Une cinquantaine d'emplois menacés dans les énergies renouvelables Vie des sociétés | 16.06.15

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Le groupe Areva entend mettre fin à une partie de ses activités dans les énergies renouvelables en France. Un plan de sauvegarde de l'emploi est actuellement en cours de lancement, concernant plus précisément les activités de biomasse et de torréfaction. Une cinquantaine d'emplois seraient menacés. Détails.

Début mai, Areva annonçait jusqu'à 4 000 suppressions d'emplois en France et un plan d'économies d'un milliard d'euros d'ici à 2017, après avoir essuyé en 2014 une perte nette record de près de 5 milliards d'euros.

Cette fois-ci, c'est officiel, le groupe se prépare à mettre fin à une partie de ses activités dans les énergies renouvelables en France.

Les syndicats d'Areva ont dit lundi redouter une cinquantaine de « licenciements secs », en cours sur « au moins une société du groupe » en difficulté, dans la division énergies renouvelables, sans plus de précision sur la société concernée.

Une menace sur Bordeaux ?

De son côté, le groupe nucléaire a confirmé à l'AFP qu'une procédure de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) était « en cours de lancement » concernant plus précisément les activités « de biomasse et de torréfaction », soit 47 personnes.

L'entreprise, détenue à 87 % par l'Etat, assure « tout faire » pour éviter les départs contraints, sachant que « tous les salariés recevront une proposition de reclassement dans le groupe ».

Selon José Montes (FO), le plan social concerne l'ensemble des salariés du centre technique bioénergie, près de Bordeaux, spécialisé dans la torréfaction de biomasse (production de charbon à partir de bois et de déchets végétaux).

Le centre en question emploie 27 salariés, selon Pierre Bachmann (CFDT). Les autres collaborateurs concernés travaillent à Paris, précise M. Montes.

Manque de loyauté du gouvernement

Depuis l'annonce de milliers de suppressions d'emplois chez Areva (6 000 postes dans le monde, dont 3 000 à 4 000 en France, ndlr.), le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a répété qu'il n'y aurait « aucun licenciement » en France.

Pour les syndicats CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et Unsa d'Areva, le plan social porte ainsi « un sérieux coup de canif au peu de confiance qui restait dans la capacité de nos dirigeants à sortir correctement le groupe de la grave crise qu'il traverse ».

Rappelant « les engagements publics des ministères et même de la présidence de la République », l'intersyndicale dit ne pas pouvoir « accepter un tel manque de loyauté, de respect et de responsabilité, qui bafoue toutes les promesses alors que les négociations ne font que commencer ».

Cette annonce « en dit long sur la question de la garantie » offerte sur l'emploi par l'exécutif, a relevé M. Bachmann. Interrogé sur l'engagement pris par M. Macron, le syndicaliste ironise : il y a « des ministres qui sont sérieux et d'autres pas sérieux », dit-il.

Dans le cadre de son plan d'économies, le spécialiste du nucléaire entend se désengager de la division énergies renouvelables, lancée en 2007 et centrée sur la biomasse, le solaire et l'éolien. Il souhaite cependant conserver sa coentreprise dans l'éolien offshore avec l'espagnol Gamesa.

C.T (avec AFP)
© Konstantin Romanov - Fotolia

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