ConnexionS'abonner
Fermer

Rénover avec la PAC : les plans diffèrent selon le bailleur social

Publié le 04 mai 2023

Partager : 

Quelles leçons sont à tirer des rénovations de logements sociaux avec la pompe à chaleur ? Réponses lors de la Matinale de la PAC avec les témoignages de deux bailleurs sociaux : Val d’Oise Habitat et Le Toit Vosgien.
Rénover avec la PAC : les plans diffèrent selon le bailleur social - Batiweb

En introduction de la Matinale de la PAC, deux experts venus respectivement de l’Ademe et de la DGEC ont défendu la place de la pompe à chaleur, en particulier dans le logement collectif.

Certes, la construction neuve est un bon terrain d’expérimentation et de questionnements sur la solution thermique. En témoignait plus tard Bertrand Eyraud, directeur RSE et Innovation chez Kaufman & Broad, selon qui « la pompe à chaleur devient le nouveau standard », avec un coût technique à relativiser. 

Mais qu’en est-il de la PAC en rénovation, surtout dans le logement social ? À en croire les expériences de Val d’Oise Habitat et du Toit Vosgien, racontées lors de la matinale, si les intentions sont les mêmes, les plans divergent par région. 

« La PAC fait partie de la solution », mais gare à la qualité d’installation, selon Val d’Oise Habitat

 

Comptant 22 000 logements concentrés essentiellement sur le Val d’Oise, Val d’Oise Habitat lançait en 2021 son plan stratégique énergétique, d’abord centré sur l’exploitation de ses bâtiments. 

« On a missionné un bureau d’études avec une ligne directrice : qu’est-ce que ça veut dire pour Val d’Oise Habitat de suivre la stratégie nationale bas carbone de la France ? », raconte Patrick Carmier, directeur général adjoint en charge du patrimoine de Val d’Oise Habitat. 

Le bailleur social en tire deux chiffres : les consommations de ses logements doivent être divisées par 1,7 et les émissions de gaz à effet de serre par 21. L’enjeu est de taille, quand on sait que 95 % du parc était chauffé au gaz. « Il s’agit de poursuivre le raccordement sur d’autres réseaux vertueux », insiste Patrick Carmier avant d’affirmer plus tard : « Je suis convaincu que la PAC fait partie de la solution, d’une grande partie. Mais vis-à-vis de la direction générale, vis-à-vis de nos conseils d’administrations, les mauvaises expériences sont difficiles à gommer ». D’où la nécessité selon le directeur général adjoint de s’assurer de la bonne qualité d’installation des PAC.

Deuxième axe de décarbonation envisagé par Val d’Oise Habitat : « réduire le besoin » énergétique. Et « réduire le besoin c’est l’isolation du bâtiment », expose notamment Patrick Carmier. Bémol cependant : « L’isolation des bâtiments ça coûte excessivement cher » avec 20 000 euros pour isoler proprement un logement selon les estimations du directeur général adjoint.

Sachant que les logements  de Val d’Oise Habitat est noté énergétiquement entre D et E. « Peut-être que sur le schéma de traitement en rénovation on aurait avantage à réfléchir à l’utilisation du PAC et qui reviendront moins cher au logement et isoler peut-être un peu plus tard », suggère le directeur général adjoint du bailleur social, qui tend à réduire au maximum les charges de ses locataires. 

Dans les Vosges, vers mix énergétique bois/PAC ? 

 

Une chose est sûre : l’utilisation du bois dans le parc immobilier de Val d’Oise Habitat « ne sera qu’anecdotique par rapport à notre masse de logements », affirme Patrick Carmier.  Ce qui n’est pas du tout le cas pour Le Toit Vosgien, bailleur basé dans « un territoire assez climatiquement difficile » et doté d’un « patrimoine jusqu’à 650 mètres d’altitude », de tout type (individuel, collectif) et de tout contexte (urbain et rural), selon son directeur technique Vincent Chevallier.

Une diversité de terrains sur lesquels la PAC tend également à se déployer, poussée par une stratégie bas carbone initiée par le Toit Vosgien. D’abord dans la construction neuve il y a vingt ans, avec la construction passive ou quasi-passive, comprenant de l’isolation en laine de bois notamment. « Et puis sur l’énergie, aussi depuis vingt ans, on est sur de l’énergie renouvelable, soit énergie bois, soit électricité, pompe à chaleur », abonde le directeur technique. 

Cela fait sept ans que Le Toit Vosgien a dirigé ces actions vers des rénovations globales suivant les principes de la construction passive. « C’est-à-dire une enveloppe thermique hyper performante, une ventilation double-flux qui permet de recycler les déperditions sur les ventilations. Et puis, une fois que ces deux principes sont mis en oeuvre, il ne reste plus qu’à adapter la production de chaleur (…) », décrit Vincent Chevallier.  

Il poursuit : « On a d’abord basé notre production sur l’énergie bois, soit avec des plaquettes forestières. On est dans les Vosges avec des massifs forestiers très importants donc l’accès à la ressource ne se pose pas vraiment. Et puis sur les petites opérations on avait fait de l’énergie bois au granulés. On a constatés sur ces premières opérations c’est que finalement le coût d’entretien était assez élévé et gobait une partie de l’économie sur lesquels on investissait », entre la mécanique, le nettoyage des cendres et l’approvisionnement

Depuis 2020, Le Toit Vosgien mise sur opérations seules en pompes à chaleur ou mixant chaudière bois et PAC. Résultat : « Nos coûts étaient faibles avec des plaquettes, un peu plus élevés avec l’énergie granulés. Et on a retrouvé quasiment avec les pompes chaleur des coûts qui correspondent aux coûts énergétiques des plaquettes. L’énergie par pompe à chaleur est vraiment bon marché quand elle accompagne une opération de rénovation passive », soutient le directeur technique du bailleur.

D’autant que la démarche du Toit Vosgien, comme tout bailleur social, est de réduire les charges des locataires. D’où sa décision « d’internaliser la maintenance de nos pompes à chaleurs par une régie, parce qu’on trouvait pas parfaitement des entreprises de maintenance qui pouvaient entretenir notre pompe à chaleur à des coûts acceptables (…)  Si on a des pannes sur le circuit ou sur le front de la pompe à chaleur, on fait appel à des climaticiens », détaille Vincent Chevallier.
 

Virginie Kroun

Photo de Une : Adobe Stock

Sur le même sujet

bloqueur de pub détecté sur votre navigateur

Les articles et les contenus de Batiweb sont rédigés par des journalistes et rédacteurs spécialisés. La publicité est une source de revenus essentielle pour nous permettre de vous proposer du contenu de qualité et accessible gratuitement. Merci pour votre compréhension.