Un marchand de sommeil condamné à deux ans de prison avec sursis à Marseille
Publié le 07 janvier 2026, mis à jour le 08 janvier 2026 à 9h12, par Raphaël Barrou

Un homme de 67 ans a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Selon le tribunal correctionnel de Marseille, il aurait soumis un employé de restauration à des conditions d'hébergement indignes.
La victime, un jeune Tunisien très précaire, avait accepté d'être logée dans un local de 9 m2 avec une salle d'eau pour ne pas se retrouver à la rue. « Je ne me sens pas du tout à l'aise dans ce logement mais c'est quand même mieux que le foyer », a-t-il expliqué aux policiers.
Une cave accessible depuis une trappe au niveau du trottoir
Le marchand de sommeil avait été dénoncé par des résidents et le syndic d'un immeuble de la rue Curiol, dans le centre dégradé de Marseille. Ils se sont manifestés quand ils ont pris conscience de la mise en location de ce local situé en sous-sol, accessible par un escalier sombre depuis une trappe en fer au niveau du trottoir.
Le jeune homme réglait chaque mois un loyer de 300 euros dont 20 euros de charges et 40 euros d'électricité. La cave n'avait pas de fenêtre et était envahie de moisissures. Son propriétaire l'a acquis en 2010 pour 15 000 euros en tant que local strictement commercial. « À peine le prix d'une voiture d'occasion mais avec un taux de rentabilité de 25 % », a dénoncé à l'audience Jorge Mendes Constante, avocat de la ville de Marseille, partie civile.
La société civile immobilière propriétaire du local sanctionnée
L'accusé, absent au procès, s'est décrit dans un document remis au tribunal comme dépressif et alcoolique, vivant lui-même dans un logement insalubre dans un immeuble frappé par un arrêté de mise en sécurité. Il se dit agent immobilier, possédant au total neuf logements, ce qui lui rapporte 3 600 euros par mois, et affirme qu'il ignorait l'interdiction de louer ce local.
En novembre 2024, le local avait finalement été déclaré insalubre par un arrêté préfectoral. Outre les 20 000 euros que l'homme doit payer, sa société civile immobilière, propriétaire de ses biens, a été condamnée à 20 000 euros d'amende avec sursis. Le tribunal a prononcé la confiscation du local avec exécution provisoire.
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Par Raphaël Barrou (avec AFP)














