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L’aménagement extérieur, marché crucial pour Edycem en 2026

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Publié le 10 février 2026 à 14h45, mis à jour le 10 février 2026 à 16h46, par Virginie Kroun


Entretien avec Olivier Collin, directeur général d’Edycem. L’expert en BPE aborde 2026 avec un marché en tête : l’aménagement extérieur. Ce segment oriente certains projets industriels et R&D.
Olivier Collin © Charles Marion
Olivier Collin © Charles Marion

-1,8 %. Voilà le déclin qu’observe Edycem, filiale de Herige Industries, en année pleine entre 2025 et 2024. Une tendance baissière liée à une érosion de la construction ces trois dernières années, nous explique Olivier Collin. 

Pour le directeur général du spécialiste du béton prêt à l’emploi (BPE), les chiffres de la Fédération française du bâtiment (FFB) dessinent une reprise de l’ordre de 1,8 %. « On ne revient pas au niveau historique d'il y a trois ans ou quatre ans. Ceci dit, la bonne nouvelle, c'est que cela ne baisse plus », commente-t-il. 

Les volumes nationaux de BPE auraient ainsi atteint leur point bas, alors que l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) anticipe +1 % sur l’activité en 2026.

La Fédération nationale des travaux publics (FNTP), de son côté, prévoit -0,8 %. Un déclin sur fond de ralentissement en période préélectorale. «On a atteint le fond de la piscine, on a un espoir d'optimisme avec une légère reprise d'activité pour 2026 », souligne M. Collin.

L’usine de Montaigu-Vendée bientôt modernisée

 

La conjoncture TP oriente la feuille de route 2026 d’Edycem vers l’aménagement extérieur, de la Voirie et Réseaux Divers (VRD) aux aménagements. Des marchés marqués d’« un besoin de bétons poreux, pour lutter notamment contre les îlots de chaleur et les crues causées par les pluies », selon Olivier Collin. 

Tout se jouera dans la modernisation de l’usine Edycem PPL à Montaigu-Vendée, bras industriel de la marque dans la préfabrication légère depuis 60 ans. Le site de 10 hectares comprend six outils de production, et sera complété par une usine de 2 200 m2, pensée par l’agence d’architecture Rigolage.

« Un permis de construire a déjà été déposé depuis le mois d'octobre 2025, des travaux de génie civil démarreront mi-2026 pour un démarrage d’usine au deuxième semestre 2027, le temps de régler les machines », nous expose le directeur général d’Edycem. 

Un renouvellement du parc de machines existant est également prévu pour « travailler sur le design, sur les couleurs, sur la texture de nos produits », alors que les outils actuels offrent une marge de manœuvre « assez limitée ». Côté chromatique, un mélangeur de quatre couleurs pourra sortir une diversité de teintes, pour une demande sur-mesure. 

« On jouera aussi sur l'aspect de surface, avec des textures et finitions très différentes, dont du pavé vieilli, du pavé flammé », précise M. Collin. Le recours à de nouveaux moules tend à « offrir plus de diversité dans les dimensions répondant aux tendances actuelles. Ces nouveaux designs permettront de redorer l’image du béton en retravaillant sur de grands formats, dont des dalles jusqu’à deux mètres par un mètre ».

Une nouvelle presse à béton permettra en outre de gagner 20 kg au m2 sur des produits de type dalles sur plots pour application en toiture-terrasse. Ce qui permettra de produire des dalles plus légères et faciles à poser. 

Vue aérienne de la future usine Edycem PPL
Vue aérienne de la future usine Edycem PPL

Côté malaxeur, le nettoyage sera automatisé et des lanterneaux rendront les locaux plus lumineux pour le bien-être des salariés. D’ailleurs, les nuisances sonores seront réduites via le capotage des tapis de transfert, l’insonorisation des rampes de sorties des produits et l’installation de brumisateurs.

Sans compter les 300 panneaux solaires de 150 kW de crête qui équiperont le site. L’intégralité de l’énergie produite sera transférée pour la nouvelle presse. Edycem prévoit une gestion des eaux pluviales, stockées dans un bassin de récupération et réinjectées dans le circuit de production. Les eaux de ruissellement seront traitées par un séparateur d’hydrocarbures. 

Autre but de l’usine : « concevoir aussi des solutions plus durables, avec des produits à empreinte carbone réduite, l'utilisation de granulats recyclés. Cela fait partie de notre cahier des charges », indique M. Collin.

