Éboulement en Isère : deux patrons d'une carrière vont être jugés à Grenoble
Publié le 07 janvier 2026, mis à jour le 08 janvier 2026 à 9h12, par Raphaël Barrou

Deux dirigeants d'une société exploitant une carrière à La Rivière (Isère) seront jugés à la suite d'un éboulement majeur survenu le 25 juillet 2024. Les roches avaient recouvert une route départementale habituellement très fréquentée. Les deux mis en cause contestent « formellement » tout lien entre l'exploitation de la carrière et l'effondrement.
Le 25 juillet 2024, tout un pan de montagne dans cette zone située près de Grenoble dans le massif du Vercors, soit environ un million de m3 de roche, s'était effondré, engloutissant des terrains agricoles, un cours d'eau et une route départementale sur environ 1 km2.
L'éboulement n'a fait aucune victime car la route était fermée
Par chance, aucune victime n'est à déplorer, en grande partie parce qu'un accident de la route quelques heures auparavant avait entraîné la fermeture de l'axe routier. Une « dimension quasi miraculeuse », selon le procureur de Grenoble. Les deux dirigeants seront jugés le 31 mars par le tribunal correctionnel de Grenoble et encourent trois ans d'emprisonnement ainsi que 150 000 euros d'amende (et 750 000 euros concernant la personne morale).
« C'est un effondrement d'une intensité exceptionnelle (...) Il y a extrêmement peu d'effondrements d'une telle intensité au XXème et au XIXème siècle », a souligné le procureur, se basant sur un rapport d'experts.
Un premier effondrement en 2019 dissimulé
L'entreprise Carrière de La Rivière s'est en outre soustraite à plusieurs reprises à des obligations d'enregistrer les vibrations provoquées par les tirs de mine, s'attirant une « mise en demeure » de la préfecture selon le même rapport. Le parquet mentionne aussi des avertissements de riverains quelques semaines avant l'éboulement de « craquements sonores ».
L'enquête menée depuis l'éboulement a également permis d'établir que l'entreprise avait dissimulé un précédent effondrement de 50 000 m3, survenu sur le site en mars 2019. L'entreprise sollicitait alors auprès de la préfecture une reconduction de son arrêté d'exploitation de la carrière, laquelle a été accordée, a expliqué le parquet de Grenoble.
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Par Raphaël Barrou (avec AFP)














