Covid-19 : Saint-Gobain Glass s'est mis aux écrans de protection sanitaire Vie des sociétés | 12.10.20

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Dès le début de la crise sanitaire, le groupe Saint-Gobain a rapidement mobilisé son appareil de production, notamment pour répondre aux besoins de la population engendrés par cette situation inédite. Saint-Gobain Glass Bâtiment France a ainsi développé 5 gammes d'écrans de protection sanitaire, qui peuvent être accessorisés en fonction des secteurs (commerces, bureaux...). La filiale se se dit aussi prête pour accompagner la rénovation énergétique des bâtiments, encouragée par le plan de relance. Le point avec Christian Gérard-Pigeaud, directeur marketing de Saint-Gobain Glass Bâtiment France.

Depuis le début de la crise sanitaire, vous avez développé des gammes d'écrans de protection sanitaire. Fabriquiez-vous ce type de vitrage avant ?

 

Christian Gérard-Pigeaud : Chez Saint-Gobain nous avons travaillé pendant la crise sanitaire à sortir des écrans de protection sanitaire qui correspondent aux besoins de ce nouveau marché, parce que nous ne commercialisions plus en France ce type de produits depuis de nombreuses années. Socialement, nous préférions – avant la crise sanitaire – avoir des espaces très ouverts, et des bureaux d'accueil en contact direct avec le public. Ce n'était plus un équipement traditionnel, même lorsque vous alliez dans des banques ou des services comme La Poste. Cela faisait des années qu'il n'y avait plus de parois vitrées qui séparaient les agents et le public. Il y avait encore des hygiaphones ou des cellules d'accueil, notamment en gares et dans le métro, mais sinon cela restait relativement rare. Ce mouvement est tout récent, et purement lié à la crise sanitaire.

 

Le groupe s'est mobilisé au paroxysme de la crise sanitaire. Par quoi cela s'est-il traduit ? 

 

C. G-P. : Chez Saint-Gobain, nous avons réagit extrêmement rapidement, avec tout un tas de mesures pour travailler au bien-être et au confort de nos concitoyens par rapport à ce moment difficile que nous avons traversé – et qui n'est pas terminé, loin de là !

 

Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons notamment ouvert une ligne de fabrication de masques de protection dits chirurgicaux en Asie, mais aussi une en Amérique et une en Europe. En Europe, cette ligne de fabrication est basée à côté de Compiègne (60). C'est un autre engagement, en plus des écrans de protection sanitaire.

 

Avez-vous développé des écrans de protection adaptés à différents secteurs ?

 

C. G-P. : Les besoins ne sont pas les mêmes dans un supermarché, une boulangerie, un hôpital, une gendarmerie, ou des bureaux. Nous avons donc réé des écrans de protection à base de verre, avec différents types de formules, de manière à s'adapter à la fois au budget et aux cahiers des charges que pouvaient avoir les Français.

 

Le verre est un matériau qui sait répondre à de nombreux critères. Il est facile à nettoyer et stable dans le temps. Nous avons donc complété le matériau verrier avec des accessoires, de façon à rendre ces vitres de protection extrêmement solides et stables, pour éviter que le matériel ne tombe et ne se fracasse en blessant quelqu'un.

 

Pour nous, le modèle idéal sur un comptoir ou sur un bureau, c'est un modèle qui a au moins une face avant, et une petite face sur chacun des côtés, en latéral. L'idéal c'est aussi d'avoir un passe-documents en partie basse.

 

Différents modèles de vitrages de protection sanitaire.

Crédit : Saint-Gobain Glass Bâtiment France

 

Nous avons créé 5 gammes de modèles standards. Ce sont les dimensions et les accessoires qui varient, mais nous avons également les moyens de faire des modèles sur-mesure, y compris pour la pose. Si des clients demandent un aménagement très spécifique pour revoir l'accueil de leur public, on sait se fondre dans ces cahiers des charges. 

 

Dans quels secteurs ces écrans de protection se vendent-ils le plus ?

 

C. G-P. : Le marché est extrêmement large, entre les bâtiments publics, et tous les usages privés, que ce soit les commerces ou les bureaux. Il y en a un peu partout aujourd'hui. En France, nous n'en sommes pas encore aujourd'hui à faire des écrans de protection entre les tables de restaurants, même si c'est un phénomène qui a démarré dans certains pays.

 

Ce type de vitrage est-il exporté à l'échelle internationale ?

 

C. G-P. : Nous n'exportons pas ces produits à l'international car Saint-Gobain est présent un peu partout, que ce soit en Chine, Etats-Unis, ou en Afrique, et chaque pays produit pour son propre marché. On privilégie toujours la fabrication locale, tout d'abord parce que les développeurs connaissent mieux les besoins de leurs concitoyens. On fait travailler les gens de son pays, cela va aussi plus vite. Je pense que c'est une bonne philosophie, y compris d'un point de vue environnemental.