« Pousser les curseurs » de la démarche Vitaliss

 

Alors que la RE2020 imposera de nouveaux seuils carbone pour 2028 et 2031, Edycem axe son impact environnemental vers le recyclage et la réduction de l’empreinte carbone sur ses produits. Le fabricant affiche 5 à 10 % de granulats recyclés sur ses blocs de gros-œuvre, tout en restant en accord avec les normes de résistance mécanique. 

Il faut dire que son équipe R&D s’est étoffée et compte aujourd’hui une quinzaine de personnes. Son partenariat commercial avec Hoffmann Green lui permet un approvisionnement en liants sans clinker pour répondre à l’ensemble des besoins du marché. Edycem a également resigné il y a deux ans une troisième chaire avec l’École Centrale de Nantes. 

De quoi enrichir la démarche de décarbonation des bétons de l’industriel, appelée Vitaliss. Celle-ci repose sur le Vitascore - de E à A+ -, lui-même aligné sur le nouveau référentiel national de l’empreinte carbone du béton GWR. Les formules sont établies par le laboratoire interne, audité par le Centre d'Études et de Recherches de l'Industrie du Béton (CERIB) et également par la marque NF BPE.

« L'objectif annoncé en 2023 était de 90 % de béton Vitaliss d'ici 2030, qui part dès la note C. En 2025, on est à 80 % », nous confie Olivier Collin. 

Il poursuit : « Lorsque nous avons initié cette démarche, nous l’avons positionné au prix du béton standard scoré en D, afin de démocratiser ce premier niveau de diminution de carbone. Nous avons également un programme d’innovation nous permettant de pousser les curseurs et d’aller encore plus loin sur la diminution de notre empreinte carbone. En 2026, nous avons l’ambition de passer progressivement le C vers le B, d’ici quelques mois sur l’ensemble de nos 35 centrales. »

Edycem veut pousser jusqu’à 40 % de bétons classés A et A + commercialisés d’ici quatre ans. Soit plus de 40 % de réduction pour un ciment base CEM 1 (classé E). L’industriel fonde sa stratégie sur l’évolution de la norme NF EN 206+A2/CN, parue en décembre et qui élargit les possibilités en termes d’augmentation d’additions et de diminution des taux de clinker. 

Laboratoire Edycem à Montaigu-Vendée
Laboratoire Edycem à Montaigu-Vendée

Dans le cadre de la seconde phase de Vitaliss, le groupe veut ouvrir la démarche aux produits de l’activité de préfabrication et « pousser les curseurs de l’approche performancielle». D’où les différents tests de durabilité (résistance mécanique, porosité, carbonatation…) menés dans son laboratoire de Montaigu-Vendée.

Prochainement : la valorisation de terres à Mérignac

 

Acquise en 2022, la plateforme de valorisation d’Edydem à Mérignac, dans la périphérie bordelaise, continue de se développer. «Lors de l’acquisition en 2022, le taux de valorisation des inertes était de 7 %. Pour 2026, nous avons l'ambition d’atteindre 25 %. C’est quasiment fois 4 », estime son directeur général.

Sur le site de 14 hectares - incluant la centrale à béton en périphérie de l'aéroport de Mérignac -, 10 personnes travaillent selon ce modus operandi : « Nos clients viennent déposer sur la plateforme et peuvent repartir avec des matériaux élaborés sur site », explique M. Collin.

Au-delà de l’accueil de déblais, la plateforme propose une diversité de produits, comprenant des granulats recyclés, de la terre noire criblée et des granulats naturels. Sa cible : les métiers des travaux publics (VRD…) et les paysagistes. Ce qui confirme son intérêt grandissant pour l’aménagement extérieur. Les professionnels concernés peuvent ainsi repartir chargés de sable naturel, de gravillons décoratifs ou de terre de la gamme Geoval.

« En 2025, Edycem a été référencé par Ecominero dans le cadre de la REP », précise son directeur général. Pour rappel, l’entreprise est adhérente à Valobat sur la partie BPE. 
 

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Virginie Kroun
Journaliste - Batiweb

Virginie Kroun est journaliste au sein de la rédaction de Batiweb. De la presse BD durant ses études, elle atterrit en 2021 dans l’univers BTP, dont elle ne se lasse pas. Si elle couvre tous les thèmes du secteur, Virginie a ses sujets de prédilection : justice, patrimoine, prévention et matériaux biosourcés.

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