Rénolib, un outil pour faciliter les demandes d’aide à la rénovation énergétique

Numérique - BIM | 27.09.21
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Rénolib, un outil pour faciliter les demandes d’aide à la rénovation énergétique - Batiweb
Commercialisé aujourd’hui, Rénolib est un outil visant à automatiser certaines démarches administratives de demandes de financement, notamment pour les certificats d’économies d’énergie (CEE) ou MaPrimeRénov’, afin d’aider les artisans, souvent perdus lors de l’élaboration des dossiers. Les explications des deux fondateurs, Olivier Fontaine et Thomas Ransay.

Lancé en phase bêta il y a plus d’un an, durant le premier confinement, la plateforme Rénolib œuvre dans un but précis : faciliter les demandes d’aides à la rénovation énergétique pour les artisans. Au total, ce sont une soixantaine d’utilisateurs professionnels qui ont testé les différentes fonctionnalités permettant de faciliter certaines étapes administratives. Depuis sa commercialisation aujourd’hui, une offre permet aux installateurs d’essayer Rénolib gratuitement pendant 30 jours.

Calcul des primes, contrôle de cohérence des dates, intégration des mentions règlementaires, vérification de l’éligibilité des produits utilisés… L’application Rénolib tend à automatiser la constitution de dossiers de financement, tout maintenant une rigueur administrative. Autant dire que la solution numérique tombe à pic, car selon une récente étude de BigMat, 56 % des artisans du bâtiment ne se sentiraient pas légitimes pour parler des aides à la rénovation à leurs clients, notamment à cause la complexité des démarches. Une problématique à laquelle Rénolib souhaite apporter une solution.

Une collaboration misant sur la complémentarité

Avant de lancer Rénolib, ses deux fondateurs, Thomas Ransay et Olivier Fontaine, travaillaient tous les deux chez Capital Energy, délégataire de certificats d’économies d’énergie (CEE). Le premier occupait le poste de directeur de développement, le second celui de responsable Pôle Habitat.

Au bout de sept ans, ils quittent l’entreprise pour voguer vers de nouveaux horizons. « On voulait créer une boîte de travaux. On avait le réseau, mais il nous manquait l’expertise dans le domaine », explique Olivier Fontaine. De plus, en cherchant un outil permettant de générer les dossiers d’aides à la rénovation, tels que les CEE ou MaPrimeRénov’, le duo s’est vite rendu compte qu’un tel dispositif n’existait pas.

Le projet Rénolib n’a pas tardé à germer dans leurs esprits. Résultat, quatre équipes collaborent aujourd’hui au sein de la start-up : développement produit, support technique, service juridique et marketing. Toujours dans l’idée d’unir différents profils et expertises, ils tendent à aider d’abord les petits artisans qui « n’ont ni les moyens, ni les connaissances des grands groupes pour automatiser ce type de demande », précise Thomas Ransay.

Aider les artisans à devenir acteurs de la rénovation énergétique

Selon les fondateurs, Rénolib peut diviser par deux le temps des démarches, quand tout va bien. Ces dernières peuvent en effet prendre une heure comme une semaine, en fonction de l’artisan, des travaux entrepris, mais aussi des points bloquants du dossier, qui peuvent se retrouver « à peu près à toutes les étapes », estime Olivier Fontaine. « Pour donner un ordre d’idée, rien que sur les devis, on a 200 points de contrôle de cohérence automatique : est-ce que la date rentre bien dans le cadre du contrat ? Est-ce que les postes de travaux sont bien éligibles ? Est-ce que l’artisan a bien son certificat RGE ? Ensuite on va regarder le produit, s’il a une bonne résistance (…) Notre rôle c’est d’automatiser un maximum de ces mentions », résume-t-il.

« Notre promesse n’est pas forcément de faire gagner du temps (…), notre promesse c’est de constituer un dossier complet et conforme du premier coup », nuance Thomas Ransay, pour qui Rénolib tend à « éviter des allers-retours administratifs qui peuvent être préjudiciables pour un artisan, parce que certaines erreurs transforment la demande en dossier non conforme, c’est-à-dire que l’artisan perd la totalité de sa prime ».

Alors que la complexité du parcours administratif de ces financements est le premier frein pour les artisans, la plateforme publie également des guides et publications sur le sujet. Une façon de donner à ces professionnels les clés pour devenir des promoteurs de la rénovation énergétique auprès de leurs clients.

Une démarche militante

Derrière ce panel d’actions, Rénolib et ses fondateurs défendent une vision militante, consistant à rendre la rénovation énergétique accessible à tous. Et comme pour beaucoup de start-up spécialisées dans ce domaine, les perspectives sont larges et les chemins nombreux à explorer. Ainsi, Rénolib espère bientôt élargir son dispositif aux aides locales et régionales. Elle aspire aussi à intégrer les nouvelles fiches de rénovation globale, aussi bien des fiches CEE que d’autres opérations non-CEE, telles que les bornes de recharge ou les panneaux photovoltaïques

Soutenu par la Bpi et FrenchTech, et plébiscité par des entreprises comme Knauf ou Vitogaz, Rénolib vise à être acteur de la transition écologique, et plus précisément de « la cinquième période des CEE », souligne Thomas Ransay. « Notre principal défi repose sur la conformité et l’aspect qualitatif de nos services. Ainsi, on voudrait aider à générer un flux d’environ 30 millions d’euros de financements liés à la rénovation énergétique », conclut Olivier Fontaine.

Propos recueillis par Virginie Kroun
Photo de une : Rénolib'
 

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