Détroit d'Ormuz bloqué : « des surtaxes sur le vitrage, le PVC et l'aluminium »
Publié le 04 mars 2026 à 14h00, mis à jour le 04 mars 2026 à 12h32, par Raphaël Barrou

L'attaque lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a embrasé le Moyen-Orient et ses conséquences pourraient rapidement se faire ressentir sur l'économie française.
Dirigeante de La Fenêtrière, entreprise spécialisée dans les fenêtres, les portes et les volets, Catherine Guerniou confie à nos confrères de TF1 que ses fournisseurs de matières premières anticipaient déjà « des surtaxes sur le vitrage, le PVC et l'aluminium ».
En cause : la hausse des cours du pétrole et du gaz. En effet, en réaction aux bombardements, les Gardiens de la révolution, toujours au pouvoir en Iran malgré la mort du guide suprême Ali Khamenei, ont décidé de bloquer le détroit d'Ormuz. Un passage stratégique, par lequel passe un baril de pétrole sur cinq de la consommation mondiale, dont ils affirmaient avoir le « contrôle total » mercredi 4 mars.
Le baril de pétrole, le nerf de la guerre ?
Forcément, pour La Fenêtrière, le prix de vente sera impacté. « On est inquiet parce que cela va être une augmentation de nos menuiseries et on a déjà des difficultés à trouver des chantiers aujourd'hui », déplore Catherine Guerniou.
Comme nous vous le résumions il y a quelques jours, le prix du baril de pétrole augmente rapidement depuis le début de l'intervention des États-Unis et d'Israël. Mercredi 4 mars, le cours du Brent était à 84,09 $, soit son plus haut depuis juillet 2024, alors qu'il était autour des 60 $ le baril en janvier.
Alors les entreprises doivent-elles s'inquiéter d'une hausse prochaine du coût de l'essence, voire d'une pénurie ?
Sur France Info ce matin, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a affirmé que le pétrole et le gaz qui transitent par le détroit d'Ormuz concerne davantage l'Asie que l'Europe. « Il n'y a en France et en Europe aucun risque d'approvisionnement ni sur le gaz, ni sur le pétrole pour les semaines qui viennent. »
En revanche, en ce qui concerne les marchandises non énergétiques, « le détroit d’Ormuz n’est pas un axe majeur de transit », explique Sébastien Jean, économiste au Cnam et à l’Ifri dans les colonnes du Républicain Lorrain. « Sauf localement pour la distribution au Moyen-Orient ou en Afrique de l’Est. »
Des prix à la pompe contrôlés par la répression des fraudes
Concédant que « tout va dépendre de la durée du conflit », concernant l'inflation, Roland Lescure rejette cependant l'hypothèse d'un litre d'essence proche des deux euros, évoquée par Emmanuel Ampaud, président de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C).
« Je ne tolérerai pas que l'on ait des hausses des prix à la pompe qui aillent au-delà de ce que la hausse du pétrole justifie », prévient le ministre. Il affirme avoir demandé à la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) de s'assurer que ces hausses des prix soient conformes à l'augmentation du baril, jugée « raisonnable » jusqu'à maintenant par le ministre.
M. Lescure assume d'ailleurs que c'est la défense des intérêts économiques qui explique en partie le déploiement militaire de la France chez plusieurs de ses alliés dans les pays du Golfe.
Une tactique de sécurisation du détroit d'Ormuz, déjà exposée la veille par Emmanuel Macron, que ce soit pour expliquer l'envoi d'avions Rafales ou encore le déplacement du porte-avion Charles de Gaulle vers la Méditerranée. « Nous avons des intérêts économiques à préserver car les prix du pétrole, les prix du gaz, la situation du commerce international sont profondément perturbés par cette guerre. »
En revanche, pour ce qui est des prix de l'électricité, Roland Lescure affirme qu'il n'y aura pas d'augmentation« ni pour les ménages, ni pour les industriels » en raison d'une production excédentaire en France. En 2025, l'Hexagone a en effet battu son record d'exportations d'électricité en vendant à des pays voisins une quantité d'électricité supérieure à la production de la Belgique.
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