Ecodrop, une solution digitale pour lutter contre les dépôts sauvages Développement durable | 03.02.21

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Depuis 2017, Ecodrop propose aux entreprises du bâtiment de prendre en charge leurs déchets de chantiers et de leur négocier des tarifs préférentiels auprès des déchetteries et points de collecte. Ses engagements en termes de traçabilité des déchets s'inscrivent aujourd'hui parfaitement dans la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) et la future responsabilité élargie du producteur (REP) pour le bâtiment, qui visent à lutter contre les dépôts sauvages. En pleine croissance, l'entreprise vient d'obtenir une levée de fonds de 5 millions d'euros pour poursuivre ses investissements. Le point avec Marie Combarieu, fondatrice et présidente d'Ecodrop.

Créée en 2017Ecodrop est une plateforme digitale qui permet aux professionnels du bâtiment de trouver une solution à la gestion de leurs déchets de chantiers, que ces derniers représentent l'équivalent de 5 sacs à gravats ou bien des milliers de mètres cubes.

 

Ecodrop se charge notamment de collecter et transporter les déchets triés dans les déchetteries les plus proches (souvent dans un rayon de moins de 10 km), et ce à des prix préférentiels, grâce à des partenariats développés avec les différents points de collecte.

 

Depuis sa création, l'entreprise a déjà noué une quarantaine de partenariats avec des déchetteries professionnelles en Île-de-France, une quinzaine d'exutoires de déchets inertes, et environ 350 partenaires transporteurs. Ce sont ainsi plus 90 000 tonnes de déchets qui ont été gérées et déposées en déchetterie en 2020.

 

Une levée de fonds de 5 millions d'euros

 

Après une croissance de 75 % de son chiffre d'affaires entre 2019 et 2020, Ecodrop ne connaît pas la crise et poursuit son développement avec une récente levée de fonds de 5 millions d'euros. L'objectif ? Doubler encore le chiffre d'affaires cette année, et recruter toujours plus.

 

Avec cette levée de fonds permise par Turenne Groupe et Amundi, il s'agira de poursuivre le déploiement de tous les services à l'échelle nationale, et notamment autour des grandes agglomérations.

 

Cette levée de fonds permettra également d'accélérer les investissements à la fois techniques et technologiques : « Nous avons besoin de développer une plateforme digitale de direction des opérations très performante et complètement propriétaire, car on ne peut pas aller chercher un logiciel qui existe. On développe cet outil au fur et à mesure depuis 3 ans, mais on doit encore accélérer sur ce point car cela nous permet de gérer plus de volumes, avec une meilleure qualité et une meilleure rentabilité », explique Marie Combarieu.

 

Une solution qui répond aux exigences de la loi AGEC

 

Pour les entreprises du bâtiment, Ecodrop présente de nombreux avantages. Le professionnel n'a plus à se soucier de la manutention, du transport, ni de la traçabilité de ses déchets.

 

Marie Combarieu reconnaît que la loi Anti-Gaspillage pour une Economie Circulaire (AGEC), votée en février 2020 et qui pénalise plus sévèrement les dépôts sauvages, a apporté à Ecodrop de nouveaux clients, plus soucieux de la traçabilité de leurs déchets de chantiers, et inquiets à l'idée de se voir reprocher des dépôts sauvages.

 

« D'autant plus que la responsabilité est conjointe entre le particulier et le professionnel dans le cas d'une mise en dépôt sauvage de déchets issus d'un chantier », souligne-t-elle.

 

Lutter contre les dépôts sauvages

 

Elle explique que même des entreprises responsables et soucieuses de l'environnement sont parfois concernées sans le savoir par ces dépôts sauvages : « On s'est rendu compte qu'une des raisons majeures pour laquelle il y a des dépôts sauvages, c'est qu'il n'y avait pas de solutions adaptées pour la gestion des déchets des petits chantiers. Ils se débrouillent, parfois en pensant bien faire. Le professionnel du bâtiment peut appeler une personne dont il a trouvé la communication sur Le Bon Coin, mais c'est en réalité un réseau illicite qui vient chercher les déchets pour 150 euros avec un camion et qui va les jeter dans la nature ou dans des décharges sauvages », précise-t-elle.

 

Grâce à Ecodrop, la traçabilité est assurée et le professionnel reçoit directement le bon de dépôt en déchetterie dans sa boîte mails, faisant ainsi office de preuve pour lui et ses clients.

 

Autre valeur ajoutée apportée par Ecodrop : son nouveau label qui valorise la démarche de ses clients, et leur offre une véritable vitrine en termes de RSE. « Un client qui a fait 6 opérations durant les 2 derniers mois, on lui propose de signer une charte qui stipule qu'il ne mettra jamais ses déchets dans la nature. Après cette signature, il reçoit un kit de communication personnalisable, qui lui permet de présenter sa démarche à ses clients », détaille-t-elle.

 

La REP, une mesure incitative ?

 

Pour Marie Combarieu, la responsabilité élargie du producteur (REP) qui doit s'étendre au bâtiment à compter du 1er janvier 2022, devrait également permettre d'inciter les professionnels du bâtiment à mieux trier leur déchets, d'autant plus que certains déchets valorisables pourront être déposés gratuitement en déchetterie : « Là, le tri aura vraiment un intérêt pour eux, parce que sinon cela prend du temps et coûte de l'argent, donc ça peut être contraignant sur un petit chantier. Tant qu'il n'y aura pas une économie qui permet d'accompagner l'artisan à faire cet effort là, il n'aura pas d'intérêt à le faire. Il faut vraiment une logique qui soit pragmatique », estime-t-elle.

 

Toujours à propos de cette future REP, Marie Combarieu ajoute : « Nous avons été interrogés par l'Ademe dans le cadre de la préfiguration, mais on aimerait pouvoir participer davantage aux discussions, savoir quand sera mis en place l'éco-organisme, et quel sera sa gouvernance », conclut-elle.

 

Propos recueillis par Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

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