Des travailleurs du BTP surexposés aux risques liés au bruit et aux polluants

Bruit, polluants : les travailleurs du bâtiment et des travaux publics sont trois à dix fois plus nombreux que les autres à être exposés à ces risques pour leur santé et nécessitent une surveillance renforcée, selon une étude de Santé publique France (SpF) publiée mardi 7 avril.
L'agence sanitaire a cherché à évaluer, en France hexagonale, l'exposition à différentes nuisances des travailleurs du secteur du bâtiment et des travaux publics. Le BTP, qui emploie quelque 1,5 million de personnes, a concentré à lui seul, entre 2019 et 2022, environ 15 % des accidents avec arrêt de travail et 20 % des décès lors d'accidents du travail.
Une prise de conscience, mais des chiffres alarmants
SpF appelle à cibler les actions de santé au travail sur les catégories socio-professionnelles les plus exposées, artisans, ouvriers qualifiés et non qualifiés, dans un secteur du BTP où la réduction des expositions est « un enjeu majeur de santé publique ». En 2023, 76 800 accidents du travail, 149 décès et plus de 6 900 maladies professionnelles reconnues y ont été recensés.

Le 1er avril dernier, pendant le salon BIM World, la signature d'une convention entre l'OPPBTP et Qualibat sur la prévention dans le BTP témoigne de la volonté du secteur de se sortir de cette triste réputation.
Présentée comme la cartographie la plus complète jusqu'ici sans être exhaustive sur les nuisances, l'étude inclut aussi les non-salariés (artisans, micro-entrepreneurs), qui représentent 23 % des personnes en emploi dans le BTP contre 9 % de la main-d'oeuvre des autres secteurs non agricoles, et les intérimaires.
Des expositions « particulièrement préoccupantes »
Santé publique France alerte sur les expositions au bruit, c'est-à-dire un niveau sonore supérieur à 70 dB(A), qui concernent 62,1 % de ces travailleurs (contre 20 % de la population générale des travailleurs) et aux poussières de silice, qui en menacent 39 %, soit dix fois plus que les autres travailleurs. Des chiffres qui « restent particulièrement préoccupants », selon SpF. Même s'ils sont deux fois moins exposés au travail de nuit, selon l'étude, « le risque d'accidents et de maladies professionnelles est élevé » dans le secteur.
D'autres risques visent les travailleurs du BTP, notamment les carburants et solvants pétroliers (près de 13 %), les poussières de bois (8 %) et le formaldéhyde (1,1 %). Des expositions qui se retrouvent dans des proportions bien moindres dans les autres secteurs.
Les travailleurs du BTP, à près de 90 % des hommes, constituent donc « une population particulièrement à surveiller, compte tenu de la variété des risques professionnels rencontrés dans ce secteur et pour laquelle la prévention est primordiale », dit SpF.
Avec AFP
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