Ascenseurs connectés : comment la maintenance prédictive transforme la gestion des parcs
Publié le 27 février 2026

Un parc vieillissant sous tension
Les obligations réglementaires encadrent strictement l’entretien des ascenseurs : contrat de maintenance, contrôles techniques quinquennaux, traçabilité des interventions. Pourtant, malgré ces dispositifs, les pannes imprévues restent fréquentes, notamment sur les équipements anciens.
Pour un syndic ou un gestionnaire immobilier, une immobilisation peut rapidement générer des réclamations, voire des situations sensibles dans les immeubles de grande hauteur ou les établissements recevant du public.
Dans ce contexte, la logique purement corrective ou préventive montre ses limites. La maintenance prédictive propose un changement de méthode.
Comment fonctionne la maintenance prédictive ?
Un ascenseur connecté intègre des capteurs capables de collecter en continu des données de fonctionnement : cycles de porte, vibrations moteur, température des composants, consommation énergétique ou encore temps de trajet.
Ces informations sont transmises vers une plateforme sécurisée qui analyse les écarts par rapport aux paramètres habituels. L’objectif : détecter les signaux faibles avant qu’une panne ne survienne.
Concrètement, une dérive dans le fonctionnement des portes ou une variation anormale de vibration peut déclencher une alerte.Cette alerte est envoyée au technicien qui jugera du degrés d'urgence de l'intervention.
Les contrats de maintenance d'ascenseurs évoluent ainsi vers une approche plus ciblée et pilotée par la donnée.
Quels bénéfices pour les exploitants ?
→ Une meilleure disponibilité des appareils
La détection anticipée des anomalies réduit le risque de panne brutale. Dans une résidence de 80 logements, un ascenseur à l’arrêt peut entraîner plusieurs dizaines d’appels au gestionnaire en quelques heures. Anticiper, c’est préserver la continuité de service.
→ Une optimisation des coûts
La maintenance prédictive permet d’intervenir au moment opportun. Les pièces sont remplacées selon leur état réel d’usure et non uniquement selon un calendrier fixe. Les déplacements d’urgence diminuent, ce qui contribue à maîtriser les coûts d’exploitation.
→ Une traçabilité renforcée
La centralisation des données offre une visibilité complète sur l’historique des incidents et des interventions. En cas de contrôle ou de litige, les informations sont immédiatement disponibles.
L’ascenseur au cœur du bâtiment connecté
L’ascenseur ne fonctionne plus en silo. Dans les bâtiments tertiaires récents, il s’intègre aux systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB), au contrôle d’accès et parfois à l’optimisation énergétique.
Les données collectées peuvent contribuer à analyser les flux de circulation, identifier les pics d’usage et ajuster les paramètres d’exploitation. Cette logique s’inscrit dans la dynamique plus large de digitalisation du bâtiment.
Des industriels comme KONE développent aujourd’hui des solutions connectées permettant une surveillance continue des équipements et une analyse prédictive des risques de défaillance. L’enjeu n’est plus uniquement technique : il devient stratégique pour la gestion patrimoniale.
Des points de vigilance à intégrer
La connectivité suppose une attention particulière à la cybersécurité et à la protection des données. Les gestionnaires doivent s’assurer de la robustesse des infrastructures numériques et de la conformité réglementaire.
L’intégration de ces outils nécessite également une évolution des pratiques contractuelles, avec davantage d’indicateurs de performance et de reporting.
Une évolution appelée à s’accélérer
Avec un parc vieillissant et des exigences accrues en matière de qualité de service, la maintenance prédictive apparaît comme une réponse adaptée aux enjeux actuels. Pour les gestionnaires immobiliers, elle offre une meilleure visibilité sur l’état du parc et un pilotage plus fin des budgets.
À mesure que la digitalisation progresse dans le secteur du bâtiment, l’ascenseur connecté s’impose comme un maillon clé de la performance globale des immeubles. La question n’est plus tant de savoir si cette évolution va s’installer durablement, mais comment les exploitants vont l’intégrer dans leur stratégie à moyen terme.















