Conflits et contradictions autour de la ligne ferroviaire Lyon-Turin Vie des sociétés | 04.02.19

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Le torchon brûle plus que jamais entre la France et l’Italie à propos du Lyon-Turin ! La ligne ferroviaire s’est de nouveau retrouvée au cœur de conflits qui n’en finissent plus. Si le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio a assuré dimanche dernier que la liaison « ne se fera[it] pas », la ministre française en charge des Transports Elisabeth Borne, elle, s’est dite « confiante » quant à la réalisation du projet. Les détails.
La liaison ferroviaire reliant Lyon et Turin se fera-t-elle un jour ? Rien n’est moins sûr !

Alors que le projet fait toujours l’objet de nombreux débats en Italie, le vice-Premier ministre Luigi Di Maio a déclaré dimanche 3 février que « la TAV [‘’Treno ad alta velocità’’ ou TGV, ndlr] ne se fera pas ».

Entre autres, le dirigeant du Mouvement 5 Étoiles (M5S) considère que le chantier serait un véritable gaspillage d’argent public et, par conséquent, que « le Lyon-Turin n’a pas d’avenir » tant que le M5S est au gouvernement.

La Ligue du Nord monte au créneau

Pour autant, l’abandon de la ligne ferroviaire est loin de faire l’unanimité en Italie. En visite à Chiomonte, en Val de Suse, où la construction du tunnel progresse peu à peu, le vice-président du Conseil des ministres Matteo Salvini (Ligue du Nord) a réaffirmé son soutien au projet ce dimanche 3.

Selon lui, la liaison permettra « d’empêcher l’émission de tonnes de CO2, de réduire d’un million le nombre de poids lourds sur les routes, de diviser par deux le coût des transports de marchandises pour nos entrepreneurs et de relier Lyon à Milan en 2h30 sans prendre l’avion ou la voiture ».

« Mettre en péril le travail des entreprises ne me semble pas très raisonnable », a-t-il affirmé. « Le Lyon-Turin doit être achevé », a ajouté le secrétaire fédéral, reconnaissant néanmoins que certaines dépenses pouvaient être évitées pour « économiser au moins 1 milliard d’€ ».

Elisabeth Borne, (presque) seule contre tous

Même son de cloche de l’autre côté des Alpes, où – hasard du calendrier – Elisabeth Borne était elle aussi en visite à la galerie de Saint-Martin-la-Porte, en Savoie, où 7 km du tunnel censé relier la France à l’Italie ont déjà été creusés.

Se disant « confiante sur la réalisation du projet », la ministre des Transports a rappelé que « la position française est claire (…) : il y a un traité international ratifié et nous considérons que nous sommes engagés par ce traité et que le projet doit aller à son terme. »

« À partir du moment où l’on s’engage à réaliser ce tunnel de base, il va de soi que l’on devra accompagner l’aménagement du réseau et les nouveaux accès pour répondre dans les temps aux besoins liés à ce nouveau tunnel », a-t-elle ajouté, avant de conclure : « Il faut que l’on puisse définir ensemble un programme de travail pour prioriser à la fois les travaux à faire rapidement et la façon de phaser au mieux les accès ».

F.C
Photo de Une : @Elisabeth_Borne/Légende : la ministre des Transports Elisabeth Borne lors de sa visite du chantier du Lyon-Turin ce 3 février.
Redacteur

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