L'USH appelle au « retour de la puissance publique » pour le logement
Publié le 14 janvier 2026, mis à jour le 14 janvier 2026 à 17h11, par Nils Buchsbaum

À l’orée d’un calendrier électoral chargé, des municipales à venir jusqu’à la présidentielle de 2027, la question du logement demeure un enjeu du débat public et une des préoccupations principales des Français. Emmanuelle Cosse, la présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH) qui regroupe les principaux bailleurs sociaux, a appelé mardi 13 janvier à renouer avec un meilleur « dialogue républicain » autour des politiques du logement. L’occasion, pour elle, de rappeler également les objectifs atteints par le logement social en 2025 et d’esquisser les attentes du secteur pour l’année 2026.
À l’issue d’une année de plus marquée par une grave crise du logement en France, la porte-voix des bailleurs sociaux a affiché sa détermination à « engager toutes nos forces » pour « éviter le crash démocratique ». Dans le même esprit, l’ancienne ministre du Logement, a formulé un vœu clair pour l’année à venir : « Je nous souhaite une année 2026 qui nourrisse et renforce le dialogue républicain, loin des fake news, des outrances populistes et des provocations à la haine. »
La production de HLM devrait approcher les 100 000 agréments créés en 2025
L’année 2025 s’achève sur un nouveau record, avec près de 2,9 millions de ménages toujours en attente d’un logement social. Un niveau de demande « considérable », auquel le secteur peine à faire face malgré près de 390 000 attributions décidées sur l’année. Un chiffre en « très légère augmentation de 4 000 attributions par rapport à 2024 », a précisé Emmanuelle Cosse.
« Nous ne pouvons évidemment pas nous satisfaire de ce chiffre historiquement bas quand les besoins explosent », a-t-elle ajouté.
La production de logements sociaux repart cependant à la hausse. Le nombre de nouveaux logements HLM créés devrait ainsi « approcher les 100 000 agréments » en 2025, après 85 000 en 2024, conformément aux engagements pris par le secteur auprès de l’ancienne ministre du Logement.
Emmanuelle Cosse « très inquiète » face aux coupes budgétaires
La présidente de l’USH a, par ailleurs, réaffirmé la nécessité de poursuivre la politique de rénovation urbaine, mettant en garde contre « le choix de remplacer une analyse des besoins de notre société par une fiche comptable ».
Sur fond de restrictions budgétaires de l’État, Emmanuelle Cosse a alerté sur un climat qu’elle juge préoccupant, se disant « très inquiète » face aux rumeurs de suppressions d’agences publiques et aux possibles coupes sévères dans certaines politiques. De longue date, la présidente de l’Union sociale pour l’habitat plaide pour le « retour de la puissance publique dans les politiques du logement ». À ses yeux, « la difficulté à se loger n’est pas un échec personnel », mais relève au contraire d’« une erreur de politique publique, un abandon ».
Emmanuelle Cosse a par ailleurs réaffirmé son attachement « sans concession » à la loi SRU, qui impose à certaines communes un quota minimal de logements sociaux, au moment même où une proposition de loi sénatoriale envisage d’en assouplir les contraintes.
Par Nils Buchsbaum (avec AFP)














