Devenir maçonne, une évidence pour Sandrine

Vie des sociétés | 07.03.22
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Devenir maçonne, une évidence pour Sandrine - Batiweb
Passionnée par la maçonnerie depuis l'enfance, Sandrine Dekoninck décide de passer outre les préjugés et de lancer sa propre entreprise de maîtrise d'oeuvre. Ses souhaits les plus chers : « que les jeunes filles puissent découvrir les différents métiers du bâtiment » et réaliser un chantier 100 % féminin pour « faire taire les clichés ». Elle participe d'ailleurs à un projet de documentaire sur les femmes dans le BTP.

Quel est votre parcours ?

 

Sandrine Dekoninck :  Après avoir fait un métier traditionnel pendant des années, j'ai décidé à l'âge de 30 ans de faire fi des « qu'en dira-t-on » et de passer outre les arguments de mon père disant sans cesse « tu n'iras pas sur les chantiers, les filles ne vont pas sur les chantiers ». Depuis l'âge de 8 ans, j'avais envie d'aller sur les chantiers avec mon père qui était maçon, du coup, j'ai attendu d'être assez « grande » pour aller contre, et ainsi prendre la décision de faire un métier qui depuis toujours me tendait les bras.

 

Je suis donc venue en Haute-Savoie pour me former à la maçonnerie dans l'entreprise de mon frère aîné, pour ensuite devenir co-gérante. Lorsque celui-ci a décidé de fermer l'entreprise, j'ai fait deux ans en tant que commerciale dans la chimie du bâtiment pour découvrir d'autres corps d'état de ce secteur. À la suite de cela, j'ai créé il y a presque 5 ans, « Arti'Sand », une entreprise de maîtrise d'oeuvre afin d'allier ma passion pour les chantiers et mon côté discipliné et organisé pour gérer tout cela.

 

Pourquoi avoir choisi la maçonnerie ? Est-ce une vocation ?

 

Sandrine Dekoninck : C'est une attirance depuis l'enfance. J'ai toujours eu envie de découvrir ce métier qui était celui de mon père, et puis mes frères sont maçons, ainsi qu'un de mes garçons. C'est, je pense, une passion commune à la famille. Enfant, de temps en temps, j'allais avec ma mère amener du matériel sur les chantiers de mon père, et tout s'est déclenché à ce moment-là.

 

Trouvez-vous que le bâtiment est encore un secteur majoritairement masculin ? Y a-t-il de plus en plus de femmes ?

 

Sandrine Dekoninck : Oui, bien trop masculin ! J'aimerais tellement que les jeunes filles puissent découvrir les différents métiers du bâtiment, qu'on arrête avec les préjugés, et que les métiers passions soient aussi accessibles aux femmes qu'aux hommes. Il y a effectivement de plus en plus de femmes, mais cela reste encore très faible.

 

Quels sont les préjugés les plus fréquents ?

 

Sandrine Dekoninck : Les préjugés les plus fréquents sont ceux liés à la force physique. Au début, sur les chantiers, on m'observait, voir si j'étais capable de faire du béton, de la pelle, du piqueur... J'avais une telle détermination, que je me devais de « bluffer » ces hommes un peu moqueurs, puis admiratifs. Les clients étaient quant à eux beaucoup plus attentionnés. J'avais le droit au café du matin, aux croissants, même parfois les repas, et surtout, ils m'imposaient des pauses.

 

Avez-vous déjà subi des réflexions déplacées ?

 

Sandrine Dekoninck : Oui parfois, surtout au début. Du style : « Une fille n'a rien à faire sur les chantiers, elle doit cuisiner », « T'as pas mis des talons aujourd'hui ? », ou « C'est pas trop dur pour une femme ? ». Et lorsque j'ai créé ma boite, dans les couples de clients, l'homme me posait systématiquement des questions techniques auxquelles je répondais, et je prouvais ainsi que le bâtiment n'est pas une idée farfelue mais bel et bien mon métier et ma passion. Souvent même, les clients me disent que je donne plus de détails et d'informations qu'un entrepreneur homme. Je sais que ma place est là.

 

Qu'en est-il de la pénibilité ? Utilisez-vous des innovations qui permettent de la réduire, commes les exosquelettes ?

 

Sandrine Dekoninck : Pour moi, je ne voulais et ne veux aucun traitement de faveur. Je sais qu'effectivement il y a de l'amélioration, mais sincèrement je ne m'y suis pas interessée. Le fait que les sacs de béton par exemple sont moins lourds qu'avant, n'est pas dû à la gente féminine mais à la pénibilité de tous.

 

En quoi consiste le projet documentaire sur les femmes dans le BTP, sur lequel vous travaillez avec Rémi Dardé ? Quel est l'objectif ?

 

Sandrine Dekoninck : C'est un documentaire ayant pour but d'interroger et d'intéresser les femmes et jeunes filles qui se cherchent et hésitent à faire un métier dit « d'homme ». De dire que tout est possible, que le soit disant « sexe faible » n'existe pas, et qu'il faut oser faire ce dont on a envie que l'on soit une homme ou une femme. Mon rêve serait de réaliser un chantier de construction uniquement avec des femmes afin de faire taire les clichés.

 

Quel message aimeriez-vous faire passer à des jeunes femmes qui hésiteraient à se lancer dans les métiers du bâtiment ?

 

Sandrine Dekoninck : N'hésitez pas ! Si tel est votre envie, allez-y ! Il est important de se sentir bien dans sa vie de femme, de mère et dans son métier. À chacun son équilibre.

 

Propos recueillis par Claire Lemonnier

Photo de une : Sandrine Dekoninck

 

Claire.lemonnier
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