Le Dispositif REX Bâtiments Performants se renforce Vie pratique | 07.10.20

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Développé en 2010 par l’Agence Qualité Construction (AQC), le Dispositif REX Bâtiments Performants a permis d’auditer 1 800 opérations. L’outil, qui vise à accompagner les acteurs de la construction dans l’identification de pathologies, s’est enrichi au rythme des évolutions réglementaires, et compte désormais sur une branche dédiée à la rénovation. Précisions.

Le 6 octobre dernier, l’Agence Qualité Construction a organisé une conférence de presse afin de revenir sur le Dispositif REX Bâtiments Performants. En introduction, Philippe Estingoy, Directeur général de l’AQC, a rappelé que l’outil avait été créé afin de répondre à une attente des assureurs qui souhaitaient voir l’Agence faire de « la prospection » sur ce que pourrait être la sinistralité dans les années à venir.

 

Le dispositif, déployé en métropole et dans les DROM, a permis d’auditer 1 800 bâtiments dits « performants », et d’identifier de façon précoce « les risques émergents » et « les non-qualités qui impactent les performances » du bâti. Ces audits, réalisés sur des maisons (30%), des logements collectifs (25%), des bureaux (21%) et des ERP (24%), ont donné lieu à 14 000 constats. 

 

« La matière brute, ce sont les constats de non qualité, ou de bonnes pratiques pour à la fois alerter et donner des solutions, encourager les acteurs. La méthode, c’est de collecter sur le terrain, capitaliser les informations sur une base de données, analyser les retours d’expérience avec un panel d’experts », pour ensuite valoriser le tout via des rapports thématiques, des guides ou encore des plaquettes de sensibilisation, a expliqué Martin Guer, chef de projet - AQC. 

 

Sur place, les experts échangent avec deux voire trois personnes ayant participé au projet. « Quand il y a une situation de non-qualité, c’est rarement une seule cause, c’est souvent un faisceau de causes ». Interviewer les maîtres d’ouvrage et autres acteurs engagés, permet ainsi de « croiser les témoignages », a commenté Pauline Lefort, enquêtrice, chef de projets Qualité Construction et Filières Matériaux. 

 

« Depuis 2016, on mesure tout un tas de choses : température ambiante, humidité, taux de CO2, renouvellement d’air… Ce qui est intéressant avec la mesure, c’est ce côté relationnel. C’est une porte d’entrée, ça permet aux maîtres d’ouvrage de s’intéresser à leur logement, à leur bâtiment, et ça va les aider à mieux les exploiter », a-t-elle poursuivi. 

 

Mallette avec les outils de mesure. ©AQC

 

Au fil du temps, le dispositif a évolué. « On est sur des bâtiments plus complexes (…). Ça modifie forcément les équilibres. Il y a beaucoup d’innovations, les énergies renouvelables par exemple, le biosourcé… Toutes ces nouveautés font qu’il y ait un certain nombre de risques », a indiqué Martin Guer. L’outil se penche également sur les produits et technologies et a notamment été utilisé pour l’audit d’une ventilation décentralisée double flux. Le numérique et les nouvelles façons de travailler sont aussi observés.

 

Les bâtiments rénovés audités

 

Si jusqu’à maintenant, le dispositif concernait surtout la construction neuve, les audits sur des logements rénovés devraient s’intensifier avec le lancement du projet REX Rénovation. La démarche fait partie des neufs projets retenus dans le cadre du programme PROFEEL lancé en 2019 et dont l’objectif est de faciliter et fiabiliser la rénovation énergétique des bâtiments existants. 

 

A travers REX Rénovation, 200 audits sont prévus. Ils viendront alimenter des dossiers qui aborderont des thèmes divers comme par exemple l’isolation des combles, la biomasse, les solutions d’éclairage ou encore le dimensionnement des équipements. « Nous allons faire des restitutions en région au premier trimestre 2021 pour toucher directement les acteurs du terrain », a révélé Martin Guer. 150 des 200 audits ont d’ailleurs déjà été effectués par 10 enquêteurs, l’objectif étant de terminer les visites au 3e trimestre 2020. 

 

Soutenir le déploiement de REX Rénovation

 

Parallèlement au lancement de REX Rénovation, l’AQC a prévu la refonte de sa mallette pédagogique. Disponible en accès libre, elle va s’enrichir de contenus qui seront proposés sous différents formats pour mieux atteindre les différentes cibles (du professionnel à l’étudiant). Dix nouvelles études de cas, dix QCM et 200 photos commentées seront disponibles dès la fin novembre ! 

 

Un MOOC va également être lancé sur la rénovation performante. L’AQC précise que le programme pédagogique, réalisé avec l’Asder, est bouclé. La première session devrait avoir lieu au printemps 2021. 

 

Enfin, dans les DROM, le programme OMBREE va être déployé pour des bâtiments résiliants et économes en énergie. 80 bâtiments construits ou rénovés sont en cours d’audit. A la Réunion, le dispositif va concerner tout ce qui touche aux systèmes de climatisation et eau chaude sanitaire, en Guyane, la partie isolation. Et dans les Antilles, il va s’intéresser à tout ce qui est végétalisation, protections solaires et ventilation naturelle. Les premiers retours sont attendus pour fin 2021. 

 

Le renforcement du dispositif REX Bâtiments Performants intervient dans une période où la rénovation est sur toutes les lèvres. Rappelons que le Plan de relance annoncé par le Gouvernement prévoit plus de 7 milliards d’euros pour la rénovation énergétique des logements privés, du parc tertiaire dans sa totalité et des bâtiments publics. Plus récemment, les pouvoirs publics ont dévoilé les barèmes de MaPrimeRénov’, une prime qui doit permettre de privilégier les rénovations globales. 

 

REX Rénovation doit accompagner ce mouvement en sécurisant les gestes effectués. Le dispositif doit pouvoir aider les professionnels à adopter les bonnes pratiques grâce aux retours d’expérience du terrain. Il va également s’agir de faire de la pédagogie auprès des ménages qui réceptionnent les travaux pour qu’ils soient capables eux aussi d’observer des situations, et donc d’agir. 


Rose Colombel
Photo de une : ©AQC

Redacteur

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