La prévention, n°1 des formations dans le secteur du bâtiment Vie des sociétés | 09.07.19

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Une nouvelle étude menée par la Capeb, la CNATP, l’Iris-St et l’OPPBTP démontre que la prévention reste le domaine privilégié de la formation des entreprises artisanales du BTP. Cette dynamique se doit notamment à la thématique électricité qui a enregistré en 2017, une « forte progression » (+ 39%). A noter, que la formation continue est en baisse (-2%) et que les disparités hommes-femmes sont encore très importantes.

En 2017, 68 440 actifs se sont formés à la prévention, soit + 2% par rapport à 2016. Ainsi, avec une part de 50%, les formations liées à a prévention restent le « 1er domaine de formation dans l’artisanat du BTP tous statuts confondus ».

 

L’Observatoire national des formations à la prévention mené par la Capeb, la Cnatp, l’Iris-St et l’OPPBTP révèle que la dynamique est portée par la thématique « électricité » (+ 39%, 15 613 actifs) ; un bond pouvant s’expliquer par l’entrée en vigueur de la réglementation DT-DICT au 1er janvier 2018.  

 

Les autres formations obligatoires à la sécurité sont en baisse :

  • Amiante : - 13% ;
  • Travail en hauteur : - 6% ;
  • Secourisme : - 3%.

 

Si la conduite d’engins est en recul (- 3%), elle reste à la première place des formations obligatoires (25%).

 

A noter que les formations liées aux contraintes physiques ne représentent que 1% des formations suivies. Les TMS constituent pourtant la 1ere cause de maladies professionnelles pour l’ensemble des métiers du secteur. En 2016, sur les 48 473 accidents déclarés dans les entreprises artisanales du BTP, 50% étaient d’ailleurs liés aux manutentions manuels.

 

Les auteurs de l’étude appellent ainsi à « poursuivre la sensibilisation des entreprises artisanales sur cette thématique et favoriser le suivi de ces formations en leur proposant de nouveaux moyens de sensibilisation, comme par exemple la réalité virtuelle ou la réalité augmentée ».

 

Les couvreurs-plombiers-chauffagistes, électriciens et les métiers des travaux publics figurent parmi les métiers les plus représentés dans les formations à la prévention. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est et Hauts-de-France sont les plus dynamiques.

 

La formation continue en baisse

 

Si la hausse du nombres d’actifs formés à la prévention est une bonne nouvelle, l’Observatoire fait état d’une baisse de la formation continue. Une situation « préoccupante » selon Patrick Liébus, président de la Capeb et de l’Iris-St. « La sécurité sur les chantiers est au cœur de nos préoccupations : nous devons créer les conditions favorables pour que les chefs d’entreprise n’arbitrent plus entre compétences techniques et sécurité ».

 

L’étude souligne en effet que les chefs d’entreprise artisanale du BTP suivent davantage les formations techniques (73%) que les formations à la prévention (18%), contrairement aux salariés (28% technique et 58% prévention), « un écart qui ne reflète pas l’exposition des chefs d’entreprise aux mêmes risques professionnels que leurs salariés sur chantier ».

 

De fortes disparités persistent également entre les hommes et les femmes : 98% des stagiaires formés en 2017 sont des hommes. Quant à l’âge des actifs formés, les 20-40 ans restent les plus impliqués (60%). Et seuls 15% des « 51 ans et plus » ont suivi une formation alors qu’ils représentent 29% des actifs du BTP.

 

Une offre de formations adaptée aux besoins des entreprises

 

Pour encourager les chefs d’entreprise et les conjoints non-salariés à suivre les formations à la prévention, l’Observatoire préconise le déploiement d’actions de promotion ciblée avec un message clair : « la prévention est un levier de performance » et non une contrainte. En ce sens, l’OPPBTP rappelle proposer « des formations spécialement conçues pour les entreprises artisanales notamment sur l’anticipation des risques dans l’organisation et la préparation de chantiers. »

 

Est également conseillé de développer plus encore les formations en ligne pour permettre aux participants de se former à leur rythme et aux entreprises de gagner du temps. L’OPPBTP propose là aussi des modules e-learning. Appelés Dclic prévention, ils traitent en 15 minutes des sujets comme échafaudage, port du harnais.

 

Réalité virtuelle et Réalité augmentée sont également à explorer pour aborder des thématiques sécurité en condition réelle de travail et de façon plus ludique. L’Observatoire propose en outre la mise en place d’outil complémentaire au mémo « Santé et sécurité des travailleurs indépendants » de l’Iris-St. En ce sens, l’organisme créera cette année un guide pratique sur les formations obligatoires SST.

 

R.C

Photo de une : ©Adobe Stock

 

 

 

 

 

 

 

Redacteur

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