Logement social : l'USH dénonce un déni de « réalité » du gouvernement
Publié le 10 février 2026 à 9h40, mis à jour le 10 février 2026 à 16h44, par Raphaël Barrou

C'est une décision qui passe mal auprès de l'Union sociale pour l'habitat (USH). Le gouvernement a maintenu les quotas de logements sociaux de nombreuses villes.
Emmanuelle Cosse, la présidente du mouvement HLM, y voit un déni de « réalité ». Un décret publié fin janvier permet en effet à des métropoles de rester autour de 20 % de logements sociaux pour la période 2026-2028, alors que ce taux était prévu d'augmenter à 25 %.
Des niveaux records de demandes de logements sociaux
Avec près de 2,9 millions de demandes en 2025, le nombre de ménages ayant formulé un souhait de logement social a atteint un nouveau record, en augmentation de 52 % depuis 2015. Du côté des attributions, l'USH estime qu'environ 380 000 ménages ont pu emménager dans un logement social. En 2015, ils étaient environ 500 000.
Ce que change le décret, c'est qu'il permet aux municipalités concernées de considérer qu'elles ne sont pas en situation de tension locative si elles arrivent à satisfaire une demande sur 5,5, contre une sur 4 jusqu'ici.
Ainsi, des villes comme Toulouse, Caen ou Béziers voient leur objectif de logement social se maintenir à 20 % de leur parc locatif, alors que leur ratio demande/attribution de logements sociaux est compris entre 4 et 5,5.
C'est aussi un nouveau calcul qui annule mécaniquement l'augmentation des amendes pour certaines communes qui ne respectent pas leurs engagements liés à la loi SRU.
Un décret qui permet de « s'adapter aux réalités locales », selon l'entourage de Vincent Jeanbrun
En prenant l'exemple de Toulouse, Emmanuelle Cosse s'est indignée auprès de nos confrères de l'AFP. « En bougeant ce taux, de fait, ils disent “c'est bon, on est dans les clous”. Mais la réalité, c'est qu'il y a besoin de logements sociaux à Toulouse. »
Au niveau national, ce sont 87 agglomérations et 144 intercommunalités qui restent ainsi dans l'obligation du taux de 20 % (la liste des agglomérations concernées se trouve en annexe du décret).
Contacté, l'entourage du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, affirme que « la mobilité dans le parc social est particulièrement faible : moins de 8 % l'an dernier [celui-ci est passé de 9,3 à 7,1 % entre 2019 et 2025 selon les chiffres du Service des données et études statistiques, NDLR] ».
Selon cette même source, cet élément, couplé à l'augmentation de la demande de logement social explique « la tension [...] grandissante en la matière ». Et de conclure : « ce changement de seuil a été décidé pour s'adapter aux réalités locales ».
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