 

Combien d'écrans de protection avez-vous vendu en France depuis le début de la crise ?

 

C. G-P. : Le chiffre est confidentiel, mais nous en avons vendu énormément et dans toutes les régions. Et je pense que nous allons continuer à en vendre beaucoup car il y a un effet de renouvellement des premières solutions, souvent conçues avec des matériaux plus fragiles que le verre.

 

Après l'urgence, les choses s'améliorent aussi dans un deuxième temps sur le plan esthétique. Les architectes d'intérieur et décorateurs doivent aujourd'hui intégrer ces écrans de protection en créant des environnements sympathiques. Il y a déjà eu des propositions artistiques. Cela peut passer par l'utilisation de verres qui peuvent être à la fois transparents et décoratifs, on peut utiliser des éléments sur-mesure qui correspondraient à un aménagement unique... c'est un peu comme les masques en tissu, qui ont fortement évolué depuis mars dernier.

 

Ces derniers mois, nous avons entendu parler de vitrages chauffants et auto-désinfectants. Quelles sont les nouvelles technologies en développement chez Saint-Gobain pour répondre à ces nouveaux besoins ?

 

C. G-P. : Nous vendons des vitrages chauffants depuis très longtemps chez Saint-Gobain, ça n'est donc pas une innovation. On équipe régulièrement des fenêtres et des vérandas avec du vitrage chauffant. Le produit Eglas fonctionne par exemple grâce à une fine couche métallique transparente. Elle est placée entre deux feuilles de verre, complètement protégée, donc on ne peut pas s'électrocuter en la touchant.

 

Dans le contexte de la crise sanitaire, le défi est un peu différent. Il faut obtenir des températures importantes de l'ordre de 60 C° pour que les virus puissent être détruits, et il faut que cette température dure suffisamment longtemps. Or, ce sont des températures très nettement au-dessus de celles liée au simple chauffage, et il ne faut pas brûler les gens qui posent leur main dessus. Donc cela nécessite une installation électrique et une régulation particulière.

 

A ma connaissance, il n'y en a pas encore installés en France, car cela nécessite une accréditation électrique pour pouvoir le commercialiser. Lorsque l'on cumule l'aspect sanitaire et la réglementation, ce n'est pas un produit qui peut être sorti en un mois. Ce n'est à mon avis pas aussi long que la sortie d'un vaccin, mais c'est tout de même plusieurs mois de travail. Ce sont des produits qui sont à l'étude, et Saint-Gobain a les bases pour le faire.

 

En Grande-Bretagne, il y a notamment des études en cours afin de développer un traitement spécifique pour que le verre n'accroche pas le virus. Mais ça n'est pas encore commercialisé non plus.

 

Quel a été l'impact de la crise sur Saint-Gobain Glass Bâtiment France ?

 

C. G-P. : Sans parler précisément de Saint-Gobain, les usines de protection de verre float pour le bâtiment ont été arrêtées pendant le confinement, et ces usines sont relativement longues à redémarrer. Sur l'ensemble du marché européen, il y en a certaines pour lesquelles l'avenir est extrêmement sombre. Le secteur de la fabrication de verre plat pour le bâtiment – aussi bien que pour l'automobile d'ailleurs – a été fortement impacté par la crise. Comme pour de nombreux secteurs, la production et la vente de verre a tout de même redémarré après le confinement. Mais les entreprises du bâtiment ne peuvent pas sur un seul mois récupérer le travail de trois mois. Les artisans ne peuvent pas faire trois fois plus de travail en un seul mois. Chaque mois, ils en font un petit plus pour rattraper le temps perdu, mais ils doivent aussi désormais gérer les contraintes sanitaires. Et certains chantiers ont tout de même eu du mal à redémarrer.

 

Quelles sont les perspectives à venir ?

 

C. G-P. : En France, nous sommes extrêmement actifs pour accompagner le plan de relance actuel. Nous devons accompagner la maîtrise d'ouvrage et la maîtrise d'oeuvre pour qu'ils aient bien toutes les informations nécessaires pour faire le plus efficace en termes de rénovation énergétique pour les bâtiments publics, que ce soit les écoles, collèges, lycées, ou les hôpitaux et les Ehpad.

 

Par ailleurs, il y a aussi les aides à la rénovation liées au logement, avec l'élargissement de MaPrimeRénov'. Là aussi, nous accompagnons le mouvement. Le vitrage est quand même un élément prépondérant. Que ce soit en double vitrage ou plus, le type de verre est extrêmement important pour optimiser les performances énergétiques de tous ces bâtiments.

 

Propos recueillis par Claire Lemonnier

 

Photo de une : Saint-Gobain Glass Bâtiment France

 

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