La filière solaire pourrait créer près de 25 000 emplois d’ici à 2023 Vie des sociétés | 03.03.17

Partager sur :
Dans une étude rendue publique le 27 février dernier, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire (Enerplan) met en avant « la compétitivité » de la filière photovoltaïque. S’appuyant sur les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, le secteur dit viser la création de 25 000 emplois d’ici 2023. Les retombées fiscales versées aux collectivités sont elles estimées à 180 millions d’euros par an.
Pour Enerplan cela ne fait aucun doute, la filière photovoltaïque française est « compétitive » et créatrice d’emploi. Dans une étude initiée en 2016 en partenariat avec l’Ademe, le GMPV-FFB et le think tank France Territoire Solaire, le syndicat s’est intéressé aux trois segments principaux du développement de l’énergie solaire : les centrales photovoltaïques au sol, les installations photovoltaïques sur bâtiment et la chaleur solaire.

Il en ressort que l’électricité solaire produite par les centrales au sol dans le sud de la France « est déjà plus compétitive » par rapport aux investissements dans de nouvelles installations de production. En effet, Enerplan souligne la baisse continue des coûts de système depuis 2014 (-10%), une baisse qui devrait atteindre 20% d’ici 2025.

« Cela ferait passer le coût minimum de production des grandes centrales solaires dans cette région de 66 €/MWh aujourd’hui à 50 €/MWh en 2025 », précise le syndicat. Cette réduction des coûts touche également les installations en toiture « qui va permettre le décollage progressif durant les 5 prochaines années du marché de l’autoconsommation », poursuit-il.

La modélisation économique montre déjà une rentabilité sans soutien en PACA pour les grandes toitures (> 250 kW) et pour un taux d’autoconsommation de 90%. Cette rentabilité devrait concerner les moyennes toitures (36-100 kW) à partir de 2018-2019. Dans cette région, la baisse des coûts de production est estimée à 25% d’ici 2025.

25% c’est aussi la diminution des coûts envisagés dans le résidentiel à travers la mise en place d’un tarif d’achat pour les solutions surimposées. « La baisse du coût des composants, l’effet volume et la professionnalisation de la filière devraient conduire à une baisse supplémentaire » de l’ordre de 35% d’ici 2025.

+ 10 000 emplois d’ici 2023 par rapport à 2016

S’appuyant sur les différents scénarios possibles, Enerplan estime que l’objectif retenu dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie pour 2023 sera atteignable « avec un recours limité au soutien public ».

« Le développement de la filière génèrera la création de milliers d’emplois et des retombées fiscales importantes versées aux collectivités », avance le syndicat.

L’atteinte des objectifs fixés par la PPE permettrait en effet la création de 10 000 emplois supplémentaires d’ici 2023 par rapport à 2016. Et si l’objectif était dépassé de 10%, ce sont 16 000 emplois supplémentaires qui seraient créées.

Le déploiement de la filière serait également synonyme de bénéfices environnementaux significatifs (plus de 5 millions de tonnes de CO2 évitées / an en 2023) ainsi que de retombées fiscales importantes versées aux collectivités (183 millions d’euros par an).

Développer la filière de chaleur solaire

Concernant la filière de la chaleur solaire, les professionnels attendent la mise en œuvre de la stratégie nationale bas carbone pour « abaisser les émissions de CO2 dans le parc bâti » et une prise en compte « efficace dans la réglementation énergétique dans le neuf ».

Les coûts de production se verraient ainsi plus compétitifs : « On constate des coûts stables après des baisses de 15 à 20% entre 2010 et 2015, avec un potentiel de baisse significative atteignable dans le collectif », à travers une structuration de l’offre. De quoi rendre le Solaire Thermique une solution compétitive par rapport aux solutions alternatives dès 2019/2020. « De plus l’atteinte de la compétitivité pourrait être accélérée par un renforcement de la trajectoire de la fiscalité carbone », dit le syndicat.

Il ajoute : « La réalisation de l’objectif médian des scénarios PPE pour le solaire thermique (entre 270 et 400 ktep) permettrait de faire décoller la filière, avec la création de près de 10 000 emplois à horizon 2023. A ces emplois peuvent être ajoutés près de 1 000 emplois liés aux exportations ».

« Si l’énergie solaire peut créer 25 000 emplois, ce potentiel pourrait être décuplé, en misant sur le stockage et la flexibilité. L’électricité solaire est au cœur d’un écosystème technologique et industriel innovant à l’échelle mondiale, dont la France doit pleinement tirer parti », conclut Daniel Bour, président d’Enerplan.

R.C
Photo de une : ©Fotolia
Redacteur

filter_list Sur le même sujet

Les coûts des énergies renouvelables passés au crible

Les coûts des énergies renouvelables passés au crible

Alors que la France est en pleine transition énergétique, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a récemment publié une étude analysant les « Coûts des énergies renouvelables » sur le territoire national en 2016. Bien que le rapport note une baisse des coûts de production d’électricité renouvelable, il rapporte également que des efforts doivent encore être fournis pour confirmer cette tendance.
10,3 millions de professionnels mobilisés par les énergies renouvelables à travers le monde

10,3 millions de professionnels mobilisés par les énergies renouvelables à travers le monde

Le nombre d'emplois créés dans le secteur des énergies renouvelables a de nouveau augmenté en 2017, à hauteur de 5,3% par rapport à l'année précédente. Avec 500 000 postes supplémentaires, ce ne sont pas moins de 10,3 millions de professionnels qui évoluent au sein de cette industrie, et ce dans le monde entier. D'après l'Irena (Agence internationale pour les énergies renouvelables), 28 millions d'emplois pourraient encore voir le jour d'ici 2050.
100% d’énergies renouvelables en 2050, c’est possible ?

100% d’énergies renouvelables en 2050, c’est possible ?

En 2017, l’association négaWatt dévoilait ses nouveaux travaux aboutissant à un mix énergétique sans nucléaire ni énergie fossile. Une théorie aujourd’hui soutenue par l’université de LUT et Energy Watch Group. Un système composé à 100% d’énergies renouvelables serait en effet possible à horizon 2050 et consisterait en une combinaison de sources énergétiques.

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de nous permettre d'améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus

Accepter