Eaton dévoile son approche « Buildings as a grid » Développement durable | 02.04.21

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Dans le cadre de son programme de transition énergétique, Eaton a lancé son approche « Buildings as a grid » qui consiste à transformer le bâtiment en hub énergétique. Il s’agit de coupler systèmes de recharge, gestion de l’énergie et distribution électrique pour apporter efficacité, sécurité, durabilité et flexibilité au bâtiment. En effet, avec la montée en puissance des véhicules électriques et du renouvelable, les besoins en énergie vont s’accentuer, ce qui peut compromettre la stabilité du réseau. La société estime nécessaire la mise en place d’une offre « complète » et intégrée.

Eaton a évoqué son approche « Buildings as a grid » à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 31 mars dernier, un concept qui répond à la volonté de la société d’aider ses clients dans leur transition énergétique. Tim Darkes, Président de la division électrique EMEA chez Eaton, souligne : « La façon dont nous produisons, utilisons et stockons de l’énergie évolue ». Et dans ce nouveau paysage énergétique, le bâtiment a un rôle à jouer pour améliorer la gestion de l’infrastructure électrique existante et planifier les besoins futurs en énergie. Comment faire du bâtiment un hub énergétique ?

La data pour une gestion efficace de l’énergie

Craig McDonnell, Vice-président Senior et Directeur général de la division Power Quality, Électronique et Marchés émergents chez Eaton, évoque « l’explosion » des renouvelables, et l’émergence des véhicules électriques (VE). En 2020, les ventes de VE en Europe ont augmenté de plus de 140%, et devrait bondir de 8,5 millions en 2020 à 116 millions en 2030 à travers le monde, selon un rapport BloombergNEF. Bien sûr, ces véhicules devront être chargés, et de nouveaux systèmes pourraient venir se greffer aux infrastructures existantes, et poser des difficultés aux propriétaires de bâtiments, notamment en termes de gestion de l'énergie et de modernisation des installations pour augmenter la capacité du réseau et répondre aux demandes croissantes.

Estimant que « l’électricité va devenir un standard de l’industrie pour alimenter les systèmes énergétiques zéro carbone », il est indispensable de penser « à la disponibilité du réseau et à sa stabilité », insiste Craig McDonnell. « Nous devons ajouter de plus en plus de ressources qui puissent contribuer à cette flexibilité » ou encore des solutions de stockage pour avoir des réseaux résilients. Il invite également les propriétaires de bâtiments à s’appuyer sur la révolution numérique. « D’ici 2023, 30 milliards d’appareils devraient être connectés au réseau », précise-t-il. Offrant ainsi « une opportunité fantastique de traiter et de gérer des données en périphérie » et de penser autrement la façon de générer de l’énergie, une mutation qui est d'ailleurs déjà en cours puisqu’aujourd’hui les consommateurs peuvent également produire et distribuer de l’énergie, via notamment les énergies renouvelables, et les systèmes de stockage.

Coupler les systèmes et les secteurs d’activité

« Le couplage sectoriel, est le meilleur mécanisme pour décarboner », estime Fabrice Roudet, responsable de l’activité stockage de l’énergie et recharge de VE pour Eaton en Emea. Ce couplage n’est possible qu’à travers une interaction entre les secteurs les plus consommateurs en énergie (transport, bâtiment, industrie) et les producteurs d’électricité. Selon une étude BloombergNEF commandée par Eaton et Statkraft, cette collaboration pourrait permettre de réduire les émissions de CO2 de 60% d’ici 2050, et de – 83% par rapport à 1990.

Viser ces objectifs exige de penser ou repenser l’efficacité du bâtiment, et plus précisément, des systèmes installés. Fabrice Roudet prend l’exemple des panneaux solaires. Le pic de production d’énergie se situe aux alentours de midi, « mais ce n’est pas toujours le moment où les bâtiments consomment le plus d’énergie ». Conséquence, l’énergie générée n’est pas utilisée à 100%. « C’est là que le stockage entre en jeu », souligne-t-il. Puisqu’il va permettre de stocker, puis de consommer l’énergie plus tard dans la journée, « lorsque l’électricité est la plus chère, ou lorsque le réseau électrique a besoin d’être soutenu », apportant ainsi de la flexibilité.

Cette flexibilité est « source de revenus supplémentaires » pour les propriétaires de bâtiments, et vient « accélérer le retour sur investissement des dépenses réalisées dans des technologies vertes ». Pour les opérateurs « verts », cela signifie une réduction des coûts liés au « renforcement » du réseau. « C’est donc un scénario gagnant-gagnant ».   

Dans cette perspective de faire du bâtiment un « réseau électrique », Eaton propose une offre « complète et intégrée » qui repose sur trois systèmes : la recharge des VE (matériel et logiciel), la gestion de l’énergie (flux entre plusieurs actifs, stockage, convertisseurs solaires, commandes physiques des pompes à chaleur ou chaudières…) et la distribution électrique. Ils permettent aux propriétaires de surveiller et d’optimiser la performance énergétique de leur bâtiment et de contrôler « en toute sécurité leurs actifs énergétiques ». Et participent également à la réduction des factures, et à l’amélioration de l’empreinte carbone des bâtiments, contribuant ainsi à la transition énergétique.

Eaton acquiert Green Motion

Eaton a récemment acquis la société suisse Green Motion SA, un des principaux concepteurs et fabricants de matériel de recharge pour véhicules électriques et de logiciels connexes. A travers ce rachat, Eaton se dote d’une gamme de chargeurs « de pointe » et d’un logiciel de facturation et de gestion. François Randin, fondateur et CEO de Green Motion, déclare : « Eaton et Green Motion forment un partenariat idéal pour relever les défis liés à l’adoption rapide des véhicules électriques (…) de manière pragmatique et flexible ».

A noter que les deux sociétés étaient partenaires depuis janvier 2020.

Rose Colombel 
Photo de une : ©Adobe Stock

Redacteur

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