La CAPEB table sur une stabilisation de l'activité des artisans en 2026
Publié le 21 janvier 2026, mis à jour le 21 janvier 2026 à 16h58, par Raphaël Barrou

-3,8 %. C'est la baisse de l'activité, tous segments confondus, observée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) sur l'année 2025. En 2024, l'activité avait baissé de 4 %. En raison de l'apparente stabilisation de la conjoncture, le syndicat anticipe une activité comprise entre -0,5 % et +0,5 % en 2026.
A priori donc, la situation globale ne s'améliore pas, mais à regarder dans les détails, la baisse n'est que de 2 % pour le T4 2025 par rapport au T4 2025.
Jean-Christophe Repon, le président de la CAPEB, croit savoir d'où est venue cette impression globale de stagnation. « Le neuf n’est pas le seul problème. » Ou peut-être que ce n'est plus le seul problème. Sur l'année, la construction neuve baisse certes de 7 %, mais termine l'année sur un T4 à « seulement » -3 %, remarque Sylvie Montout, économiste de la CAPEB, soulignant « une nette contraction de l’activité dans le neuf depuis le T1 2025 ».
L'entretien-rénovation victime d'une baisse continue
Selon Monsieur Repon, « pour l’entretien-rénovation, la dégradation est stable et c’est là qu’il faut travailler avec le gouvernement pour trouver des solutions ». En effet, ce secteur affiche lui une baisse de 1,5 % au T4 2025.
Une dynamique qui confirme une diminution de l'activité de 1,6 % sur l'ensemble de l'année. Il en est de même pour la rénovation énergétique, qui a subi 1,5 % d'activité en moins sur les cinq derniers trimestres. Selon Madame Montout, les deux tiers du chiffre d'affaires des artisans proviennent de l'entretien-rénovation, ce qui explique la vigilance particulière de la CAPEB à ce sujet et l'anticipation d'un « statu quo » pour l'activité en 2026.
« Les ménages sont méfiants, il y a des difficultés à se projeter dans l’avenir, par exemple avec les différentes suspensions de MaPrimeRénov' au cours de l'année. Et c'est difficile de savoir quels travaux on veut faire chez soi quand on n'arrive pas à anticiper un minimum », explique Sylvie Montout. Une méfiance qui s'exprime au travers de l'épargne des ménages. Celui-ci, stabilisé autour de 18,4 %, est désormais proche de celui du T3 2024 mais reste très élevé.
Jean-Christophe Repon pointe aussi du doigt le nouveau calcul du DPE, qui a fait sortir de nombreux logements du statut de passoire thermique. « On a requalifié des centaines de milliers de logements et de fait, cela fait moins de travaux de rénovations. »
Reprise pour les mises en chantier et les autorisations
Le recul de l'activité semble concerner autant les entreprises de moins de 10 salariés (-3,8 %) que les entreprises de 10 à 20 salariés (-4,1 %). En revanche, « la situation est hétérogène selon le territoire et le corps de métier », avance Madame Montout.
En région Provence Alpes-Côte d'Azur et Corse, l'activité artisanale n'a pas bougé (0,0 %) au T4 2025, alors qu'en région Grand Est (-4 %), la plus affectée, la dégradation est deux fois plus marquée que pour la moyenne nationale.
Un motif de satisfaction cependant pour la CAPEB : la reprise sur les douze mois glissants de décembre 2024 à novembre des autorisations (+13,5 %) et des mises en chantier (+4,8 %). Une reprise néanmoins encore incomplète, selon le syndicat, puisque les autorisations et les mises en chantier restent inférieures respectivement de 9,5 % et de 22,2 % aux moyennes de ces cinq dernières années.
Cette reprise est tout de même accompagnée d'une hausse des carnets de commande, qui passent de 74 à 77 jours de travail à venir en moyenne entre les T3 et T4 2025.
Léger mieux pour les embauches
Du côté de l'emploi, 19 % des entreprises artisanales disent vouloir embaucher au second semestre 2025, contre 13 % lors de la première moitié de l'année. Une augmentation inédite depuis 2023. Mais les entreprises semblent éprouver des difficultés à aller au bout, seules 10 % des entreprises artisanales ayant déclaré avoir réussi à embaucher sur cette période.
Enfin, les entreprises sont moins nombreuses à envisager de licencier au 1er semestre 2026 (8 %) par rapport au second semestre 2025 (12 %). De l'autre côté, 7 % des entreprises pensent embaucher en ce début d'année 2026.
Pourtant, selon Jean-Christophe Repon, l'apprentissage continue d'être impacté par la conjoncture, ce qui n'est pas bon signe à long terme pour le secteur. « Il nous faut un flux entrant d’apprentis pour pouvoir se projeter sur 10 ans. »
Par Raphaël Barrou













