Immobilier : E. Wargon annonce la reconduction du Pinel jusqu'à fin 2022 Immobilier | 12.11.20

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Depuis l'annonce du reconfinement, les visites immobilières physiques sont interdites, au grand dam du secteur immobilier, qui regrette un blocage de la chaîne immobilière et dénonce des contradictions. Une dizaine de groupes immobiliers ont ainsi lancé un appel au gouvernement en début de semaine, l'appelant à ré-autoriser les visites. La ministre déléguée chargée du Logement a toutefois réaffirmé l'interdiction des visites physiques ce mardi. En guise de consolation, les professionnels de l'immobilier et de la construction peuvent toutefois se féliciter de la reconduction du dispositif Pinel jusqu'à fin 2022.

Alors que la France est reconfinée depuis maintenant deux semaines, une dizaine de réseaux immobiliers ont appelé le gouvernement à ré-autoriser les visites immobilières physiques ce lundi, estimant que ce chaînon manquant bloquait « l'intégralité des ventes et des locations ». En effet, si la signature de bail, les actes de vente, les états des lieux et déménagements sont autorisés pendant toute la durée de ce confinement, il n'en va pas de même pour les visites, qui sont pour le moment interdites. 

 

Le premier confinement a accéléré la digitalisation du secteur immobilier et notarial et les visites virtuelles restent possibles, mais, selon une récente étude SeLoger, ces dernières ne permettraient pas de déclencher l'acte de vente (ni de location).

 

Selon cette étude réalisée avec OpinionWay, 84 % des Français ne seraient en effet pas prêts à acheter ni louer un bien qu'ils n'auraient visité qu'en visio, la visite physique restant de mise pour prendre une décision. Même parmi les jeunes, seuls 28 % des moins de 35 ans seraient capables de se décider sans visite physique. « Parce qu'elle ne donne qu'un aperçu d'un bien, la visio-visite ne permet pas, à elle seule, de déclencher un acte d'achat ou de location », note SeLoger.

 

« Sans les visites, le parcours immobilier risque in fine de se bloquer. Cela ne sert à rien de laisser les notaires, les banques et les courtiers immobiliers ouvrir, si les transactions ne peuvent se réaliser car il manque cette étape déterminante, qui confirmera l'envie de se lancer et déclenchera l'acte », poursuit Séverine Amate, porte-parole chez SeLoger.

 

Toujours selon cette étude, 56 % des Français visiteraient physiquement un bien s'ils y étaient autorisés pendant cette période de reconfinement. Dans ce contexte, le secteur immobilier a demandé ce lundi 9 novembre de ré-autoriser les visites physiques avec un protocole sanitaire renforcé.

 

Le secteur immobilier déplore l'interdiction des visites

 

Dix groupes immobiliers, parmi lesquels Century 21, Citya, Foncia, Orpi, Guy Hoquet, Laforêt, Nexity ou Nestenn, ont ainsi cosigné une tribune appelant le gouvernement à « reconsidérer » sa position.

 

Outre l'impact économique pour les agences, les signataires soulignent la détresse de certains Français, et le risque d'une hausse des prix à plus long terme : « Les projets suspendus durant le confinement vont s'accumuler et entretenir la hausse des prix », estiment-ils.

 

Ces derniers se disent également prêts à renforcer le protocole sanitaire. Outre le port du masque et l'application régulière de gel hydroalcoolique, les professionnels proposent de réaliser des pré-sélections de biens grâce aux visites virtuelles, de limiter le nombre de visiteurs, de nettoyer les lieux à chaque passage, et de promouvoir l'application TousAntiCovid auprès de leurs collaborateurs et de leurs clients.

 

Dans une autre tribune publiée mardi 10 novembre, la Fnaim, Plurience et l'Unis soulignaient « la valeur affective de l'immobilier ». « Avant d'habiter un lieu, on veut le voir. Aussi pourquoi avoir réservé au seul parc social le droit de visiter ? Qu'ont fait les candidats du parc privé pour être ainsi discriminés ? », s'interrogeaient les signataires. Et de poursuivre : « L'enjeu est social : les situations dans lesquelles un particulier doit trouver un bien sont multiples (divorce, décès, mutation, difficultés financières...) ».

 

Le Pinel prolongé jusqu'à fin 2022

 

Malgré cet appel du monde immobilier, le gouvernement a tranché mardi soir : Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du Logement, a confirmé que les visites physiques restaient pour le moment interdites, mais en a profité pour faire une nouvelle annonce, qui devrait également réjouir le secteur de la construction, à savoir la prolongation du dispositif Pinel jusqu'à fin 2022. 

 

Pour rappel, ce dispositif permet aux acquéreurs qui souhaitent réaliser un investissement locatif dans le neuf, de bénéficier d'un avantage fiscal avantageux à condition de louer le bien à un prix inférieur au marché.

 

Claire Lemonnier

Photo de une : Adobe Stock

 

Redacteur

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