Rénovation énergétique : la Fondation Nicolas Hulot émet 8 propositions Développement durable | 02.09.20

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Alors que le gouvernement affirme miser sur la transition écologique pour relancer l'économie après la crise liée au Covid-19, la Fondation Nicolas Hulot (FNH) publie ses préconisations en matière de rénovation énergétique dans le cadre du plan de relance. Travaux obligatoires, interdiction de louer des passoires thermiques, rénovations globales plutôt que par gestes, formation des professionnels... le point sur les mesures proposées.

Créée en 1990, la Fondation Nicolas Hulot (FNH) est reconnue d'utilité publique. Dans le contexte inédit de crise sanitaire et économique, elle a décidé d'émettre ses conseils concernant le plan de relance du gouvernement, qu'elle souhaite avant tout axé sur la rénovation énergétique. 

 

Dans sa note, la fondation insiste tout d'abord sur la nécessité d'accélérer et de rattraper le retard pris concernant le nombre de rénovations par an, que ce soit pour les bâtiments privés et publics. Selon ses pronostics, il faudrait désormais atteindre 540 000 rénovations par an entre 2020 et 2030, « compte tenu du retard accumulé depuis 2015 »

 

Instaurer des obligations de travaux

 

Parmi les huit propositions qu'elle formule aujourd'hui, la Fondation Nicolas Hulot souhaite notamment qu'une obligation progressive de rénovation (et non plus seulement des incitations) soit instaurée dans la loi, comme proposé par la Convention citoyenne pour le Climat.

 

La fondation suggère ainsi de bloquer dès 2021 l'augmentation des loyers figurant parmi les passoires thermiques (DPE étiqueté F et G), non rénovées, puis d'interdire leur re-location en 2023. En 2024, la FNH souhaite rendre obligatoire la rénovation des maisons individuelles étiquetées F et G lors du changement de propriétaire. Enfin, en 2030, l'absence de rénovation se traduirait par un malus sur la taxe foncière.

 

… pour mieux éradiquer les passoires thermiques

 

Selon les derniers chiffres actualisés par le ministère de la Transition Ecologique, la France compte 4,8 millions de passoires thermiques, et le parc locatif privé est particulièrement touché puisque 45 % des logements loués sont aujourd'hui très mal isolés.

 

La FNH émet donc des propositions pour exclure toutes les passoires thermiques de la location d'ici 2028. Elle appelle par ailleurs à rehausser le seuil de décence dans un nouveau décret afin de lutter contre la précarité énergétique.

 

La fondation insiste également sur la nécessité de passer à des rénovations énergétiques globales, et non plus « par gestes », notamment pour les passoires thermiques d'ici à 2030, dans le but d'atteindre le niveau bâtiment basse consommation (BBC). La rénovation globale inclut en effet une vision d'ensemble par les architectes et professionnels du bâtiment, et non pas des travaux déconnectés les uns des autres, permettant d'atteindre plus rapidement de meilleures performances énergétiques.

 

Un secteur créateur d'emplois

 

S'appuyant sur le scénario de Rénovons 2020 (réalisé par SIA Partners), la FNH souligne que la rénovation de toutes les passoires énergétiques pourrait ainsi créer 93 000 emplois équivalents temps plein sur 10 ans, et 34 000 à long terme.

 

Pour mieux répondre à ces nouvelles demandes, la FNH appelle d'ailleurs à mieux former les professionnels du bâtiment à la rénovation énergétique globale niveau BBC, et à renforcer le label RGE pour qu'il soit plus exigeant et regagne la confiance des consommateurs. Pour cela, la fondation appelle à renforcer les contrôles aléatoires et à obliger les détenteurs à suivre régulièrement des formations pour s'informer sur les innovations et les évolutions réglementaires.

 

Enfin, la FNH insiste sur la nécessité d'accompagner les ménages, de financer le reste à charge pour les plus modestes, et d'améliorer l'éco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ).

 

C.L.

Photo de une : Adobe Stock

Redacteur

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