Valobat, un éco-organisme pour faire progresser le recyclage des déchets

Développement durable | 05.07.21
Partager sur :
Valobat, un éco-organisme pour faire progresser le recyclage des déchets - Batiweb
Dans le contexte de la loi anti-gaspillage pour l'économie circulaire (loi AGEC), 26 entreprises de fabrication de produits et de matériaux de construction se sont engagées dans l’espoir de fonder un éco-organisme : Valobat. L’ambition ? « Réussir ensemble » à développer les filières de recyclage et à favoriser le réemploi en demandant notamment l’agrément pour la prévention et la gestion des déchets du bâtiment. Explications.

Afin de sortir du schéma « extraire, fabriquer, consommer et jeter », et ainsi éviter les situations de dépôts sauvages, dont les coûts d’évacuation et de traitement pèsent lourd sur le budget des collectivités territoriales, 26 acteurs du secteur de la construction (dont Isover, Placo, Rexel, Soprema, Knauf, Tarkett…) s'engagent à participer activement à la transformation du modèle de production et de consommation, en créant l'éco-organisme Valobat.

« Si jusqu’alors c’était l’organisation en silo qui menait la danse, aujourd’hui, en tant que fabricants, nous avons un intérêt commun à nous unir pour dessiner de nouveaux et nombreux circuits de collecte et de tri pour accélérer dans nos démarches et atteindre les objectifs fixés », explique notamment Pierre-Etienne Bindschedler, PDG du groupe Soprema.

Industrialiser localement le recyclage 

Cette démarche volontaire et collective fait aujourd’hui face à un enjeu de taille : 46 millions de tonnes de production de déchets par an, induisant des coûts largement supérieurs à toutes les autres responsabilités élargies du producteur (REP) en vigueur. 

Mais selon les fondateurs de ce nouvel éco-organisme, « se rendre dans un point de collecte de proximité, sur son territoire, reste encore complexe pour les artisans ». Par conséquent, Valobat promet de tout mettre en œuvre pour faciliter la gestion des déchets en proposant notamment un service de points de collecte aux détenteurs de déchets et aux déchetteries gérées par les collectivités, mais également d'agir comme un facilitateur pour les artisans, qui bénéficieront d'une reprise gratuite de leurs déchets collectés séparément. 

Un défi qui permettra d’industrialiser localement le recyclage et ainsi intensifier les boucles d’économie circulaire. « Valobat organisera ainsi, dès son agrément, une concertation à l’échelle de chaque territoire, avec les acteurs concernés, collectivités, artisans et professionnels de la gestion des déchets, pour déterminer les solutions les mieux adaptées localement », annoncent ainsi les partenaires.

Couvrir un périmètre multi-matériaux 

Valobat ambitionne également de couvrir un périmètre multi-matériaux, que les professionnels entendent organiser en neuf branches : les métaux de construction, les métaux des équipements, le bois, les menuiseries et parois vitrées, les plâtres et mortiers, les revêtements de sols, les matériaux inertes, les plastiques rigides, et les produits à base de laines minérales. Une organisation qui doit permettre au secteur de répondre efficacement aux problématiques posées par chaque type de déchets. 

« J’ai ressenti en Valobat une ambition collective et co-construite pour défendre des intérêts communs et mener ensemble le défi de l’économie circulaire. L’approche multi-matériaux permet une prise en compte des enjeux spécifiques de toutes les activités de la construction », souligne Christine Muscat, directrice Générale de Knauf France.

Reposant sur un modèle de gouvernance ouverte, l’organisation disposera d’un comité des parties prenantes, et de neuf comités de secteurs. Le but est de prendre en charge la complexité de la filière pour simplifier le service aux détenteurs de déchets. « Le modèle de gouvernance ouverte et la recherche d’une représentativité équilibrée ont été des critères décisifs : chaque entreprise et chaque secteur ont leur place », précise Christine Muscat. 

 

Marie Gérald 

Photo de Une : ©Valobat

Redacteur
filter_list

Sur le même sujet

Déchets du BTP : les professionnels du secteur opposés à la création d’une REP dédiée - Batiweb

Déchets du BTP : les professionnels du secteur opposés à la création d’une REP dédiée

En octobre 2017, Jacques Vernier s’est vu confier la mission de repenser le modèle des filières REP (responsabilité élargie des producteurs) afin qu’il s’adapte aux nouveaux enjeux de recyclage et favorise la transition de la France vers une économie circulaire. Parmi les propositions formulées, la création de 5 nouvelles filières dont une dédiée aux déchets du bâtiment ; une préconisation aujourd’hui contestée par les professionnels de la construction.
En 2017, le volume de déchets du BTP collectés a progressé de +2%  - Batiweb

En 2017, le volume de déchets du BTP collectés a progressé de +2%

Avec une croissance de 2%, l’année 2017 a été « satisfaisante » pour la majorité des entreprises de tri, a annoncé, mercredi 17 octobre, la Fédération des entreprises du recyclage (Federec). Le bâtiment fait partie des bons élèves, le volume de déchets collectés ayant lui aussi augmenté de 2% pour atteindre 40 millions de tonnes. 2019 devrait cependant être « très agitée ». En effet, l’idée d’une « REP Bâtiment » inquiète toujours autant les professionnels du secteur.
La FFB présente deux outils pour « mieux valoriser » les déchets de chantier - Batiweb

La FFB présente deux outils pour « mieux valoriser » les déchets de chantier

Alors que le Gouvernement a publié, le 23 avril dernier, sa feuille de route économie circulaire, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) annonce le lancement de deux outils à destination des artisans et entrepreneurs. Soutenus par l’Ademe, ils visent à accompagner le secteur dans la valorisation des déchets de second œuvre issus de site de démolition/réhabilitation.
Reprise des déchets : les négoces proposent un large panel de solutions à leurs clients - Batiweb

Reprise des déchets : les négoces proposent un large panel de solutions à leurs clients

La loi de Transition Énergétique pour une Croissance Verte (TEVC) a introduit l’obligation, pour tout distributeur de matériaux de construction, de reprendre les déchets issus des produits qu’ils vendent. Où en sont les négoces ? Une étude de la FNBM révèle que le secteur est mobilisé et propose une diversité de solutions pour accompagner leurs clients professionnels dans la gestion de leurs déchets. Précisions.