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Démolitions-reconstructions : la politique de l’ANRU aurait favorisé la mixité sociale

Publié le 08 février 2024

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La politique de démolition et de reconstruction menée depuis 2003 par l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) aurait permis d’accroître la mixité sociale et de réduire de 17 % la part des ménages très pauvres vivant dans les « zones urbaines sensibles » (ZUS), selon une étude de France Stratégie.
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Une politique de démolition-reconstruction favorable à la mixité sociale

 

Mené entre 2003 et 2021, le Programme national pour la rénovation urbaine (PNRU) de l’ANRU aurait permis un rééquilibrage sociologique de la population dans les zones urbaines sensibles (ZUS), et notamment celles où les démolitions ont été les plus intenses, selon une étude de France Stratégie.

« Dans le quart des quartiers où les démolitions ont été les plus intenses, qui accueillent 6,5 % de la population de l'ensemble des quartiers rénovés, le PNRU a causé une baisse de 6 points de la part des logements sociaux (-9 %), ainsi qu'une baisse de 5 points (-17 %) de la part des ménages les plus pauvres (…) au profit d’un accroissement de la part de ménages de niveau de vie modeste à moyen (…) avec la construction de logements sociaux accueillant des ménages aux profils un peu plus aisés », note le rapport.

Cette baisse du nombre de logements sociaux ne devrait toutefois pas ravir la Fondation Abbé Pierre, qui a récemment dressé un bilan alarmant sur l’augmentation du nombre de personnes à la rue, et la hausse du nombre de personnes en attente d’un logement social (2,6 millions de personnes en 2023).

 

Quartiers prioritaires de la ville : l’opinion des habitants sur leur cadre de vie s’améliore

 

Parallèlement aux résultats de cette étude, l’ANRU a dévoilé ce jeudi un baromètre sur « Les Français et leurs quartiers ». Selon ce baromètre, de plus en plus d’habitants de quartiers prioritaires de la ville (QPV) jugent la situation de leur quartier favorable (+7 points depuis 2021).

« L’image globale du quartier (…) semble connaître une amélioration significative depuis ces dernières années, une évolution qui n’est certainement pas étrangère aux politiques menées dans ces quartiers, parmi lesquelles les programmes de rénovation urbaine », estime l’ANRU.

 

Démolition-reconstruction VS rénovation énergétique ?

 

L’efficacité de ces démolitions-reconstructions sur la mixité sociale et l’amélioration du cadre de vie des habitants va toutefois à l’encontre des reproches adressés par le collectif « Stop Démolition ANRU », qui appelle à privilégier les réhabilitations plutôt que les démolitions-reconstructions.

« On est sur un ratio d’à peu près deux-tiers de réhabilitation pour un tiers de démolition-reconstruction. On est déjà dans un rapport de force largement favorable à la réhabilitation », avait déjà défendu Maxance Barré, directeur du cabinet de l’ANRU, auprès de Batiweb.

À noter que les résultats du baromètre de l’ANRU indiquent que 82 % des habitants des QPV placent la rénovation énergétique en tête des priorités (contre 72 % pour la moyenne nationale). Le développement d’espaces verts est également très important pour 74 % de ces habitants (+18 points par rapport à la moyenne nationale), de même que la démolition de logements dégradés pour en reconstruire de plus adaptés, pour 72 % (+22 points).

 

Claire Lemonnier
Photo de une : Adobe Stock

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