L’Europe sera-t-elle à l’écoute de ses architectes ? Architecture | 27.05.19

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Il y a tout juste un mois, l’Unsfa transmettait un questionnaire aux candidats des élections européennes du 26 mai 2019. L’objectif, en savoir plus sur leurs programmes et la place occupée par la profession d’architecte. Sur les treize listes sollicitées, sept ont répondu, a indiqué le syndicat. Découvrez les réponses de « Pour une Europe des nations et des peuples » » et sa tête de liste Jordan Bardella et de Nathalie Loiseau du mouvement pro-Macron « Renaissance ».

Ce dimanche 26 mai se déroulaient les élections européennes. Selon les résultats définitifs transmis par le ministère de l’Intérieur, « Pour une Europe des nations et des peuples » - Rassemblement national – conduit par Jordan Bardella, s’est imposé avec 23,31% des suffrages. En deuxième position, on retrouve la liste « Renaissance » - LREM - menée par l’ex-ministre Nathalie Loiseau (22,41%). Le RN obtient 22 sièges au Parlement européen contre 21 pour LREM. Après le Brexit, les deux listes devraient se retrouver chacune avec 23 eurodéputés.
 

 

Avec 13,47% des suffrages, Europe Ecologie Les Verts obtient 13 sièges, contre 8 pour Les Républicains, liste menée par François-Xavier Bellamy (8,48%). La France Insoumise de Manon Aubry (6,31%) et le Parti Socialiste et Place Publique de Raphaël Glucksmann (6,19%) siègeront eux avec 6 députés.
 

 

Parmi les « grands » vainqueurs de ces élections, seules les listes « Pour une Europe des nations et des peuples » et « Renaissance » ont répondu à l’appel de l’Unsfa qui, via un questionnaire, souhaitait en savoir plus sur le programme des candidats.
 

 

L’architecture, vivier d’emplois
 

 

Dans sa lettre, Jordan Bardella avance : « La question de l’architecture en France n’est pas un petit sujet que l’on peut traiter en quelques lignes. Vivier d’emplois, source d’un savoir-faire et d’une expertise à la française, je lui reconnais d’autant plus deux rôles éminents : celui de dessiner le visage et le patrimoine de notre pays, et celui d’apporter des réponses essentielles aux problématiques énergétiques, environnementales et sociales ».
 

 

Il rappelle que lors de l’élection présidentielle, le Rassemblement national avait proposé de créer une loi de programmation du patrimoine pour permettre « un meilleur soutien à l’entretien et à la préservation du patrimoine, impliquant une augmentation du budget alloué de 25% ».
 

 

« Depuis la loi du 3 janvier 1977, l’architecture ainsi que le respect des paysages urbains et du patrimoine sont reconnus comme étant d’intérêt public », souligne Nathalie Loiseau qui précise : « Notre liste Renaissance s’engage pour une meilleure coordination européenne de la politique, afin d’assurer sa préservation via, notamment, un mécanisme d’échange de bonnes pratiques initié par le président de la République ».
 

 

Qu’en est-il du rôle de l’architecte dans la rénovation du bâti ?

 


Jordan Bardella est favorable à la réalisation d’un audit global des constructions par un architecte formé avant toute attribution de subventions s’il est question « de rénover des bâtiments pour en améliorer la qualité, l’accessibilité, la durabilité, l’isolation et l’adéquation avec les caractéristiques architecturales et culturelles locales. Je pense que dans cette perspective, le recours à l’expertise de l’architecte est indispensable ». « S’il est toutefois question d’une rénovation d’un bâtiment historique, tout doit être fait pour le restituer en état à l’identique. Le recours à l’architecte est une fois encore essentiel, à la condition que la « valeur ajoutée » mentionnée ne corresponde pas à une déformation de notre patrimoine ».
 

 

Organiser des états généraux de l’aménagement du territoire pour relever le grand défi écologique, énergétique et climatique ?
 

 

Rassemblement national et LREM y sont favorables. Pour Jordan Bardella, ils permettraient de répondre « aux préoccupations légitimes des Français quant à leur pouvoir d’achat, à la relocalisation de l’emploi et au maintien et perfectionnement des services publics dans les territoires ruraux ». Nathalie Loiseau ajoute : « Le nouvel acte de décentralisation et l’extension du principe de différenciation territoriale voulus par le président de la République pourraient également inclure ces parties-prenantes pour les doter des outils nécessaires pour faire face au défi écologique ».
 

 

Abaisser le seuil du recours obligatoire à l’architecte dès le premier m2 construit ? Jordan Bardella indique : « Si abaisser le seul du recours obligatoire à l’architecte permet d’éviter la multiplication de lotissements identiques, de limiter la standardisation et le recours systématique au pas cher consommable, je suis favorable à une discussion ». De son côté, Nathalie Loiseau estime : « Si le seuil choisi reste de la compétence des pays membres et non de l’Union, une réflexion autour d’une coordination européenne, gage de sureté et de qualité, pourrait être envisagée ».
 

 

Comme l’indique l’Unsfa dans un communiqué, LREM et RN affichent un soutien « mesuré à la définition des contenus de missions comme à l’établissement de barème adaptés à chaque type de projets ». Et concernant une convergence européenne des systèmes de responsabilité Garanties/Assurances ? Les deux listes défendent une harmonisation par le haut. « Il faudra néanmoins veiller à prendre en considération les différences culturelles qui existent entre pays européens quant à leur système de responsabilité », dit Nathalie Loiseau.
 

 

Jordan Bardella insiste lui sur « le libre consentement des Etats réunis autour de la table. La France doit également disposer de tous les outils lui permettant en cas d’impossibilité d’aboutir à cette convergence de protéger ses artisans et ses professionnelles de la concurrence étrangère déloyale ».

 

Vers une harmonisation des durées de formation au niveau européen ?


 

Plus qu’une harmonisation, Nathalie Loiseau souhaite faciliter les échanges du programme Erasmus, « dont nous proposons le triplement du budget ». Quant à la pleine reconnaissance mutuelle des diplômes en Europe, elle rappelle que la mise en place du système ECTS a permis une avancée partielle et que la directive 2005/36/CE « a déjà harmonisé les conditions minimales de formation pour les architectes et les autres professions réglementées afin qu’ils puissent exercer leur profession dans un autre pays membre ». Elle propose d’aller encore plus loin « afin de compléter cette reconnaissance mutuelle, y compris dans le domaine de l’apprentissage ».
 

 

Quels moyens pour que les marchés intracommunautaires soient pleinement ouverts à tous les architectes de l’Union Européenne ? Il faut en assurer « la concurrence loyale », dit Jordan Bardella. « En outre, je suis favorable à la simplification du millefeuille normatif. Je suis également pour que l’on rende le pouvoir à la France de donner la priorité d’accès au marché intérieur aux professionnels français ».
 

 

Nathalie Loiseau préconise elle de rendre « plus efficace l’ouverture aux marchés publics. Cela permet d’assurer aussi bien la qualité des projets que la transparence du processus d’attribution, tout en soutenant l’innovation architecturale ».
 

 

Retrouvez l’ensemble des réponses des listes : « Les Européens », « Renaissance », « Pour une Europe des nations et des peuples », « Vive l’Europe Libre », « Amoureux de la France », « Contre le grand capital, le camp des travailleurs », et « Urgence Ecologie », ici.


R.C
Photo de une : ©Adobe Stock

 

 

 

Redacteur

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