Le gaz renouvelable, une filière qui progresse doucement mais sûrement Vie des sociétés | 22.02.17

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Bien qu’encore très sous-exploitée, la filière biométhane s’est très fortement développée l’année dernière en France. Neuf nouveaux sites de production ont été mis en service en 2016, tandis que 215 GWh d’énergie ont été injectés dans les réseaux de gaz naturels (+162% par rapport à 2015). Pourtant, la production de gaz renouvelable ne représente que 0,05% de la consommation française – bien loin des objectifs fixés par la loi de transition énergétique.
En 2016, 215 GWh d’énergie issus de 26 sites de production ont été injectés dans les réseaux de gaz naturel, soit une augmentation extraordinaire de +162% par rapport à l’année précédente. Ce sont ainsi 40 400 tonnes de gaz à effet de serre qui ont été évitées grâce au biométhane.

Un bilan positif qui peine cependant à dissimuler une autre réalité. En effet, selon le Panorama du Gaz Renouvelable 2016 récemment édité par GRDF, GRTgaz, le SER, le SPEGNN et TIGF, « la production de gaz renouvelable ne représente que 0,05% de la consommation française alors que la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) fixe à 10% la consommation de gaz renouvelable à l’horizon 2030 ».

Des pistes de développement à exploiter

Autant dire que cette source d’énergie est encore très largement sous-exploitée ! Pour y remédier, le rapport propose plusieurs mesures, dont l’ « instauration d’un tarif d’achat du biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel », qui permettrait à un producteur de vendre à tarif fixe durant 15 ans.

Autre piste de réflexion : la mise en place de garanties d’origine, grâce auxquelles il serait possible d’assurer la traçabilité du biométhane. Le Panorama suggère également de faire évoluer le « mécanisme de compensation associé aux tarifs d’achat », qui vise à « dédommager les fournisseurs pour les charges engendrées par l’achat de biométhane ».

Une filière aux nombreux avantages

Au-delà de ces préconisations, le rapport rappelle également que le marché du gaz renouvelable est particulièrement demandeur de nouvelle main d’œuvre, pouvant créer « 2 000 à 3 000 emplois directs non délocalisables à l’horizon 2020 ». 10 000 postes pourraient également être créés pour assurer le développement, et même 5 000 de plus pour les activités liées à l’exploitation et la maintenance.

Par ailleurs, la filière d’injection de gaz renouvelable est un excellent levier de réduction des émissions de CO2. « En se basant sur les projets identifiés à ce jour, le potentiel d’injection de biométhane à horizon 2020 est de l’ordre de 3 000 GWh/an, ce qui permettra d’économiser 560 000 tonnes de gaz à effet de serre . Soit l’équivalent de la consommation de près de 250 000 logements ou 13 000 bus », explique le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

« La loi de transition énergétique pour la croissance verte fixe à 10% la consommation de gaz renouvelable à l’horizon 2030 », rappelle Jean-Louis Bal, président de l’organisme. « Néanmoins, pour tenir l’objectif 2030, les professionnels attendent encore des mécanismes de soutien adaptés à la spécificité de cette source d’énergie ». Des propos qui font étrangement écho à ceux de la Fédération nationale des travaux publics.

F.C
Photo de Une : ©Fotolia
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