À Vézelay, la basilique restaurée dans les règles de l’art Architecture | 03.10.19

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À Vézelay (89), la basilique Sainte Marie-Madeleine attire près d’un million de visiteurs par an. Construite au IXème siècle, elle a fait l’objet d’une vaste restauration par l’architecte Viollet-le-Duc en 1840. Depuis, des fissures et des infiltrations se sont formées sur le monument. Un programme de restauration en plusieurs tranches a donc été lancé en 2014. Actuellement, l’entreprise SMBR travaille sur les enduits des voûtes. Pour redonner sa luminosité à la basilique et rester fidèle aux matériaux d’origine, le choix s’est porté sur la chaux aérienne.

Un monument millénaire

 

Au cœur de la Bourgogne, au sommet du petit village de Vézelay (89), se dresse la majestueuse basilique Sainte Marie-Madeleine de Vézelay. Construite au IXème siècle, elle est dévastée par un incendie en 1120. Le chœur et le transept sont alors reconstruits en style gothique.

 

Il faut ensuite attendre 1834 pour que Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments Historiques, découvre le monument proche de l’état de ruines. Il fait prendre conscience de la nécessité d’une restauration complète. La reconstruction est confiée en 1840 à l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, également à l’origine de la flèche de la cathédrale Notre-Dame qui a brûlé le 15 avril dernier.

 

Viollet-le-Duc décide de redonner son aspect roman à la basilique devenue en partie gothique. Les travaux, achevés en 1859, auront duré près de 20 ans.

 

En 1979, la basilique est présentée parmi quatre autres monuments (le château de Versailles, la cathédrale de Chartres, le Mont Saint-Michel et les sites préhistoriques de la vallée de la Vézère) pour être inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Aujourd’hui, le monument est le plus visité de la région Bourgogne-Franche Comté avec près d’un million de visiteurs par an, que ce soit des touristes ou des pèlerins.

 

Une nouvelle restauration d’envergure lancée en 2014

 

Lorsque l’on rentre dans la basilique, on est frappé par sa clarté et sa luminosité, qui  s’expliquent par la pierre blanche, la chaux aérienne, et ses vitraux non colorés.

 

La partie restaurée à la chaux aérienne. ©BCB Tradical

 

Mais depuis 1859, des fissures se sont créées par des mouvements structurels, des tâches et auréoles se sont formées sur les voûtes en raison de problèmes d’étanchéité de toiture, et les maçonneries se sont chargées de sel.

 

Les auréoles qui se sont formées. ©C.L.

Une voûte dégradée, bientôt rénovée. ©C.L.

 

Un vaste programme de rénovation est donc lancé en plusieurs tranches à partir de 2014. L’agence d’architecture 2BDM est choisie pour ses connaissances dans le domaine des monuments historiques.

 

L’objectif : une restauration fidèle aux matériaux d’origine et aux choix de Viollet-le-Duc pour redonner tout son éclat au monument.

 

L’entreprise SNBR, également spécialisée dans la restauration des monuments historiques, est retenue à la suite à d’un appel d’offres.

 

Le choix de la chaux aérienne Tradical H98 de BCB pour restaurer les voûtes

 

Depuis février 2019, l’actuelle phase concerne les voûtes du narthex, également appelé « avant-nef », qui représente une superficie de 950 m2. « 70% des enduits existants sont conservés et 30% seront restaurés », explique Christophe Wagner, architecte du patrimoine au sein de l’agence 2BDM.

 

Or, dès l’origine les voûtes de la basilique ont été jointes à la chaux aérienne et recouvertes d’enduits à la chaux aérienne. L’agence 2BDM prescrit donc naturellement ce matériau. Son choix se porte sur la Tradical H98 de BCB, très blanche, et particulièrement adaptée aux monuments historiques. Elle présente l’avantage de laisser respirer la pierre et est connue pour ses caractéristiques physiques qui vont au-delà de la norme européenne chaux de construction NF EN 459.

 

« Elle est plus subtile, plus douce, et esthétiquement plus intéressante que la chaux hydraulique » précise l’architecte Christophe Wagner.

 

Un choix intéressant lorsqu’il s’agit comme ici de créer des nuances, des pomelés et des effets de transparence.

 

Sur le chantier, la chaux aérienne Tradical H98 a été utilisée en pâte. SNBR l’a préparée à l’avance et laissée gonfler plusieurs semaines à l’abri, sans oxygène.

 

L’application par étapes

 

Pour la restauration des voûtes, la première étape consiste en un « dégrossi ». Après un premier diagnostic, une sous-couche très épaisse de Tradical H98, additionnée de pouzzolane est posée. Le mortier est appliqué à la truelle sur une épaisseur de 2 à 6 centimètres en fonction des dégradations. Il sèche ensuite pendant 15 jours environ.

 

La polissure de chaux, qui comprend du sable très fin, est ensuite appliquée pour harmoniser l’ensemble.

 

Enfin, un artisan spécialisé applique l’eau forte ou la patine pour créer des nuances et donner un effet pomelé comme à l’époque romane.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : ©BCB Tradical

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