion du renouvellement du marché du chauffage urbain, lors du Conseil de Paris du 17 décembre. De son côté, la mairie de Paris a indiqué auprès de l’AFP que « la période de l'appel d'offres qui vient de se clôturer a suspendu temporairement [le] dialogue pour des raisons de confidentialité, mais celui-ci pourra reprendre très rapidement ».
La municipalité parisienne a par ailleurs assuré que « l’offre lauréate à l'appel à concession du réseau de chaleur permet un verdissement XXL du réseau qui doit atteindre 76 % d'énergie renouvelable ». « Il repose notamment sur la création de nouvelles installations de production d'énergies renouvelables locales (...) ou encore d'unités de valorisation comme à Vitry-sur-Seine », affirme-t-elle.
Vers une concertation locale ?
Le maire communiste de Vitry-sur-Seine, Pierre Bell-Lloch, a pour sa part déclaré dans un communiqué que, « dans son dialogue avec les entreprises concernées », la municipalité « n’a cessé de réaffirmer son intention de soumettre tout projet à la concertation de ses habitants ».
« Même si les pouvoirs des collectivités restent limités, nous avons exigé et obtenu en préalable à toute discussion avec la population que tous les projets garantissent la santé des habitants, utilisent la voie fluviale pour son transport, s'accompagnent de l'installation de nombreux emplois, et représentent un intérêt financier pour les Vitriot.e.s. », a ajouté l’élu.
Le projet pourrait également peser sur la campagne des prochaines élections municipales. « J’ai éprouvé une très grande colère en découvrant le projet », affirme Hocine Tmimi, candidat soutenu notamment par La France insoumise et par le prédécesseur de Pierre Bell-Lloch. « On est quand même frontalier avec la ville d'Ivry qui a elle-même un incinérateur », souligne-t-il auprès de l’AFP. « Je pensais que les territoires servants », c'est-à-dire exploités au bénéfice d'un autre territoire, « c’était du passé, que les villes populaires n'étaient plus dans ce rôle-là ».
Michel Leprêtre (PCF), président du Grand Orly Seine Bièvre, territoire de 24 communes, observe que « l’annonce par la presse de cette implantation suscite beaucoup de colère dans la population » et demande « qu'une concertation soit mise en place ».
Par Nils Buchsbaum (avec AFP)














