Quelles prévisions pour le marché immobilier en 2019 ? Vie des sociétés | 30.11.18

Partager sur :
Les résultats du marché immobilier de l’année 2018 devraient être tout aussi bons que ceux de 2017. Cafpi a en effet estimé à 980000 le nombre de transactions en 2018. Malgré une hausse des prix, les taux de crédit bas, qui se stabilisent depuis trois ans, attirent toujours autant les primo-accédants. Mais ces conjonctures favorables se maintiendront-elles en 2019 ?
L’année 2018 devrait être aussi bonne pour le marché immobilier que l’année record de 2017, mais peut-être plus pour très longtemps... En effet, Cafpi a évoqué ses doutes concernant l’avenir du marché immobilier dans un communiqué de presse publié ce jeudi 29 novembre, annonçant une année 2019 « incertaine ».

Cafpi, révèle que la part des primo-accédants dans sa clientèle a plus que doublé entre 2015 et 2018, passant de 26% à 63%. Selon la société de courtage en prêt immobilier, cela s’explique notamment par le désir des Français de devenir propriétaires. Désir rendu possible grâce à des taux de crédit qui se maintiennent historiquement bas depuis 2016. Ces primo-accédants ont tiré les volumes de crédits immobiliers vers le haut : « La courbe des volumes de crédits et celle de la part des primo-accédants dans la clientèle se suivent parfaitement », indique Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de Cafpi.

Malgré des prix en hausse, le pouvoir d’achat immobilier des emprunteurs est resté stable ces dernières années : « Le maintien du pouvoir d’achat immobilier est principalement dû aux taux bas et à l’allongement des durées de prêts. Si les taux repartent à la hausse, les possibilités d’achat des emprunteurs se retrouveront inévitablement réduites », explique Philippe Taboret.

Un avenir moins favorable pour le marché immobilier ?

D’après Cafpi, les emprunteurs ont profité de l’action de deux banques centrales américaine et européenne pour relancer l’activité économique, mais cette politique devrait prendre fin. En effet, la Fed, aux Etats-Unis, « remonte ses taux directeurs », et la BCE va mettre fin à sa politique de « Quantitative Easing (destinée à racheter la dette des Etats de la zone euro) au 1er semestre 2019 et pourrait même rehausser ses taux directeurs au 2e semestre 2019 », ce qui pourrait aboutir à « une hausse de 0,5% » des taux des crédits immobiliers.

Face aux risques de hausse des taux, de prix élevés et de baisse du moral des Français, les prévisions de 2019 s’annoncent moins optimistes. Selon une étude Ifop pour Cafpi, 30% des Français envisagent de devenir propriétaires de leur résidence principale au cours de 5 prochaines années (contre 34% en mars 2018).

Même si 41% estiment avoir les moyens financiers pour le faire, ce peu d’entrain s’explique par leur appréciation de la politique du gouvernement, qu’ils jugent, pour 74% d’entre eux, défavorable à l’accession à la propriété. Parmi les principaux freins : le prix (pour 56% des sondés), la difficulté à se financer (33%) et le manque de confiance en l’avenir (28%).

Selon Marc Touai, économiste et Président Fondateur du cabinet Aux Commandes de l’Economie et de la Finance (ACDEFI), la croissance mondiale est repartie à la baisse et la pression fiscale ne fait qu’augmenter. Pour Philippe Taboret « Les Français ressentent ces mouvements, qui les incitent à la prudence. Alors que l’immobilier reste un placement rentable, indispensable pour les primo-accédants, un désengagement est à craindre ».

Dans ce contexte, l’année 2019 reste incertaine. Si l’envie de devenir propriétaire est très forte, les risques de remontée des taux et de perte de confiance des Français pourraient affecter les primo-accédants : « En fonction des hypothèses de recul de la part des primo-accédants, on peut s’attendre en 2019 à une baisse de 5 à 30 milliards d’euros du volume de crédits délivré par rapport à 2018 », conclut le Directeur Général adjoint de Cafpi.

C.L.
Photo de Une : ©Fotolia
Redacteur

filter_list Sur le même sujet

Stabilisation des ventes de logements anciens en 2018

Stabilisation des ventes de logements anciens en 2018

En cette période de fin d’année, le Conseil supérieur du notariat a lui aussi dressé le bilan de 2018 pour le marché de l’immobilier ancien. Les hausses des taux d’intérêt des prêts et des prix des biens n’auront visiblement pas été sans conséquences. En effet, avec 956 000 ventes estimées sur les douze derniers mois à fin septembre 2018, le volume annuel ne progresse que de +0,8%. Bien que ces indicateurs ne soient pas définitifs, il semble peu probable que le million de transactions soit dépassé.
Taux d’intérêts au plus bas, l’immobilier ancien décolle !

Taux d’intérêts au plus bas, l’immobilier ancien décolle !

Cela n’était pas arrivé depuis février 2012. Après une période particulièrement incertaine durant laquelle le volume des ventes d’immobilier ancien n’a cessé de faire le yo-yo, l’organisme Notaires de France estime à 839 000 le nombre de transactions réalisées en un an, soit une hausse de 15%. Un bilan positif qui doit beaucoup aux taux d’intérêt historiquement bas enregistrés par le secteur. Le point sur la conjoncture immobilière actuelle.
Crédits immobiliers : quel est le profil des emprunteurs ?

Crédits immobiliers : quel est le profil des emprunteurs ?

Spécialiste des prêts immobiliers, Cafpi est revenu le 10 décembre sur le profil des emprunteurs en novembre 2018. Ainsi, si les primo-accédants boudaient le marché en début d’année, ils représentent aujourd’hui 61% de la clientèle de la société commerciale. Les accédants empruntent cependant des sommes plus importantes, le montant moyen atteignant les 239 161 €. Précisions.

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de nous permettre d'améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus

Accepter