MaPrimeRénov' monogeste : « un signal contradictoire », selon l'UFME

Le 2 juillet dernier, le Conseil national de l'habitat a rejeté les deux textes visant à exclure les travaux monogestes financés par l'aide MaPrimeRénov'. Si l'avis demeure consultatif, il rejoint celui d'une majorité d'acteurs du bâtiment, vent debout contre cette révision du dispositif. Après la FFB et la Capeb, au tour de l'UFME (Union des fabricants des menuiseries) de s'y opposer.
Car pour rappel, ces projets de réforme prévoient d'évincer le remplacement des fenêtres. En somme : une nouvelle restriction pour une nouvelle vague de frilosité des ménages à investir d'après le représentant de la filière industrielle.
30 % du parc résidentiel encore équipé de simple vitrage
«Alors que les conséquences de l’inadaptation du parc français de logements sont au cœur de chacune des crises successives que nous traversons, cette décision constitue une nouvelle étape dans la disparition progressive du soutien public à la rénovation des logements. Bouilloires thermiques l'été et passoires thermiques l'hiver, sobriété énergétique pour le pouvoir d'achat, les émissions carbone et la souveraineté énergétique, droit au logement des jeunes et des primo-accédants avec baisse des propriétaires alors que l'enjeu de capitaliser pour la retraite s'impose...», commente Laurent Demasles, le président de l'UFME.
Et de poursuivre : « Il s’agit pourtant d’enjeux majeurs de politique publique essentielle pour accompagner les Français dans l’adaptation au changement climatique et soutenir une filière qui est un moteur du dynamisme économique Français avec son réseau de milliers de PME et ETI sur l’ensemble du territoire. N’oublions pas que 90 % des fenêtres installées sur notre territoire sont produites en France. »
Un constat que l'UFME appuie avec ces chiffres de TBC Innovations pour le compte de Velux : le simple vitrage est encore présent dans 30 % des logements des Français. Des menuiseries installées pour la plupart avant les années 2000 et affichant des coefficients thermiques Uw de 3 à 4,5W/m2, soit insuffisant pour le confort thermique, estime l'UFME.

D'après les estimations de l'Union, les économies de chauffage et de consommation d'énergie primaire peuvent aller jusqu'à respectivement 27 % et 18 %, grâce au remplacement des fenêtres. Il s'agit même du premier geste pour 40 % des propriétaires, les conduisant à d'autres chantiers pour 71 % d'entre eux.
« Cette nouvelle réforme de MaPrimeRénov exclurait les travaux individuels de rénovation des logements collectifs. En effet de nombreux propriétaires rénovent leur logement poste par poste et à titre individuel. Consacrer MaPrimeRénov’ par geste au seul changement de chauffage ne laisserait l’accès à cette prime qu’aux travaux réalisés par les copropriétés les ayant votés en assemblée générale et à un coût difficilement supportable pour tous les copropriétaires qui sont déjà impactés par un prêt immobilier (la plupart des travaux de rénovation sont réalisés dans les deux
années suivant l’achat du logement)», lit-on dans le communiqué de l'UFME.
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