HLM : des bailleurs sous-investissent malgré des finances confortables

28 % des bailleurs sociaux financièrement solides investissent moins que la médiane du secteur. C’est ce que révèle une étude publiée mardi 7 juillet par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols).
Portant sur 332 organismes HLM, l’analyse montre que 92 d’entre eux ont consacré en 2024 un niveau d’investissement inférieur au taux médian du secteur, fixé à 5 %. Ces bailleurs, qui gèrent 23 % du parc de logements sociaux, disposent pourtant d’une trésorerie confortable à moyen terme, selon l'Ancols.
Un potentiel d’investissement estimé à 1 milliard d’euros
L’Ancols estime que si ces 92 bailleurs sociaux avaient investi 5 % de leur patrimoine, « cela aurait généré un surplus d’investissement d'un milliard d'euros (soit 4 % de l'investissement total cette année-là) et aurait permis la construction d'environ 5 000 logements ou la rénovation de 15 700 logements ».
L’étude indique par ailleurs que le sous-investissement serait chronique depuis 2022 pour 48 de ces organismes HLM. « Ils se situent davantage en zones détendues » où les tensions sur le logement ne sont pas les plus fortes, précise l’Ancols.
D’après l’Ancols, les 92 organismes concernés disposent de 2,5 milliards d’euros de « fonds mobilisables », correspondant aux ressources qu’ils pourraient consacrer à l’investissement au-delà des niveaux considérés comme nécessaires au maintien de leur équilibre financier. L’agence évalue entre 1,35 et 2 milliards d’euros le montant nécessaire pour engager la rénovation thermique des logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique.
Des moyens financiers pour rénover les passoires thermiques
L’étude indique que 54 organismes, soit 59 % des bailleurs sociaux identifiés en sous-investissement, disposent de moyens financiers suffisants pour rénover leurs logements les plus énergivores et respecter les obligations prévues par la loi Climat et résilience, qui instaure une interdiction progressive de mise en location des passoires thermiques.
L’Ancols relève également que 46 bailleurs sociaux en situation de sous-investissement ne disposent pas de stratégie d’investissement ou, lorsqu’ils en ont une, n’exploitent pas pleinement les fonds dont ils disposent.
Afin de favoriser « une meilleure allocation des ressources au sein du secteur », l’institution recommande que les organismes HLM mobilisent leurs fonds disponibles pour répondre à leurs besoins de rénovation. Elle appelle également à une « plus grande circulation des capitaux au sein du secteur », a expliqué Jérémy Ducros, chef du département des études économiques de l’Ancols.
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