L'artisanat progresse, même dans les départements qui perdent des habitants

Au 1er janvier 2024, la France comptait 1 521 000 entreprises artisanales actives, selon la nouvelle édition du Baromètre de l'artisanat, réalisée par l'Institut Supérieur des Métiers (ISM) avec le soutien de MAAF à partir des données de l'INSEE et de l'URSSAF et publiée le 2 juillet 2026.
Depuis 2019, ce nombre aurait progressé de 22 %, une dynamique un peu plus marquée dans les communes rurales (+24 %) et les petites villes (+23 %) que dans les villes moyennes (+21 %) et les grandes villes (+19 %).
« La géographie de l'artisanat bat en brèche bien des idées reçues. Le nombre d'artisans progresse partout, y compris dans des départements qui perdent des habitants, où l'artisanat joue un rôle d'amortisseur économique et de maintien des services à la population », avance Catherine Elie, directrice des études de l'ISM.
Le tissu artisanal serait légèrement surreprésenté en zones rurales : les communes rurales et les petites villes concentreraient 65 % des entreprises artisanales, pour 60 % de la population.

Un maillage qui résiste au déclin démographique
La cartographie de la densité d'entreprises artisanales confirme, selon le baromètre, un clivage marqué entre le nord et le sud du pays, « une réalité historique qui se confirme année après année ». La Corse-du-Sud arrive en tête avec 41 entreprises artisanales pour 1 000 habitants, devant les Alpes-Maritimes (37) et la Haute-Corse (36). À l'inverse, la Guyane, le Nord et le Pas-de-Calais compteraient moins de 15 entreprises du secteur pour 1 000 habitants.

Entre 2019 et 2023, la progression aurait dépassé 20 % dans l'ensemble des régions, à l'exception de l'Île-de-France (+16 %), avec des hausses particulièrement marquées dans les DOM, sur l'arc atlantique, le littoral méditerranéen, le quart sud-est et les Hauts-de-France.
Fait notable relevé par l'étude, cette croissance bénéficierait aussi à des départements qui perdent des habitants, comme les Vosges (+23 %), la Meuse (+21 %), l'Aisne (+19 %), la Nièvre (+18 %), ou encore la Haute-Marne et l'Indre (+17 %).
Des services de proximité qui se consolident, sauf dans l'alimentation
La part des communes dotées de services artisanaux dits « essentiels », travaux de la maison, réparation automobile, coiffure, serait en constante progression. Dans le bâtiment, où la maçonnerie figure parmi les métiers les plus répandus, 60 % des communes compteraient désormais au moins une entreprise du secteur, contre 58 % en 2019.
L'artisanat des services renforcerait également son ancrage territorial : la réparation automobile serait passée de 48 % à 54 % de communes équipées, devant les coiffeurs, les taxis ou les fleuristes. Les instituts de beauté et ongleries afficheraient la progression la plus forte, passant de 30 % à 41 % de communes équipées entre 2019 et 2024, soit onze points de plus.
Les métiers de bouche feraient toutefois figure d'exception. Le nombre de communes disposant d'une boulangerie resterait globalement stable, 1 260 communes ayant retrouvé cette activité entre 2019 et 2024 quand 1 310 l'auraient perdue, avec un taux de couverture de 37 %. La boucherie-charcuterie reculerait plus nettement, avec une couverture limitée à 20 % des communes, l'activité ayant disparu de 1 050 communes pour ne se réimplanter que dans 810 d'entre elles.
L’emploi salarié fragilisé
Les salariés de l'artisanat représenteraient 9 % des emplois salariés du secteur marchand, une proportion nettement plus élevée dans les territoires ruraux, où elle dépasserait 15 % dans des départements comme le Gers, le Lot ou la Lozère, contre environ 4 % à Paris.
L'emploi salarié artisanal, qui totalisait 1 851 300 postes dans les TPE de moins de 20 salariés fin 2024, aurait progressé de 5 % entre 2019 et 2024, même si la tendance s'inverserait depuis fin 2023. C'est en Île-de-France que la hausse aurait été la plus marquée (+7,5 %), portée par la Seine-Saint-Denis (+14 %) et le Val-d'Oise (+12 %).
À l'inverse, l'emploi salarié reculerait dans plusieurs départements ruraux malgré la progression du nombre d'entreprises, notamment en Haute-Saône (-9 %), en Haute-Marne (-3 %) et dans la Nièvre (-2 %).
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