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Étude Hello Watt sur le DPE : la CDI FNAIM réagit

Publié le 06 janvier 2023

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L’enquête du conseiller en économies d'énergie Hello Watt, remettant en question le manque de fiabilité du DPE, n’a pas tardé à faire réagir la CDI FNAIM. Le représentant des diagnostiqueurs immobiliers voit dans la démarche une « méthodologie erronée », et une mauvaise définition attribuée au nouveau DPE.
Étude Hello Watt sur le DPE : la CDI FNAIM réagit - Batiweb

Publiée en début de semaine, une étude d'Hello Watt montrait des écarts entre les diagnostics de performance énergétique (DPE) et les consommations énergétiques réelles de certains logements. Selon les résultats, seulement deux tiers des DPE seraient corrects.

« Le moment est bien choisi. Alors qu’il prend encore un peu plus de poids avec les premières interdictions de location de passoires en vigueur depuis le 1er janvier, cette étude tente à accréditer la thèse que le DPE n’est pas fiable afin de permettre à ceux qui ne veulent pas faire de travaux de rénovation de trouver une échappatoire : c’est purement scandaleux », s’insurge Yannick Ainouche, président de la Chambre des Diagnostiqueurs Immobiliers de la Fédération de l’immobilier (CDI FNAIM).

Mais est-ce vraiment dans l’intérêt d’Hello Watt, en tant que conseiller énergie, de trouver des points de fuite dans la rénovation énergétique et ainsi freiner sa dynamique ?

La méthodologie appliquée par Hello Watt jugée « erronée »

 

Pour recontextualiser : l’étude compare les données des compteurs Linky et Gazpar aux notations DPE sur un panel de 221 logements. À partir des résultats, Hello Watt a tenté de dégager trois explications plausibles. Soit la méthode de Calcul de la Consommation Conventionnelle des Logements (3CL) utilisée pour noter le DPE n’est pas assez précise. Soit la méthode est fiable, mais les diagnostigueurs « prennent des raccourcis pour réduire sa complexité, ou ne l’implémentent pas de façon fiable pour une autre raison ». Soit les données DPE sont fiables, « mais les hypothèses sur le comportement des occupants sont irréalistes, et la variabilité d’un occupant à l’autre noie tout impact significatif du bâtiment lui-même sur la consommation ».

C’est justement en cela que la CDI FNAIM indique une « méthodologie erronée » dans la démarche de Hello Watt, soulignant que « les usages des uns et des autres concernant sa consommation varient fortement d’une personne à une autre. Un peu comme la consommation théorique d’une voiture affichée par le constructeur : l’automobiliste le sait, selon sa conduite, cette consommation reste souvent purement théorique, mais elle n’en est pas moins précieuse pour acheter un véhicule ».

Pour rappel, la méthode 3CL prend en compte un usage standard des occupants sur le chauffage ou la production d’eau. Or, la taille, les équipements et les comportements - non prises en compte dans la méthode - font jouer ces variables. Ainsi un logement peut être bien classé car il dispose de peu d’équipements ou des équipements performants, ou bien mal classé car une famille nombreuse mobiliserait beaucoup l’évier ou le lave-linge. 

Le DPE, davantage un « indicateur » qu’un « prédicteur »
  

En soit, Hello Watt et la CDI FNAIM semblent s’accorder sur l’idée qu’estimer une consommation standard du logement est irréaliste. Là où les opinions divergent, c’est le rôle du DPE. Hello Watt reproche au DPE d’être un mauvais « prédicteur de la consommation énergétique des logements. Même si le DPE n’est pas conçu pour être un estimateur précis de la consommation, puis qu’il simule un comportement normalisé et ne prend en compte qu’une part de la consommation énergétique, le manque de corrélation entre DPE et consommation est inquiétant, et pourrait indiquer un problème dans sa méthodologie, sa pertinence ou son implémentation ».

Or pour la CDI FNAIM, ce n’est pas la fonction du diagnostic. «Le DPE est un indicateur qui donne une tendance de consommation, et cette tendance va être plus ou moins accentuée par l’usage du logement par ses habitants. Bien entendu une passoire énergétique reste une passoire énergétique dès lors que l’appartement ou la maison en question serait mal isolé(e), avec des fenêtres en simple vitrage… Cette étude n’a aucun sens », estime son président.

Cete étude s’ajoute cependant à une première enquête de 60 Millions de consommateurs sur la fiabilité du DPE, dévoilée mai dernier. Une enquête qui avait montré « des écueils » et ne met pas en évidence les diverses difficultés de la réforme du DPE vécues par les diagnostiqueurs, selon la CDI FNAIM.

Le représentant des diagnostiqueurs immobiliers regrette par ailleurs un manque de confiance envers la filière. Un problème face auquel la CDI FNAIM encourage notamment la mise en place d’une carte professionnelle.

 

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Virginie Kroun
Photo de Une : Adobe Stock

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