L'activité du bâtiment stagne début 2014, sans espoir de relance Vie des sociétés | 11.03.14

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D'après la dernière note de conjoncture publiée par la Fédération Française du Bâtiment (FFB), la situation du bâtiment reste tendue en 2014. La construction de logements neufs se stabilise à un rythme d'environ 340 000 mises en chantier par an, en dessous des objectifs du gouvernement, tandis que les demandes de permis de construire reculent violemment. Détails.

« La principale difficulté du moment réside dans le fait que rien ne permet d’anticiper l’amorce d’une reprise à court ou moyen terme. Or, les trésoreries des entreprises s’épuisent, tout comme leur capacité à résister à un décrochage d’activité de près de 17 % depuis la fin 2007 », a alerté Didier Ridoret, président de la FFB, lors de la présentation de la conjoncture du bâtiment.

Les résultats de ce début d'année 2014 pour le secteur du bâtiment confirment les prévisions de 2013. L'activité enregistre une baisse de - 0,4 %, qui laisse présager d'une stagnation à l'étiage pour 2014.

La construction de logements neufs se stabilise à un rythme d'environ 340 000 unités avec un recul violent des demandes de permis de construire. Sur un glissement annuel de trois mois, de novembre 2013 à janvier 2014, la baisse est de 18 % par rapport à la même période sur 2012-2013. Ainsi, les demandes de permis de construire reculent deux fois plus vite que les mises en chantier.

« Nous maintenons l’hypothèse que ce mouvement s’explique avant tout par le dégonflement du stock de permis accumulés entre 2011 et 2013 et qui n’ont pas été exécutés » a toutefois rappelé le président de la FFB, Didier Ridoret.

Plus en détail, on note de fortes disparités entre segments de marché. La dégradation se poursuit dans le logement individuel, où le recul des mises en chantier s'accélère encore (- 12,4 % en glissement annuel sur trois mois), sans espoir de reprise à court terme. Les autorisations de chantier sont en effet en chute libre (- 32 % en glissement annuel sur trois mois). « Le faible volume de PTZ+ distribués en 2013 (environ 40 200, en rythme annuel sur la base des trois premiers trimestres, ndlr.) justifient assez largement cette déprime du marché », selon la FFB.

Cette situation contraste avec celle des logements collectifs qui affichent une bonne résistance. Si les mises en chantier baissent encore, leur chute ne s'accélère pas (- 6,8 % en glissement annuel sur trois mois). De plus, le recul des autorisations se tasse nettement (- 0,8 % en glissement annuel sur trois mois).

Recul des embauches mais augmentation de la création d'entreprises

Dans le non-résidentiel neuf (hors hôtellerie et locaux agricoles), les glissements annuels sur trois mois à fin janvier 2014 s'affichent en recul : - 11,1 % pour les surfaces de plancher autorisées et - 3,8 % pour les surfaces de plancher commencées.

Côté rénovation, la tendance est également baissière, au regard des derniers chiffres disponibles sur la fin du troisième trimestre. La FFB estime « avec une forte certitude » qu'elle est « liée aux atermoiements autour des différents régimes de TVA réduite ». En revanche, la production, la livraison et la consommation de matériaux destinés au bâtiment et à la construction affiche des résultats en progression, à l' exception toutefois des produits d'acier.

Si en termes d'embauche, il faut s'attendre à un nouveau recul de 7000 postes en moyenne annuelle sur 2014, l'appareil de production résiste davantage. La FFB enregistre une quasi-stabilité des défaillances d'entreprises (+ 0,3%) et une progression spectaculaire des créations (+18,8%) hors auto-entrepreneurs.

Relancer la primo-accession

Selon la FFB, la reprise de l'activité de construction doit passer par une relance de la primo-accession, soit dans le cadre de la restauration du PTZ+ originel avec des différés de remboursement longs et larges pour les ménages modestes et intermédiaires. Mais « l'inconvénient d'une telle orientation réside dans son coût, de l'ordre du milliard d'euros », reconnaît la FFB.

L'autre solution serait de mettre à l'étude, comme proposé dans le cadre de l'objectif 500 000 du gouvernement, un prêt à taux variable non capé mais dont les mensualités de remboursement seraient indexées sur l’évolution du revenu du ménage (taux d’effort constant). Si les taux d’intérêt augmentent plus vite que ce revenu, la durée de remboursement du prêt serait alors allongée pour permettre le remboursement de la totalité du capital. Toutefois, afin de sécuriser les ménages, cet allongement de la durée serait limité à deux ans, l’Etat prenant à sa charge l’éventuel capital restant dû au-delà.

Claire Thibault
© benjaminnolte - Fotolia.com

Redacteur

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