Logement indigne : le Gouvernement et des communes accusés d’inaction Collectivités territoriales | 28.03.19

Partager sur :
Quatre mois après l’effondrement mortel de deux immeubles à Marseille, le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, qui rendra son rapport annuel à l’automne prochain, a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi 27 concernant le manque de mesures de la part du Gouvernement et de nombreuses communes pourtant concernées par l’habitat indigne.

Le 5 novembre dernier, deux immeubles de la rue d’Aubagne à Marseille s’effondraient, faisant huit morts et nécessitant l’évacuation de 250 immeubles. Le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, qui prépare son rapport annuel, a tiré la sonnette d’alarme en appelant le Gouvernement à se préoccuper davantage de cette urgence sociale en répondant par des mesures concrètes, et a déploré le manque de réaction de nombreuses communes.
 

Un million de personnes touchées par l’habitat indigne en France


Marie-Arlette Carlotti, présidente du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, reconnaît que « c'est à Marseille que le zoom s'est porté sur le logement insalubre, qui tue en s'effondrant, et tue par la maladie ». Egalement membre de ce comité et délégué général à la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert a quant à lui rappelé que l’habitat indigne concernait 450 000 à 650 000 logements en France, soit environ « un million de personnes touchées par ce fléau ».

Ce dernier a notamment estimé que « la réponse n'avait pas été à la hauteur de l'enjeu de l'urgence sociale » après la catastrophe de Marseille et déploré qu’il ne se passe encore rien dans de nombreuses communes. « Si on met la volonté politique, on est capable de mettre fin au mal-logement. Il faut des mesures extraordinaires de la part de l'Etat, de la ville et de la métropole », a-t-il ajouté, en évoquant la possibilité d'un moratoire sur les expulsions à la fin de la trêve hivernale.

Alors que cette dernière s’achève le 31 mars, Julien Denormandie, ministre du Logement, s’est parallèlement félicité ce mercredi 27 mars de la pérennisation de 6 000 nouvelles places d’hébergement pour les sans-abri, portant à 145 000 le nombre total de places : « C'est un effort sans précédent. Jamais aucun gouvernement de gauche ni de droite n'a autant pérennisé. Nous continuons avec humilité et détermination à gérer l'urgence et l'après avec le plan Logement d'abord », a-t-il ainsi déclaré.
 

A Marseille, la mairie accusée de se défausser sur les associations


Pour Christian Nicol, également membre du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, et qui doit remettre au Gouvernement un rapport sur l'habitat insalubre en France à l'automne prochain, « la boîte à outils est suffisante pour traiter le problème » à Marseille. Or, après le drame, « la ville s'est défaussée sur les associations », a affirmé celui qui avait rédigé dès 2015 un rapport alarmiste sur l'habitat insalubre à Marseille, regrettant que les logements sociaux soient construits en nombre insuffisant car « la loi SRU n'est pas appliquée ».

Kaouther Ben Mohamed, membre du Collectif du 5 novembre, créé après le drame de la rue d'Aubagne, a quant à elle accusé les mairies de secteur de ne pas mettre à disposition des bailleurs sociaux suffisamment d'appartements pour y reloger les familles expulsées. Selon elle, « 1 400 personnes sont encore logées dans des hôtels depuis l'évacuation de leurs immeubles ».

C.L (avec AFP)

Photo de Une : ©Adobe Stock

 

 

Redacteur

filter_list Sur le même sujet

La Cour d’Etat rejette le recours contre un décret de 2017 sur le logement décent - Batiweb

La Cour d’Etat rejette le recours contre un décret de 2017 sur le logement décent

Depuis la catastrophe de Marseille, la qualité de l'habitat est au centre de l’attention. Indécent, insalubre, indigne... tout est question de définition. C’est celle du logement « décent », contenue dans un décret datant de début 2017, que 4 associations avaient jugé « imprécise » et décidé de contester à travers un recours déposé fin 2017. La Cour d’Etat a fait savoir jeudi 20 décembre qu’elle avait rejeté ce recours. Retour sur une polémique.
Audit des écoles marseillaises : pas de constat alarmant - Batiweb

Audit des écoles marseillaises : pas de constat alarmant

En 2016, le journal "Libération" révélait l'état d’insalubrité inquiétant de certaines écoles marseillaises. Le 1er avril dernier, un audit avait été lancé pour vérifier les faits rapportés par de nombreux professeurs. Si les résultats de cet audit ne devraient pas être dévoilés avant les élections municipales, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et son adjointe se sont voulus rassurants.
Le gouvernement met à disposition un numéro d’appel pour lutter contre le logement indigne - Batiweb

Le gouvernement met à disposition un numéro d’appel pour lutter contre le logement indigne

Dans le cadre de la lutte contre le logement indigne et les marchands de sommeil, le gouvernement et l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) lancent un numéro d’appel pour les particuliers. Pour les locataires, ce dernier servira à alerter sur une situation anormale, et pour les propriétaires, à obtenir des conseils pour entreprendre des travaux.
Nouveau record d’expulsions locatives selon la Fondation Abbé Pierre - Batiweb

Nouveau record d’expulsions locatives selon la Fondation Abbé Pierre

Alors que la trêve hivernale approche et sera effective dès ce vendredi 1er novembre, la Fondation Abbé Pierre déplore l’augmentation des expulsions locatives d’années en années, soulignant un nouveau record de « plus de 36 000 personnes expulsées » en 2018. Elle demande donc au gouvernement de mettre en place un « plan d’urgence » d’un budget de 100 millions d’euros pour endiguer le phénomène.

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de nous permettre d'améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus

Accepter