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Eiffage : « L’aménagement répond aux besoins des territoires »

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Publié le 11 mars 2026 à 9h30, mis à jour le 11 mars 2026 à 17h11, par Nils Buchsbaum


Malgré un marché immobilier sous tension, Eiffage Aménagement a maintenu son activité en 2026. Son directeur général Nicolas Gravit détaille le modèle et la stratégie de la filiale.
© Adobe Stock
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L’activité d’Eiffage Aménagement se maintient malgré un contexte immobilier incertain. Grâce à un modèle intégré au sein du groupe Eiffage et à des projets inscrits dans le temps long, la filiale poursuit le développement de quartiers urbains, notamment en Île-de-France et dans plusieurs métropoles régionales. Recyclage urbain, reconversion de friches industrielles, nouveaux quartiers mixtes ou développement de pôles économiques, Nicolas Gravit, directeur générale de la filiale revient sur la les activités de la filiale, les relations avec les collectivités et les perspectives à l’approche des prochaines échéances municipales.

 

Quel bilan dressez-vous de l'activité d'Eiffage Aménagement en 2025 ? 

 

L’activité de notre filiale s’inscrit dans la continuité des activités immobilières du groupe. Notre modèle spécifique nous a permis de maintenir notre dynamisme et d’enregistrer une bonne commercialisation de droits à construire, notamment en Île-de-France, où l’appétence pour le développement immobilier reste forte. Notamment à L’Haÿ-les-Roses et à Châtenay-Malabry où nous aménageons un écoquartier comprenant 2 200 logements, 36 500 m² de bureaux, 15 000 m² de commerces, un collège de 700 élèves, un groupe scolaire de 19 classes et une crèche. Il couvre 3 % de la surface de la commune et est piloté par une société d’économie mixte à opération unique (Semop) réunissant Eiffage Aménagement à hauteur de 50 %, la ville de Châtenay-Malabry (34 %) et la Caisse des dépôts (16 %).

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le modèle d'aménagement spécifique d'Eiffage ? 

 

Notre modèle est effectivement particulier car il repose sur une intégration forte au sein du groupe Eiffage. En tant qu'aménageur, notre rôle est de développer, monter et réaliser des opérations complexes sur le long terme. Une de nos priorités est de « nourrir » les autres métiers du groupe. Par exemple, les droits à construire que nous générons sur nos opérations d'aménagement sont, dans un premier temps, fléchés vers Eiffage Immobilier pour leurs programmes de promotion. 

Mais ce n'est pas exclusif ; cela ne nous empêche pas de collaborer avec d'autres opérateurs. L'objectif global est de créer de la valeur au sein du groupe, en faisant bénéficier chaque filiale de nos opérations d'aménagement.

Notre cœur de cible reste les cœurs urbains, le recyclage urbain et la reconversion de friches industrielles.  Nous avons notamment deux projets importants en région, à Rennes et à Nantes, qui portent sur la reconversion de friches industrielles. Ces projets sont particulièrement intéressants car ils se concentreront sur des activités économiques et tertiaires, ainsi que sur l'implantation de centres de formation ou d'écoles, sans inclure de volet logement. L'objectif est de créer des pôles d'activités dynamiques.

Nous nous intéressons également aux nouvelles zones de développement en entrée de ville et aux projets mixtes, combinant rénovation et construction, en étroite collaboration avec les collectivités locales pour répondre à leurs enjeux urbains et démographiques.

 

Quels sont les types de projets d'aménagement que vous envisagez dans ces zones périphériques, et en quoi diffèrent-ils des opérations en centre-ville ?

 

Les entrées de ville et les zones périphériques représentent aujourd'hui un véritable enjeu urbain pour l'ensemble des collectivités locales. Elles demandent une approche qui correspond à notre savoir-faire en aménagement.

Contrairement aux centres urbains qui sont souvent axés sur la densification et la mixité fonctionnelle au sein d'un tissu dense, les projets en périphérie peuvent parfois se concentrer davantage sur le développement d'activités économiques ou tertiaires, ou des ensembles résidentiels qui répondent à des besoins spécifiques du territoire, tout en étant attentifs à l'intégration paysagère et aux services de proximité. 

 

Comment se déroulent les échanges avec les collectivités locales et quelles sont les attentes principales des municipalités lorsqu'elles travaillent avec un aménageur comme Eiffage ?

 

Le travail avec les collectivités locales est au cœur de notre métier. Nous collaborons étroitement avec elles pour répondre à leurs enjeux urbains, démographiques et d’équilibre territorial, qu’il s’agisse de logements, d’équipements publics, d’espaces publics ou d’espaces verts. Les municipalités cherchent à maîtriser leur développement, qu’il soit économique, géographique ou urbain, et l’aménagement est un levier essentiel pour structurer cette évolution.

Nos interventions concernent très souvent les cœurs urbains, notamment dans les métropoles, pour « refaire la ville sur la ville ». Cela passe par la reconversion de friches industrielles, le recyclage urbain ou encore des projets mêlant rénovation, réhabilitation et construction neuve. 

Les projets d’aménagement s’inscrivent dans des temporalités longues, souvent de 7, 10 ou 15 ans, parfois davantage. Les collectivités attendent donc de nous une vision à long terme et une capacité à orchestrer des projets complexes, en intégrant l’ensemble des paramètres : équilibre de population, besoins en logements, équipements publics, espaces publics et développement économique. Notre rôle est de coordonner ces éléments pour créer des quartiers qui resteront pertinents et de qualité dans 10, 20 ou 50 ans.

Nous accompagnons également les collectivités dans les démarches de concertation et de dialogue afin de construire des projets acceptés par les habitants et adaptés aux réalités du territoire.

 

Comment les échéances électorales à venir, impactent-elles votre activité d'aménagement ? Avez-vous observé un ralentissement ?

 

On observe habituellement un ralentissement des projets environ neuf mois à un an avant les municipales. Cette fois-ci, nous ne l’avons pas vraiment constaté dans l’aménagement : les opérations en cours ont globalement poursuivi leur développement selon le calendrier prévu.

Plus largement, on observe aujourd’hui une prise de conscience assez partagée des besoins en logements, qu’il s’agisse de réhabilitation ou de construction neuve. Il y a également un enjeu fort autour du maintien et du redéploiement de l’activité économique sur les territoires. Dans certains secteurs industriels, comme à dans le Cotentin, à Dunkerque, Cherbourg ou dans le secteur de Fos-sur-Mer, les dynamiques économiques génèrent mécaniquement des besoins supplémentaires en logements et en aménagement.

Dans les prochaines semaines, les nouveaux élus vont prendre leur poste et vont engager la préparation de leurs plans d’investissement. À ce titre, l’aménagement, par son mode de fonctionnement et de financement, peut constituer un outil efficace pour répondre à un certain nombre de questions structurantes pour les territoires.

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Nils Buchsbaum
Journaliste - Batiweb

Nils Buchsbaum est journaliste à la rédaction de Batiweb. Il suit l’actualité du BTP, de l’urbanisme et de la construction durable, avec une attention particulière portée à la prévention des risques, aux enjeux environnementaux et aux évolutions législatives.

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