À Nordbat, Carea fait la part belle à la sur-isolation
Publié le 04 mars 2026 à 15h00, mis à jour le 04 mars 2026 à 17h38, par Virginie Kroun

Pourquoi exposer au salon Norbat était important pour Carea ? « Parce qu’il attire les acteurs majeurs du bâtiment au sens large, la maîtrise d'ouvrage, la maîtrise d'œuvre, les entreprises, sur un secteur qui est très dynamique économiquement dans le monde du bâtiment », nous répond Olivier Guisnel, directeur commercial du groupe, spécialisé dans le matériau minéral, notamment pour la façade.
Pouvez-vous présenter la société Carea ?
Nous sommes un industriel français. On a développé à peu près il y a une quarantaine d'années un matériau qu'on appelle justement Minéral, un matériau chargé à 88 % de minéral, donc éco-sourcé, géo-sourcé.
Ce sont des charges minérales puisées dans le sous-sol des pays de la Loire. Avec ce matériau, on décline deux métiers. Les métiers de la façade (isolation par extérieur, façade architecturale…) et les métiers cuisine et bain.
Le lien, c'est justement ce matériau qui a des capacités industrielles, tout en présentant mais une résistance à la chaleur et une pérennité au sens large du terme. L’autre lien entre les deux activités, c'est leur destination au marché du logement : habitat social, collectif, promotion immobilière…
En rénovation ou en construction ?
Les deux. Historiquement, plutôt en rénovation. La proportion, c'est plutôt de l'ordre 80 % en rénovation et réhabilitation et 20 % en neuf.
Vous adressez-vous également au non-résidentiel ?
Cela fait à peu près 10-15 ans que l’on voit un développement dans les milieux hospitaliers, musées, collèges, lycées et écoles [20 % d’activité, contre 80 % de logement]. De manière générale, les budgets ne sont pas tout à fait pareils entre les segments, avec un budget plus gros sur le non-résidentiel.

De plus, cette clientèle tend vers une recherche architecturale et esthétique. Un bailleur social ou un acteur du logement vont rechercher la notion de pérennité, budget maîtrisé…
Ce qui est très bien, c'est que Carea présente une gamme qui permet de répondre vraiment à ces deux axes un peu extrêmes. D’un côté des produits standardisés, économiques, pérennes, via la gamme Carea Emboîtement, constitués de vêtages en pose directe sur le support sans ossature. D’autre part, les marchés du non-résidentiel demandent des parements rainurés et ventilés.
Quelle innovation façade Carea veut mettre en avant sur Nordbat ?
Nous sentons les besoins sont en train de progresser vers la surisolation. Avec des parements à emboîtement – se fixant sur des isolants rigides – on intervient de plus en plus sur du bâti existant, en se faisant l'économie de la dépose de l'isolant qui a gardé toutes ses vertus. On parle ici de recyclage in situ. On ne jette pas, on rajoute.

Des développements ont-ils été nécessaires ?
Oui, principalement liés à l'épaisseur d'isolant. Il n'y a pas si longtemps, il était limité à peu près à 160-180 mm. Aujourd'hui, pour aller sur ce genre de marché, nous avons dû valider des grosses épaisseurs de complexe pouvant aller jusqu'à 240 mm.
Il y a eu un gros sujet de développement par rapport au classement feu, notamment pour aller sur des immeubles de grande hauteur (IGH) et immeubles de moyenne (IMH). Tous nos parements, aujourd'hui, peuvent bénéficier d'un classement qu'on appelle A2 s1,d0, [non-combustibles, NDLR], qui correspond à l'Euroclasse, qu'on appelait auparavant M0, la classe française.
La sur-isolation doit être plus pratiques pour les façadiers….
Oui, on a des très bons retours de la part des entreprises, qui aiment beaucoup ce genre de produit parce qu'il y a moins de réglages, il y a moins de travail en amont sur le produit, et surtout des cadences de pose beaucoup plus rapides.
C'est un produit qu'on positionne en face de ce qu'on appelle l'enduit mince sur l'isolant. Les budgets sont relativement proches, mais avec un produit à filière sèche, plus résistant, plus architectural, moins sensible au vieillissement, et des temps de pose très efficaces. Parce qu’avec des produits comme ça, sur des parties courantes, on peut aller jusqu'à 6-7 m2 de l'heure en termes de pose.
N'y a-t-il derrière une problématique de surconsommation foncière avec cette pose en ITE ?
C’est justement c'est beaucoup moins encombrant que les solutions à épaisseur d'isolation égale, voire beaucoup moins importantes que sur des bardages ventilés. Parce que les isolants sont plus compacts, il n'y a pas d’ossatures, il n'y a quasiment pas de lames d'air.
Des craintes concernant la suppression de l’aide mono-geste MaPrimeRénov’ pour l’isolation ?
Les besoins énergétiques seront toujours là. Le seul risque, c'est celui d’être moins financés dans les années à venir. Entre les besoins et la demande, il y a un « gap ».
Même pour les bailleurs sociaux, il y a une inquiétude des bailleurs sociaux en termes de financement, sur la réduction de la RLS, etc. Or c'est vraiment les marchés d'une bailleur social et de la copropriété qui poussent un peu le marché.
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